APPEL DU COMITÉ DE CONCILIATION
Le journal le Temps avait publié, sous la signature de son rédacteur en chef Nefftzer, un article important eng-ag-eant le.s partis à se concilier. « Une catastrophe sang-lante, disait-il, ne peut être évitée que par des concessions mutuelles et une sagesse extrême des deux côtés. Les questions d'amour -propre, les idées de lutte à outrance devant l'étranger seraient ici fort déplacées, et nous estimons que le parti qui s'hono rera le plus, dans ces tristes circonstances, sera celui qui aura fait à la paix des rues, à la cho.se publique, à l'humanité le plus de sacrifices et le plus de concessions.»
Le Temps, organe de la bourgeoisie libérale, blâmait donc le parti qui refuserait de faire des concessions, et ce blâme visant Versailles encourageait les maires à céder.
Ce fut dans cet esprit d'apaisement que plusieurs citoyens, dont quelques-uns s'étaient rendus à la dernière réunion à la mairie du 11», firent apposer l'affiche suivante sous le titre de Comité de conciliation :
Citoyens,
En face des efFroyablcs périls qui menacent la Patrie et la République, qu'importe une vaine question de forme cl de vaine légalité ?
Le scrutin seul peut mettre un terme à une crise qui serait autrement sans issue. Le scrutin seul peut cnlmer les esprits, pacifier la rue, raffermir la confiance, assurer l'ordre, créer une