‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 3)Chapitre 57 sur 126 · MISE EN LIBERTE DU GENERAL CHANZY · texte numérisé non relu

MISE EN LIBERTE DU GENERAL CHANZY

Le général Chanzy avait été arrêté, comme nous l'avons vu, dans le train qui l'amenait à la g-are d'Orléans, sans que les g'ardes nationaux, qui s'emparèrent de lui, sussent qu'il s'açissait du commandant en chef des armées de la Laire. Une foule féroce et stupide avait maltraité le g-énéral, avait môme cherché à le tuer. Léo Meillet, adjoint au maiie du XIII« arrondissement, avait eu beaucoup de peine à le soustraire, ainsi que le député Turquet qui ne voulut pas l'ahandonner, aux violences de cette foule exaspérée. Léo Meillet s'efforça de faire mettre le g-énéral en liberté, mais Duval s'y opposa. Ce dernier entendait conserver Chanzy comme otage.

Le général avait pu être conduit à la prison du secteur, où il se trouvait à peu près en sûreté : Serizier, commandant du loi» bataillon, le capitaine Gayol et Léo Meillet parvinrent à faire transférer le général à la prison de la Santé, plus siîre. Duval en référa au Comité Central, et il fut décidé que Chanzy, jusqu'à nouvel ordre, serait gardé à la Santé.

Cet internement, bon pour mettre le généralà l'abri des forcenés, qui, le prenant pour Ducrot ou pour Vinov, réclamaient sa mort, ne pouvait être raisonnablement maintenu. Le système de la garde en otage, qui répugne toujours au généreux et individualiste tempérament français, n'était pas encore appliqué, ni même proposé. Plusieurs interventions se produisirent alors. Le général Crémer et le commandant Arronsohn se présentèrent à la Santé, le 20 mars, porteurs d'un ordre de mise en liberté signé de Lullier. Uuval,qui tenait absolument à son idée d'avoir, en la personne du général Chanzy, un répondant précieux, déchira l'ordre de LuUier. Mais le général Crémer, dont la

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popularité alors était intacte, et en qui le Comité Central espérait voir un général en chef pour l'insurrection, insista et obtint d'abord que Beslay et Grélier. délégués à 1 intérieur, vinssent visiter Chanzy à la Santé, afin de s'assurer que le prisonnier était bien traité. Puis deux membres du Comité, Bablck et Billioray, exigèrent l'ordre de mettre immédiatement en liberté le général Chanzy. Duval résista encore. Raoul Rif^ault, qui occupait, avec Duval, la préfecture de Police, fut d'avis de garder Chanzy, afin de l'échanger contre Blanqui qu'on venait d'arrêter dans le midi Enfin Crémer et Babick vainquirent les dernières objections de Duval, et celui-ci se décida à donner l'ordre de relâcher le général, .ses aides de camp et le général Lanoourlan, qui avaient été arrêtés avec lui. Il était minui quand Crémer et Babick arrivèrent à la Santé. Le général et les officiers reçurent des vêtements civils et se rendirent, accompagnés de Crémer et Babick, au Comité Central, ou le général Chanzy prit l'engagement de ne pas accepter de commandement contre Paris. Loyalement le général a tenu parole.

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