PROCLAMATION DES MAIRES
Lesmaires, conspués la veille à Versailles, feig^nirent donc de se tenir pour satisfaits. Aussitôt rentrés à Paris, ils rédigèrent et firent afficher la proclamation suivante :
Les maires et adjoints de Paris et les représentants de la Seine font savoir à leurs concitoyens que l'Assemblée nationale a, dans la séance d'hier, voté l'urg-ence d'un projet de loi relatif aux élections du conseil municipal de la Ville de Paris.
La garde nationale, ne prenant conseil que de son patriotisme, tiendra à l'honneur d'écarter toutes causes d'un conflit, en attendant les décisions qui seront prises par l'Assemblée nationale.
Vive la France ! Vive la République !
Il faut surtout voir dans cet optimisme affecté le souci de ne pas envenimer les choses, et le désir d'arriver à un
aOO HISTOIRE DE LA. COMMUNE
accord. Les maires prenaient leurs espérances pour des réalités. M. Thiers cependant sur la place d'Armes, à Versailles, comptait les canons alig-nés, passait en revue les troupes récemment arrivées de l'est et d'Allemag-ne; souriant sous seslunettes, il ruminait des espoirs qui n'allaient pas tarder à se réaliser.
Les députés firent aussi une proclamation, mais elle était d'un ton plus réservé.
Citoyens, Nous ce doutons pas que vous n'éprouviez, à la lecture de la séance d'hier, le sentiment dont notre âme est saisie. Il n'a pas dépendu de nous que cette séance n'ait eu un autre caractère et de meilleurs résultats.
Toutefois, nous avons obtenu !a reconnaissance formelle du droit de Paris, qui, en conséquence, sera appelé dansle plus bref délai à élire son conseil municipal. Dans cette situation, vous comprendrez comme nous la nécessité d'éviter les désastres qui naîtraient en ce moment de tout conflit entre les citoyens. Vive la France ! Vive la République !
Les rcprésenlanls de la Seine.