‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 3)Chapitre 118 sur 126 · DISCOURS DU PRÉSIDENT D'AGE · texte numérisé non relu

DISCOURS DU PRÉSIDENT D'AGE

La seconde séance, celle du mercredi 29 mars, fut en réalité la première, car la réunion improvisée le mardi 28, à l'issue de la belle parade de la place de l'Hôtel-de- Ville, n'avait pas eu le caractère d'une délibération régulière. Charles Beslay présida, comme doyen d'âg-e.

On procéda à la constitution du bureau. Il fut décidé qu'il se composerait d'un président avec deux asses.seurs, et que la présidence serait hebdomadaire. Le citoyen Lefrançais fut nommé président. Avant de lui céder le fauteuil, le président d'âge, Charles Beslay, prononça le discours suivant :

Citoyens, Votre présence ici atteste à Paris et à la France que la Commune est faite, et lafFranchissement de la Commune de Paris c'est, nous n'en doutons pas, l'affranchissement de foutes les communes de la République.

Depuis cinquante ans, les routiniers de la vieille politique nous bernaient avec les grands mots de décentralisation et de g-ouvernement du pays par le pays. Grandes phrases qui ne nous ont rien donné.

Plus vaillants que vos devanciers,vous avez fait comme le sage qui marchait pour prouver le mouvement, vous avez marché et l'on peut compter que la République marchera avec vousl

C'est là, en effet, le couronnement de votre victoire pacifique. Vos adversaires ont dit que vous frappiez la République ; nous répondons, nous, que si nous l'avons frappée, c'est comme le pieu que l'on enfonce plus profondément dans la terre.

Oui, c'est par la liberté complète de la Commune que la République va s'enraciner chez nous. La République n'est plus aujourd'hui ce qu'elle était aux grands jours de notre Révolution. La République de 93 était un soldat, qui, pour combattre au dehors et au dedans, avait besoin de centraliser sous sa main toutes les forces de la patrie; la République de 1871 est un travailleur qui a surtout besoin de liberté pour féconder la paix.

P.nix et Travail ! voilà notre avenir! voilà la certitude de notre

,.evanci.e et de notre régénér^Uca socia^, et^n.i^compn^^^

L'^de et le fondement de lu République un.versell^

L'affranchissement de la Commune «*' ,'*°\'' {^'^ ^es grou-

raffranchissementde la RépubUqae eje-mem^^^^^^^^^^

,,es sociaux va retrouver sa pleine mdependance V

liberté d'action. . . i i

La Commune s'occupera de ce qui est ocal-

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rorrs^^tac'e^ni";: dans laComniune républicaine que Paris trouvera des fraudes de ''00 mil ions

De son côté, ainsi réduit de moi le le S^^^^^/^^^ J et le plus être que le mandataire docile du suffrage universel

^^!l ^^^ST^yens, la route ^ -J- ^5^^:^; „.nt et r^f --. Ne dépas^^^^^^^^^^ et

K^^i^udlr^c^^rliolufde^^rebisU^

Pour nioi, citoyens, je regarde '^^^'^^ ^.^^ ''i'^^^J „, nous vie d'avoir pu assister à cette grande J^!^^ ^^^^f ^f'^endre part la journée du salut. Mon âge ne me P^^^^^ P^^ ^ p„is ; mes ., ios travaux comme membre dej^ Commune de P,^ ^^

forces trahiraient trop mon ,<>,°7f!' f J.'i'.^Ynde, je serai vigoureux athlùtes. Dans l'.nleret de '^ F^P^'/^^^ \^-^ eôlé

Vive la République! Vive la Commune 1 qui commeuçait. t. etaii le venwu

dent âgé, celui qu'on devait attendre d'un vétéran des luttes politiques, et l'on ne pouvait, membre de l'assemblée communale, simple électeur ou garde national, qu'approuver celui qui disait : que la République avait besoin de liberté pour féconder la Cité, et qui donnait à l'avenir comme formule : Paix et Travail I

Certes, comme son président d'âge, l'assemblée ne pouvait se refusera admettre cette devise; elle savait que la population, avec Beslaj, voulait lapais et le travail. Mais si c'étaient là de belles paroles, ce n'étaient que desparoles. Le citoyen Beslay s'illusionnait sur la situation, et il voyait presque en rose un avenir qui, visiblement, s'assombrissait de plus en plus, et n'allait pas tarder à devenir rouge

San

Par la suite, plusieurs des écrivains qui ont apprécié le<; paroles de Beslay l'ont fait avec peu d'indulgence :]

La révolution municipale rêvée était celle en effet que, dans un langage parfois élevé, défiDissait le vieux républicain qu'était Beslay, mais .1 s agissait bien de cela! Est-ce que le grave conflit entre ^ersa,lIes et Paris cessait par ce fait que les élections municipales avaient eu lieu?... Le pauvre doyen ne voulait rien voir ni surtout r.en dire du péril imminent où l'on était. Extraordinaire naïveté I...

