‹ Histoire de la Commune de 1871Chapitre 87 sur 95 · SERVICES ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

SERVICES ACCESSOIRES

La cavalerie et le train n'existèrent pour ainsi dire iju'à l'état de projet. Il est vrai que les charrois n'étaient pas considérables, les four^cuis des lintaillons suffisaient aux transports, le parcours étant restreint. Quant à la cavalerie, elle ne fut employée qu'au service des estafettes, et tous les officiers supt rieurs ne furent pas montés. On devait former un corps d'éclaireurs à cheval, le temps manqua, et, aussi, après le /i avril, où ces éclaireurs firent défaut, son utilité ne fut pas reconnue. Il n'y eut que deux escadrons de complets. Le pcnie se composait de sapeurs organisés pendant le sièçe.el de volontaires recrutés parmi les anciens élèves de Chftlons et d'Angers se trouvant incorporés dans la garde nationale. On y Ht entrer aussi des employés des services techniques de la voirie, des eaux, du gaz, des chemins defer, etc., etc.

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Dans la population ouvrière de Paris se trouvaient des éléments abondants pour constituer deux ou trois rég;inients complets du g-éuie : les terrassiers, si nombreux, auraient pu être mieux utilisés. On forma à peine quelques compag'nies de cette arme si importante. Dans la situation de ville assiésfée, elle aurait dil rendre les plus grands services. On avait nég'lig'é de l'employer suffisamment pendant la g'uerre avec les prussiens. L'exemple aurait pu servir de leçon. En couvrant les forts et les fortifications par des tranchées, en mullipliant les ouvrag'es avancés, en protégeant toute position acquise ou reprise par des travau.x défeusifs rapidement exécutés, en cheminant à l'abri de contre-parallèles, en usant de la sape et de la mine, en remuant partout et sans relâche la terre, on eût reculé la ligne d'investissement, retardé toutes les opérations d'approche, prolongé le siège de plusieurs semaines, de plusieurs mois peut-être, et sauvé la situation, en vertu du principe qui a ternie a vie. Les villages, les terrains de la zane immédiatement suburbaine se prêtaient admirablement à ce système défensif. Les divers délégués à la guerre et la Commission executive n'y songèrent point, ou ne se mirent pas en peine d'organiser des troupes du génie et de les employer. Ce fut un ingénieur civil distingué, Roselli-Mollet, qui fut placé à la direction du génie.

Le service médical comprenait un chirurgien en chef, ayant rang d'inspecteur, un chirurgien principal par légion et un chirurgien major, un aide-major, un sous-aide, par bataillon.

Appel fut fait aux docteurs et aux étudiants en médecine et en pharmacie. Il en vint en très grand nombre. Les infirmières et ambulancières ne manquèrent pas non plus. Ce service fut organisé par le docteur Courtillier, et fonctionna régulièrement. Les malades touchaient dans les hôpitaux

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5o centimes par jour ; le restant Je la solde était payé à leurs femmes.

L'inlenilance fut confiée aux frères May. Ce service laissa sans doute à désirer et suscita des réclamations etdosjiiaintes. C'est traditionnel. Il en est et il en sera de miîme sans doutedans toutes les armées en campaçne. .V toutes les époques toujours l'intendance fut critiijuce. Il faut reconnaître que, pendant la lutte de la Commune, alors que les prussiens occupaient une partiede la banlieue, gardaient toutes les avenues du nord et de l'est; qu'en outre les trains de chemin de fer étaient encombrés par le transportdes troupes françaises et allemandes, dans le désarroi issu de huit mois d'invasiou, de troubles et de disette, l'approvisionnement n'était guère facile. Il fallut des prodiges d'habileté et d'initiative aux intendants si attaqués pour que les cardes nationaux ne souffrissent pas trop du désordre acéuéral et des difficultés du raviliiillement. Il était assez difficile de se procurer de la viande, les arrivages de Ineufs et de moutous n'étant ni réguliers ni assurés. Les cultivateurs et e.xpéditeurs de léçumos et autres comestibles, n'ayant pas de marchés passés, apportaient ou envoyaient leurs denrées à leur grè, .selon les sentiments de confiance ou d'inquiétude qui les animaient, variables avec les événements. Cependant, Cluseret l'a constaté, ce service ne laissa pas trop à désirer.

(Juanil je pris le ministère île la Guerre, a-l-il dit, es frères M.ty étaient en possession de l'inlenilance çènèrale. Ils déployaient une çraiiile .ictivitt' et avaient onf.-ïnisc le servire de canipni^ae très convenalilcment. Ceux qui ont prétendu que les Iroupi-Mn.inquaicQt de vivres on ont menti. Je me suis assuré pcrsonocllement que, partout où il y avait des postes réiçuliers, la sous-intrtidance la plus voisine nvnil consUninicnt en magasin un nombre de rations triple et nuailruple de l'effeotif normal. Si quelquefois des détachements ont jeiïnè, ce que je ne crois pas, ce fait n'a pu se produire que par l'absence, la aooclialaDcc ou l'ineptie des com-

mandants. Il est vrai que ceux-ci trouvaient plus commode de rejeter la faute sur la direction centrale que de s'occuper de leurs hommes...

(Cluseret, Mémoiret, p. loC.)

On fait retoraber,entout temps.et dans toutes les armées, trop lucilemeut sur l'Intendance des retards dans la distribution de vivres, qui proviennent souvent de la négligence des chefs et du défaut de ponctualité de leurs subordonnés. L'intendance a fait son devoir quand elle a établi dans les dépôts indiqués et à portée des troupes, les subsistances nécessaires. Sa mission est alors terminée. Les chefs de troupes doivent veiller à ce que les vivres soient touchés à temps et distribués rapidement et convenablement. Les intendants de la Commune avaient une mission moins aisée que celle de leurs collèjjues des autres armées, et ils s'en acquittèrent généralement avec zèle, exactitude et probité.

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