‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 3)Chapitre 50 sur 126 · LES AVEUX DE M. VAUTRAIN · texte numérisé non relu

LES AVEUX DE M. VAUTRAIN

A côté de ces forfanteries d'un bourgeois exaspéré, se souvenant trop des journées de Juin 48, où il avait contribué à la répression, M. Vautrain a donné, dans l'Enquête, des renseignements qui éclairent sing'ulièrement la

LE COMITé CBNTnAL

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situation : « Soyez convaincus, a-t-il dit, que l'immense majorité des maires, quoique vous en ayez vu de très avancés, était pour l'Assemblée nationale contre l'Insurrection. » Ceci montre que beaucoup de ces hommes qui parlaient toujours de conciliation n'en voulaient pas et travaillaient pour le succès de M. Thiers. Ils s'étaient rendus à Versailles, ou ils avaient été hués quand ils avaient voulu acclamer la République; ils connaissaient les dispositions morales de l'Assemblée et ils ne pouvaient ignorer les dispositions militaires de M. Thiers. Ils devaient donc se douter de l'innocuité de leurs efForts pour arriver à une transaction, qui n'était ni dans le cœur des ruraux, ni dans la pensée de leur chef.

Quand Sais.set fit le simulacre d'une résistance, au cœur même de Paris, M. Vautrain se plaig-nit à l'aide de camp de l'amiral que l'on ne prenait pas de mesures suffisantes pourarréter l'insurrection « qui approchait » et M. Vautrain enreg-istra cette réponse de l'aide de camp, M. Freytaut, officier de marine « qui ne quittait jamais Saisset «, que l'amiral avait reçu du pouvoir exécutif l'ordre de ne pas faire de résistance ! Ainsi la démonstration des calculs de M. Thiers, de l'inutilité des pourparlers et de la résistance pour rire qu'on essayait de faire prendre au sérieux est fournieparce témoig-nage spontané de l'un des plus ardents adversaires de Paris. Il a corroboré cette preuve par l'importante déclaration suivante, qui précise et justifie le double rôle de dupes et de complices joué par les députés de Paris et les maires dans la comédie des négociations, des affiches, des proclamations, en vue d'une conciliation qui n'était pour M. Thiers qu'une ruse de guerre. En même temps, M. Vautrain constate la faute énorme, déjà signalée, commise par le Comité Central lorsqu'il n'a pas voulu marcher sur Versailles dés le lendemain de l'in.surrection.

r.i A<^^ pourparlers inutiles et dilatoires, et en "5" ^Tfet'o a'appelé leur capitulation, les n^aires fa. :rt Uner buit ,ouL à Versailles, a d.t M. Vautra.n, et il a ajouté :

vous n aviez pas le mo:^n,Ver.^^^^^lf^

que. L'amiral Saisset me 1'=^ -f^^.^/^J.eCà Paris par les Lues. Sinnsurrecuon auhudetre rtn .^ ^1^^^^^^

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siez les intentions et ^^^ ;°"^ f^/J, .^ ^^^pelez-vous l'attitude sez l'insurrection arrivant ^ J^^^^^'f ^^,3 seulement Paris, 1 des grandes villes de France Je - ga d^s p ^^^ ^^ |

niais Toulon, mais M'»^^"",^: "'^ ',,ii*r;„.ivant à Versailles,

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avant que vous ne '"f^"=^ f"'^" ,^ ., nites-le moi, est-ce que c est moi ce que nous ^«"«"^^ devenus ?D tes 'emo Versailles?...

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que vous ont f«| ol^^^-^^; ts ;our dÏ vote, il ny a jamais Il est incoutestab e qu J-^; "J^ ;,,. Toutes les fois qu on de troubles. C est une reo"= pandore s'ouvrira pour sat.s-

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faire à ses désirs. Il y a eu iro j ^^/^ ^^^..^ perdus pour l'e-

grâce aux élections, il y ^ ^^ '°^^ dTMont-Valérien n'a eu lieu lection de leur bureau, et 1 attaque du Mont v ^^ ^^

que le 2 avril. Nous avons donc fa g .-r,^^^ ,^^.^^^ ^^^^

"^°'' 'f' Cl Luct;-q^ commandait le fort du Mont-Valér^^:- a:^?r mpÏTctTga'rnison, des renforts étaient arrives de Versailles et vous savez ce qui est advenu... (Extrait de l'Engaête parlementaire.)