C'estlà l'opinion de Gaston DaCosta(/aCow/7ZH/je vécue) Et, plus rudement, Lissagaray dit, dans son excellente Z^/stoire de la Commune :

Naïve illusion d'un vieillard qui avait cependant l'expérience d une longue vie politique!

Beslay, par la suite, parut piqué au vif par cette dédaigueuse critique. Il voulut y répondre :

J'estime trop le talent de M. Ussagaray et la droiture de son

esprit pour ne pas relever l^ «^v - Jpreç^U n d s n livre. ..

AU vue de la fourna.se qm « «'';"^;; , J^^^P^ d' <^^^^^^'^' '« sang qui von. -uler ^e^-^e "C ^^ J^^-^,, ^,i po^rraU

contrat qu. .l-""^t Jfse dSi er? Illusion ! s'écrie-t-on. Je pourunir les mains prêtes a seatcuiic. l'heure où la

rais répondre : l>!"f " ^-f^r^ ,° « prog ramn.e de concilia- Commune montait à 1 H>>t«l-de-\'lle' « P^°e . ^^^ esprit, que Uon s'imposait -^'-j-;/^ "^'^ I^r^moment critique que je le croya.s en quelque sorte û "e P« j lui-même

ious traversions, et m.s en avant par le Com. ej^e^ ^.^

e, parla population »»"»« f f ,''- ^i^^P^^^^^^^^

''"'"'■■■ (Charles Be.lay. La VirM «ur /a Commnn..p. 5o..)

Charles Beslay, en se défendant contre les reproches de oaS^tfetde cJé'duUté. a exprimé une grande ver.^ Me Comt central, et après lui la Commune ont vou u d.^^^^^^^

où dans toute autre ville, ce qui était nat.onal •ly avait ce jourI,àrHôtel-de-VUle,dans les rangs

de la garde nationale, dans la ville, d'autres gens qui auraient pu se montrer plus clairvoyants et crier tout haut ce qu'ils auraient dû discerner : ail ne s'agit pas d'appeler de tous nos désirs la paix et le travail I Rien n'est fait parce qu'on a installé à l'Hôtel-de- Ville une Commune! Pendant de longs jours encore les ateliers chômeront, les afiaires seront en suspens, et ce n'est pas encore l'outil mais le fusil qui va être dans nos mains! Notre cher doyen prend des désirs, qui sont les nôtres aussi, pour des réalités. Le mot d'ordre n'a rien de paciHque ni de laborieux ; Il se compose de ces deux termes redoutables : Misère et Combat ! »

L'illusion fut sans doute de courte durée; mais elle fut profonde et universelle. Le vieux Beslay partagea et exprima la crédulité de ses contemporains. La période qui s'écoula, du 20 mars au 2 avril,fut l'interrègne de l'illusion. Un ne parut s'apercevoir, ni au Comité Central, ni à la Commune, que, pendant qu'on échafaudait à Paris des projets de constitution, d'organisation, de réformes et de régime populaire devenu régulier et légal, M. Thiers, à Versailles, poursuivait l'exécution de son plan, et n'allait pas tarder a le révéler à coups de canon aux membres de la Commune et aux Parisiens, également effarés et surpris. On votait, à l'Hôtel-de-Ville, la proposition de Félix Pyat abolissant la conscription, c'est-à-dire une loi générale' susceptible de s'appliquer à toute la France, quand déjà les gendarmes de Ladmirault, le chassepot à la main s avançaient vers le pont de Neuiliy, et, enfermant Paris dans son enceinte fortifiée, allaient crier aux Parisiens, en les couchant en joue : On ne passe plus !

Il eût fallu passer/plus tôt.Le Comité Central n'avait pas voulu, et la Commune suivit son exemple. Elle chercha à se frayer un passage, quand la route était déjà barrée

balayée par les escadrons de Gallifetet les obus du Mont-

VfllériôEi

Il fui donc nécessaire de se battre, quand on ne voulait que s'embrasser. C'est noble et humanitaire de vouloir tendre la main à un rival, à un adversaire.ma.s c est absurde quand celui vers qui vous venez, la paume ouverte, garde le poinff fermé. Il faut être deu.x pour signer un accord, et Paris était seul à vouloir transaction. Dans Versailles eu armes, M. Thiers répondait par la guerre à Pans qui voulait, malgré tout, lui déclarer la paix. Non, 1 excellent Charles Beslay n'était pas, à cette époque, Unique lUusionnistel

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