‹ Histoire de la Commune de 1871Chapitre 35 sur 95 · AGITATION SANS SUITES · texte numérisé non relu

AGITATION SANS SUITES

Limog-es est une ville ouvrière très importante. La cité limousine est, encore, le foyer républicain du centre. La Commune ne pouvait manquer A'y trouver des adhérents. La « Société populaire » envoya un délégué à Paris pour se renseigner sur la nature et la portée du mouvement. La défaite des bataillons parisiens dans la plaine de Nanlerre, lors de la sortie du 3 avril, loin d'arrêter dans leur élan les révolutionnaires limousins, parut les stimuler,

Des troupes du 91° de ligne étaient désignées pour se rendre à Versailles. La garde nationale voulut s'opposer à leur embarquement. Au jour fixé pour le départ, 4 avril, la foule entoure le détachement, les soldats sont harangués, interpellés, sollicités; ils cèdent leurs armes, les membres de la « Société populaire » s'en emparent, félici-

LE GOUVERNEMENT DE L'fldTEL-DE- VILLE l3g

tenl, acclament les militaires, prisés par les ovations et peut-être aussi par d'autres excitants. De toutes parts, on récliime la proclamation de la Commune. Les gardes nationaux se portent devant la mairie, somment le maire de se prononcer pour Paris. Le maire refuse. Les gardes nationaux alors au.x cris de « Vive Paris ! Vive la Commune! » décident de se rendre à la gare pour arrêter les trains, où déjà, leur apprend-on, les soldais avaient pris place. Les bataillons de la garde nationale défilent devant la mairie, se rendent à la préfecture, et l'envahissent, pendant que des compagnies se dirigent sur la gare. Le colonel Billet, (les cuirassiers, déliouche sur la place Saint- Michel avec deux escadrons et ordonne de charger. Des coups de revolver .sont tirés des rangs, avant la charge. Les gardes nationaux exaspérés ripostent. Le colonel liillet tombe mortellement atteint. Les cuirassiers aussitôt tournent bride emportant leur colonel. Les gardes nationaux, maîtres de la place de la mairie et de la préfecture, tenant la gare et ses abords, semblent embarrassés de leur victoire. Ils discutent, crient, réclament dos ordres, uno direction et comme elle manque, et que les ordres sont contradictoires, les compagnies se débandent peu à peu et bientôt la préfecture est abandonnée, ainsi que la gare. La Commune de Limoges n'a donc même pas été constituée. Avec des éléments ardents, mais privée de chefs, sans but déKui, sans organisation, et peut-être dépourvue d'enthousiasme, la démocratie limousine renonça, proinptcment et facilement à organiser la Commune et à imiter Paris. Elle cessa de proposer de marcher h son secours, comme elle semblait en avoir eu l'intention, au début de l'asritation.

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