‹ Histoire de la Commune de 1871Chapitre 34 sur 95 · LA PO/'LLATJON CESSE TOUTE RÉSISTANCE · texte numérisé non relu

LA PO/'LLATJON CESSE TOUTE RÉSISTANCE

Le général hésita ù donner l'ordre de commencer le feu. Mais la foule, après avoir entendu le procureur général proclamer de nouveau que tous ceux qui déposeraient les armes auraient la vie .sauve, envahit l'Hôtel-de-Ville, que les insurgés ne songèrent plus à défendre. Sans attendre l'intervention des lurcos, ces citoyens, gendarmes volontaires, dispersèrent facilement ce qui restait de l'émeute, et forcèrent Digeon à évacuer la mairie. Il en sortit le dernier et se réfugia chez un ami dévoué, dans la ville. De là il écrivit, avec crinerie, au procureur général pour lui désigner son asile, en ajoutant qu'on pouvait venir l'j arrêter.

L'énergie el l'indomptable bravoure de Digeon sont admirables assurément, mais elles n'avaient plus de raison d'étro. Elles étaient môme nuisibles, non seulement au tenace insurgé lui-même, mais aussi à ses compagnons qui ne demandaieiil qu'à cesser une résistance devenue inutile.

L'emballement méridioDal de Dl^eon, qui sembla faire défaut à presque tous ceux qu'il avait entraînés à l'Hôtelde- Ville, coûta la vie à trois ou quatre défenseurs de la barricade de la rue du Pont. Ce furent les seules victimes de ces journées plus bruyantes que sérieuses. C'est encore trop pour l'importance que prit la Commune à Narbonne. Tout était terminé le 3i mars, et les seuls dégâts mémorables dans la ville, bientôt pacifiée, furent l'œuvre des turbulents turcos.qui, lâchés dans Narbonne et bien que n'ajant pas été à la chaleur du feu, assoift'és, se g'risèrent terriblement et cassèrent quelques vitres pour célébrer la victoire de l'ordre obtenue sans eux.

1 V. — La Commun k a Limoges

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