‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 2)Chapitre 75 sur 107 · LES GRÈVES · texte numérisé non relu

LES GRÈVES

L'Internationale eut toutefois une part active dans les grèves qui se produisirent avant la guerre. Son intervention dans le conflit qui agitait l'industrie parisienne du bronze fut décisive. Une question de salaires divisait les patrons, ayant à leur tête M. Barbedienne, et les ouvriers que représentait M. Camélinat. Le bureau de la section internationale de Paris réclama l'appui du conseil général à Londres. Il fit appel à la solidarité des membres de l'Association, et demanda que le pouvoir central portât à la connaissance de tous ses adhérents de France, d'Allemagne, de Suisse, d'Itabe, d'Amérique et d'Angleterre, les conditions de la lutte engagée, pour un rehaussement des salaires, entre les ouvriers bronziers parisiens et leurs pa-

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Irons. Ils sollicitaient en conséquence « l'appui moral et matériel promis par le pacte constitutif à tous ceux qui reconnaissaient comme devant être la base de leur conduite la vérité, la justice et la morale «.Trois délégués furent envoyés de Paris à Londres, auprès du conseil général : Fribour- Tolain, Varlin. Ils réussirent dans leur mission. Des subsides furent expédiés aux grévistes, et les ouvriers anglais déclarèrent qu'ils soutiendraient énergiquement leurs camarades de France. Les patrons prirent peur ; 1 élévation de salaire réclamée fut accordée, et la grève de 1 industrie du bronze se termina rapidement, dans le calme, sans la moindre violence, au grand étonnement de tous. Ce fut une victoire importante pour l'Internationale.

Elle eut, par la suite, des interventions moins pacifiques. Les désordres qui se produisirent à Aubin et à la Riccamane eurent pour origine l'agitation gréviste, commencée dans ces bassins houillers par des agents de l'Internationale. Mais les fusillades qui ensanglantèrent ces deux régions ne furent pas la conséquence de voies de fait, d'excès et de rébellion, dirigés par cette association, en exécution d un plan concerté; il y eut explosion spontanée de colères ouvrières, collision accidentelle avec la troupe, et l officier qui commanda le feu k la Riccamarie perdit sans doute le sang-froid. Cette répression de la Riccamarie fut une faute poli°tique, dont l'empire supporta le poids. Le gouvernement impérial fit tout d'ailleurs pour exagérer la portée de cette bagarre regrettable, et il choqua l'opinion quand il décora l'officier qui avait fait tirer sur les grévustes.

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