LE COMITÉ CENTRAL REMET SES POUVOIRS
L'Assemblée tint deux séances dans l'ancienne salle de la commission municipale du baron Hausmann, le mercredi aq mars; la première de 1 heure à 7 heures et la seconde de q heures à minuit. Le Comité Central remit ses pouvoirs. L'orateur de la délégation, le citoyen Boursier.dit avec une certaine solennité :
Citoyens élus de Paris, le Comité Central vient remettre entro vos mains ses pouvoirs révolutionnaires. Nous rentrons dans no. luriTu ions définies par nos statuts, le Comité Central ne saurait s'immiscer dans les actes de la Commune,le seul pouvo.r régnlièni les fera respecter et se bornera à réorganiser la garde nationale.
Acte fut donné, avec félicitations, aux délégués du Comité Central de leur déclaration, et nul ue songea à considérer comme une illusion encore la formule de 1 orateur, affirmant « que le Comité Central ne saurait s immiscer dans les actes de la Commune ».
Le Comité Central avait rédigé, avant de se retirer, une
proclamation qui fut affichée le lendemain avec l'en-tête: Fédération de la Garde nationale, et ainsi conçue :
Citoyens.
Nous venons de remettre entre vos mains l'œui-re que vous nous avez charafés d'établir, et, à ce dernier moment de notre éphémère pouvoir, avant de rentrer définitivement dans les attributions du Comité de la garde nationale, attributions d'où les événements nous avaient t'ait sortir, nous voulons vous dire un mot de remerciement.
Aidés dans notre tâche par votre admirable patriotisme et par votre sagesse, nous avons, sans violence, mais sans faiblesse, accompli les clauses de notre mandat.
Entravés dans notre marche par la loyauté qui nous interdisait de faire acte de gouvernement, nous avons néanmoins pu, en nous appuyant sur vous, préparer en huit jours une révolution radicale.
Nos actes vous sont connus, et c'est avec l'orgueil du devoir accompli que nous nous soumettons à votre jugement. Mais avant de passer nous-mêmes au tribunal de votre opinion, nous voulons dire que rien n'a été fait en bien que par vous. Nous voulions proclamer bien haut que, maître absolu et légitime, vous avez affirmé votre force, surtout par votre générosité, et que si vous avez réclamé et imposé les revendications, vous n'avez jamais usé de représailles.
La France, coupable de vingt années'de faiblesse, a besoin de se régénérer des tyrannies et des mollesses passées par une liberté calme et par un travail assidu. Votre liberté, les élus d'aujourd'hui la garantiront avec énergie et la consacreront à tout jamais : le travail dépend de vous seuls. Groupez-vous donc avec confiance autour de votre Commune, facilitez ses travaux en vous prêtant aux réformes indispensables ; fri-res entre vous, laissez-vous guider par des frères, marchez dans la voie de l'avenir avec i^rmeté, avec vaillance ; prêchez l'exemple en prouvant la valeur de la liberté et vous arriverez silrement au but prochain : la République Universelle.
Hôlel-de-Ville de Paris, «8 mars 187X.
Les membres du Comité Central :
Avoine fils, Ant. Arnaud, G. Arnold, Assi, Andignoux, Bouit,
LE COMiré CUNTRAL ^9^
J Bersreret, Babick, Barroud, Billioray, Blanchel, L. Boursier, Caslioni, Cliouleau, C. Dupont, Ferrât. Fabrc, Fleury. Fougeret, •J Gaudier, Gouhier, Géresme, Gréliei-, Grollard, Josselin, tv. Jourde, Lavalelte, Fortuné Henry, Maljournal, E. Moreau, Mortier, Prudhomme, Rousseau, Ranvier, Varlin, A. du Camp.