‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 3)Chapitre 92 sur 126 · L'ACCORD EST FAIT · texte numérisé non relu

L'ACCORD EST FAIT

Cette proclamation rédigée par M. Dubail avec M. François Favre, à l'issue delà séance de nuit où les négociations avaient été rompues, avait été portée, à la première heure, à l'imprimerie Dubuisson, 5, rue Coq-Héron. Elle devait être apposée dans la journée du samedi. M. Dubail eu corrigeait l'épreuve dans le cabinet du maire, pendant que les députés,les maires et les délégués du Comité Central conféraient ensemble, dans la grande salle. Avec satisfaction, M. Dubail relisait son oeuvre, et songeait qu'enfin son ami Quevauvillicrs allait pouvoir lancer des bataillons dévoués et faire cracher les mitrailleuses, introduites subrepticement pendant la nuit dans la mairie, quand la porte s'ouvrit brusquement. Deux ou trois membres de la réunion pénétrèrent, joyeux, dans le cabinet où le prote de Dubuisson attendait qu'on lui rendît l'épreuve de l'affiche corrig-ée, avec le bon à tirer. — « Déchirez cette proclamation I dit

LB COMITE CENTAAL

l'un des maires, tout est arrangé ! On s'embrasse et l'oa fait les élections demain ! »

Désappointé, M. Dubail déchira l'affiche d'un geste de mauvaise humeur, et congédia le prote.

J'avoue, a dit M. Dubail, que ces derniers mots me firent tomber de mon haut, en apprenant ce changement subit et inexplicable pour moi ?... Je ne sais pas si j'aurais pu changer la détermination de mes collègues, n'ayant pas été mis à même de l'essayer. Je sais qu'ils ont beaucoup hésité avant de signer, mais que les premières signatures ont entraîné les autres, sans que d'ailleurs on ait longtemps discuté la question.

(Enquête parlementaire. Déposilion de M. Dubail, l. II p. Sâg.)

M. Dubail a déclaré que la conférence qui précéda la convention a eu lieu hors sa présence. Il a ajouté :

Je ne sais pas un mot de ce qui s'y est dit ou fait. On me répéta seulement, comme un bruit venu de Versailles, que le duc d'Aumalc avait été proclamé lieutenant général par l'Assemblée, et que, croyant qu'il s'agissait de sauver la République.beaucoup de membres avaient signé cette convention.

Je ta pris, la lus, et je crus devoii- ne pas la signer. J'ajouterai que M. Schœlcber ne la signa pas immédiatement , qu'il ne le fit ([u'une heure après, et par ce motif(iu'il me donna dès lors, et qui est bien dans sa nature dévouée, qu'il craignait, en refusant, qu'on imputât ce refus à l'amiral Saisset, dont il était pour ainsi dire le garant vis-à-vis du Comité Central, et dont la sûreté se trouvait compromise, puisqu'il était encore à Paris, et fort empêché d'en sortir. Pour moi je persistai dans mon refus. (Enquête parlementaire t. Il, p. 3Go.)

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