ORIGINES DE L'INTERNATIONALE
Pour se rendre compte de l'influence et du rôle de V Internationale dans la journée du Dix-Huit mars et dans les événements qui suivirent, il faut se reporter à ses orig-ines. L'organisation de Y Internationale est duc à la réunion à Londres, à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1862, d'une délég'alion d'ouvriers français. Cette délég'ation était composée d'hommes intellig'ents et entreprenants, pour la
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plupart ayant puisé dans la lecttire des ouvragées de Prou, dhon les idées socialistes. Ils étaient également imbus, d'après les écrivains de i848, des principesde l'association, et se montraient persuadés de sou efficacité pour arriver, par des i^rèves bien conduites, à résister aux exigences patronales et à maintenir le taux des salaires. Ces délég-ués avaient été envoyés par leurs camarades, avec la mission d'étudier les conditions du travail et des salaires de l'Angleterre, de comparer la situation des ouvriers ang-Iais avec la leur. Le g-ouvernement avait favorisé cette enquête. Il avait supporté les frais d'envoi des délégués. Les représentajits du travail français fraternisèrent avec leurs camarades ang-lais et étudièrent le fonctionnement des sociétés de défense ouvrière, existant déjà en Ang-leterre sous le nom de Traders Unions. Il sortit de ces conférences amicales et privées le projet d'une association des travailleurs de tous les pays, en vue d'empêcher la concurrence en cas de grèves, et d'établir une solidarité entre les travailleurs, en quelque pays que la grève éclatât.
C'était là l'embryon d'une fédération universelle des travailleurs, le gevme initial de la conception d'un grand parti ouvrier, devant vivreet grandir en face du patronat et du capitalisme, sans distinction de nationalités, sans préoccupation de frontières.
Les délégués français quittèrent l'Angleterre, non sans avoir pris rendez-vous pour un grand meeting ouvrier, où l'on fixerait les termes de l'association projetée, où l'on fonderait l'organisation de résistance de la classe ouvrière. Aumectingde Saint-Marlin's hall, où, parmi lesdélégués français, figurait Tolain, par la suite député et sénateur, on établit des statuts provisoires. Le principe de l'émancipation des travailleurs et la solidarité des travailleurs de toutes les nations formaient la base de ces staliits. Ils affir-
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maienl, en même temps, l'antagonisme du travail et du capital, et, parconséqueat.dépassaicnllcs vœux timides des promoteurs du meeting initial des déléçuùs à lexposition de i8Ga. Ces statuts, c'était une déclaration de guerre, de la guerre des classes.
L'Association Internationale comprenait des sections.Chaque groupe, formé dans une localité, devenait une section indépendante, mais tenue de correspondre avec le pouvoir central. Ce comité central gouvernait donc cette sorte de franc-maçonnerie ouvrière : il en était la grande loge, lo conseil de l'ordre.
Il se composait de membres de toutes les nations. Karl Marx, que les polices d'Allemagne et de France pourchassaient,avail élé l'àme de cette organisation nouvelle des travailleurs de tous les pays.