‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 3)Chapitre 121 sur 126 · Commission du travail, industrie, échange · texte numérisé non relu

Commission du travail, industrie, échange

Membres : les citoyens Malon, Frankel, Theisz, Dupont, Avrial, Loiseau-Pinson, Eugène Giraidin, Puget.

7. Commissions des services publics. — Membres : les citoyens Billioray, Martelet, Mortier, Rastoul.

Cette commission au titre modeste avait des attributions considérables, et 'beaucoup de besogne en perspective. Elle comprenait toute l'administration municipale. Elle avait la haute main sur les postes, télégraphes, chemins de fer assistance publique, la voirie.etc, etc. Elle fut cependant peu sollicitée, et l'on n'y voit figurer que des personnalités très secondaires de la Commune.

8. Commission de l'enseignement. — Membres : Jules Vallès, Goupil, Ernest Lefèvre, Albert Leroy, Urbain Demay, Robinet, Verdure.

Cette commission était le ministère de l'instruction publique de la Gommune,et la plupart de ses membres avaient appartenu à l'enseignement. Elle avait, dans le programme deses attributions, la préparation d'un projet établissant l'instruction gratuite, obligatoire et entièrement laïque. C'était évidemment excellent, et la Commune de 187 1 traçait la voie, et donnait l'exemple à la commission parlementaire qui fut par la suite organisée par Jules Ferry ; mais c'était dépasser le mandat d'une assemblée municipale. Cette commission avait ainsi un caractère général et un mandat non plus local, mais national. On lui donnait également mission de « réformer les plans d'instruction et d'augmenter le nombre des bourses dans les lycées ». Louable préoccupation, mais il y avait assurément, pour les élus de Paris assiégé, des tâches plus urgentes et des besognes moins théoriques.

Q. Commission des relations extérieures, correspondani au ministère des Affaires Etrangères. Elle était composée des citoyens Pasclial Grousset, Delescluze, Ulysse Parent. Arthur Arnould, Antoine Arnaud, Charles Gérardin.

On a généralement pris peu au sérieux cette commission. Henri Rochefort, qui a toujours su, avec des plaisanteries, détourner l'opinion des choses graves, s'est moqué très drôlement du délégué remplissant les fonctions de ministre des affaires étrangères : Paschal Grousset, « élégant jeune homme, a-t-il dit, qui avait plus d'extérieur que de relations. » C'était spirituel, mais aksurde. La Commune était investie, isolée, mais il y avait pour elle des relations obligatoires délicates avec l'extérieur, ne fût-ce qu'avec les généraux prussiens ayant les canons du fort de l'Est et du Nord braqués sur Paris, et posant des sentinelles à toutes les portes de sortie, de Vincennes à Saint-Denis.

Le défaut évident du mandat donné à ces commissions était de comprendre des attributions d'ordre générale! national, comme l'obligation et la gratuité de renseignement laïcisé, comme la réforme de la justice et de l'impôt, ou des tâches, sans doute louables, comme la propagande des idées socialistes et l'égalisation des salaires, mais peu commodes non pas seulement à réalLser, mais même à entreprendre, sous la grêle des projectiles qui allaient s'abattre sur les commissaires. Il est difficile, au milieu d'un combat, de s'occuper de propagande socialiste et de l'équivalence du salaire et du travail.

Tous ces républicains sincères et dévoués, socialistes pour la plupart bien intentionnés, et désireux de remplir de leur mieux la fonction qu'ils s'assignaient, s'imaginaient qu'ils n'avaient qu'à faire œuvre de bureaucrates, de paisibles et méticuleux administrateurs. Ils ne semblaient pas se douter,qu'avaul de s'attacher à réformer la ju«tice, lesfinances,

mSIOIUE DE LA COMMUNE

l'enseig'nement et l'impôt, il fallait d'abord être les maîtres du pouvoir, devenir le g'ouvernement, faire la loi. Ig'noraient-ils que ce n'était pas avec des phrases, des discours des décrets qu'ils deviendraient des lég'islateurs, mais par la victoire, par la force du sabre et des fusils, arg-ument supérieur et seule raison morale des rois, des gouvernements, des insurg-és aussi? Ces commissions théoriques étaient bien les rouages fictifs qui convenaient au régime des Illusions.

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