»i„i de r.«» ae M. v.».»i.. .- q-e ^ -;:,f:

jours quiauraient pu êfreemplojés par le Comité Central et la g-arde nationale à compenser l'inaction, déjà funeste, des premières journées. La faute initiale commise pouvait donc encore se réparer dans lahuitaine de l'insurrection, et Versailles surpris, pas mis encore en état de défense sérieuse, tombait au pouvoir des Parisiens. Alors se trouvaient anéantis les projets de M. Thiers. Cette entrée à Versailles des fédérés entraînait aussi, comme l'indique M. Vaulraln, l'adhésion des grandes villes de France. Donc c'était la victoire de la Commune partout, et la révolte de Paris transformée en Révolution nationale. La temporisation a tout changée, et ce fut surtout l'œuvre des maires et des députés de Paris, s'efforçant de nég-ocier, de transig-er, d'arracher à l'Assemblée la convocation des électeurs « faisant gag'ner huit jour «s, comme a dit M. Vaulrain, suivis de huit jours de plus perdus en amusettes électorales et parlementaires.

Il ne faut cependant pas trop accuser ces maires et ces députés, ceux du moins, vrais républicains, qui, comme Tolain, Clemenceau, Benoît Malon et quelques autres, voulaient franchement la conciliation. Ils supposaient que la convocation des électeurs et la nomination d'un Conseil municipal ou d'une Commune, qui en serait le résultat, feraient tomber les armes de toutesles mains et établiraient l'accord et la réconciliation entre Versailles et Paris. Cette chimère, les élus de Paris pouvaient la concevoir, car c'était celle de toute la population.

Ecoutons encore M. Vautrain, parlant de l'entente obtenue pour le* élections, fixées alors au 3o avril ;

Il y eut alors un fait curieux. Je ne sais si vous le connaissez, mais sur le bruit de cet accord, le soir même sur les boulevards, des démonstrations d'une joie folle eurent lieu. Les bataillons lédérés défilaient la crosse en l'air, et criaient : Plus de guerre civile! vive le travail, vive la Pai.x!

niSTOmE DE LA COMMUNE

Oh ' la bonne, la naïve et confiante population ! Elle voi.la.t la paix, elle ne souhaitait qu'une chose, déposer le fusil pour reprendre l'outil ; elle était toute à la jo.e, toute a l'espérance. Chimères et jeux du rêve.

Cela dura peu. Celui qu'on a justement nommé le sinistre vieillard ne rêvait pas, il veillait. Il ne voulait m de l'établissement de la paix, ni de la reprise du travail. 1 entendait que les Parisiens prissent le fusil de nouveau ahn de pouvoir les désarmer. Il avait des canons, il rassemblait des soldats, c'était pour s'en servir, c'était pour faire le général, pour jouer au conquérant. Les maires heureusement lui faisaient gagner le temps dont il avait besoin pour commencer son œuvre de guerre et de sang. Il était satisfait des maires, pour la plupart complices inconscients. Ils lui livraient Paris à bombarder, à remplir de cadavres, pour le triomphe de l'ordre et la victoire de la réaction. M. Vautrain et quelques autres eurent seuls lafranch.se, ou le cynisme, d'avouer qu'ils ne voulaient pas sérieusement les élections, et que lorsqu'ils négociaient et ergotaient sur les dates pour la convocation électorale, ils ne cherchaient qu a permettre à M. Thiers de convoquer ses régiments. Les autres, ou ne comprirent rien à ces menées, ou, naïfs et vaniteux, crurent qu'ils tireraient avantage et gloire d une transaction qui mettrait Paris en leur pouvoir, comme nous le verrons quand nous en serons au dernier acte de la Comédie des Maires.

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