PROTESTATION DES MAIRES
Les maires et les députés de Paris tinrent, dans la soirée, une réunion où il fut rendu compte de la démarche faite la veille à Versailles. On désig-na deux délégués, MM. Clemenceau et Lockroy, pour se rendre auprès du Comité Cen. tral, afin de l'informer de l'acceptation de l'urgeuoe par l'Assemblée pour les propositions des maires. Les délégués devaient en outre demander au Comité Central de ne pas faire procéder le lendemain aux élections annoncées. Le Comité Central ne prit aucun engagement. Toutefois il inclinait à ajourner les élections.
Les délégués, ayant rendu compte de leur mission et de
LB COMITI CBNTBAL
son résultat négatif, M. Henri Martin rédigea une protestation contre la convocation des électeurs pour le lendemain.
Dans ce manifeste, il était dit :
Cherchons, citoyens, ce qui nous unit et non ce qui nous
' No!is voulions le maintien, raffermissement de la grande institution de la sarde nationale dont l'existence est inséparable de celle de la République.
Nous l'aurons. , . . ,
Nous voulions que Paris retrouvât sa liberté municipale si longtemps confisquée par un arrogant despotisme.
Nous l'aurons.
Vos vœux ont été portés à l'Assemblée nationale par vos députés; l'Assemblé» y a satisfait par un vote unanime qui garantit les élections municipales, sous bref délai, à Pans et dans toutes les communes de France.
En attendant des élections, seules légales et régulières, seules conformes aux vrais principes des institutions républicaines, le devoir des bons citoyens est de ne pas répondre a un appel qui leur est adressé sans titre et sans droit.
Nous vos représentants municipaux, nous, vos députes déclarons donc rester étrangers aux élections annoncées pour demain et protestons contre leur illégalité.
(Suivent les signatures des députés de Pans, des maires et adjoints).