DESCRIPTION
A la source de la rivière de Varenne, à neuf kilomètres sud-ouest du bourg de Saint-Saens , six kilomètres nord de celui de Buchy, seize kilomètres sud-est de ta ville de Neuf châtel , trentecinq kilomètres nord-est de la ville de Rouen, se trouve la commune de Montérollier , canton et bureau de poste de Saint-Saens , arrondissement
de Neufchâtel, département de la Seine-Inférieure.
Ce village est borné : dans l'arrondissement de Neufchâtel et le canton de Saint-Saens, à l'ouest parla commune de Rocquemont; au nord-ouest et au nord, par celle de Saint-Martin-Osmonville; à l'est par celles de Sainte-Geneviève et de Mathonville; dans l'arrondissement de Rouen, canton de Buchy , au sud par les communes de Bosc-Roger, Buchy et Estouteville.
On accède au village de Montérollier par le chemin de grande communication n° 39 , de Bradiancourt à la route impériale de troisième classe n° 28, de Rouen à Saint-Omer. Ce grand chemin se trouve croisé par plusieurs autres grandes voies : 1° la route impériale de deuxième classe n° 15, de Paris à Dieppe; 2° la route départementale n° 24, de Torcy à Saint-Martin- Osmonville, et 3° le chemin de grande communication no 34, de Saint-Martin-Osmonville à Buchy.
Le territoire de Montérollier, encore aujourd'hui passablement boisé, est d'un aspect fort accidenté, assez pittoresque, mais généralement agreste et parfois sauvage. lisent, comme plusieurs autres villages du pays de Bray, son état primitif et vierge que lui a laissé sa position isolée, son éloignement des centres de population; il présente, par ses collines, ses vallons, ses plaines et ses bois, une situation qui a son cachet
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antique, formidable, féodal, une véritable perspective des premiers siècles du moyen âge. Il est resserré à la naissance de la vallée entre des collines élevées, et n'offre qu'un faible développement de prairies naturelles que- la main de l'homme a plantées d'arbres à fruits; la moitié de son territoire est ainsi couvert à peu près littéralement de vallons , de monts et de coteaux , qui convergent à la vallée de la Varenne ; le reste se compose de plaines de peu d'étendue occupées par des exploitations agricoles. On ne s'y livre à aucune industrie, à aucun commerce que ceux des bestiaux et des premières productions de la terre.
On n'y remarque ni châteaux, ni manoirs, ni grandioses maisons de campagne, rien de belle ou antique architecture que de faibles restes de l'ancienne demeure seigneuriale des sires de Montérollier; on trouve sur divers points de la commune des mottes ou éminences faites de main d'homme, mais dans lesquelles on ne rencontre que d'insignifiants vestiges de constructions anciennes.
L'église elle-même est loin d'être un monument : c'est une construction en brique et caillou qui ne présente aucun caractère de l'ogive ni du cintre , aucuns piliers , aucunes colonnes, aucunes voûtes, point de vitraux, ni de sculptures, ni de meubles curieux.
La longueur de l'édifice est de vingt-cinq
mètres; sa largeur, de huit mètres. Sa forme est celle d'une croix latine, avec trois autels : le maîtreautel au fond du chœur, les deux autres à chaque bras de la croix.
Le chœur,» comme la nef, est éclairé par du verre blanc; la nef et surtout les chapelles sont assez mal pavées de petits carreaux rouges en terre cuite. Le vaisseau est voûté en bois de sapin; la corniche présente çà et là quelques vestiges de modestes sculptures et de quatre têtes grimaçantes. Le berceau du chœur est plafonné et recouvert d'une peinture blanche.
Le clocher s'élève en dehors de l'église, à gauche de la porte d'entrée. Il forme une tour carrée de six mètres de côté et de quinze mètres de hauteur; les matériaux qui le composent sont la brique et le caillou, ainsi que le reste de l'église; mais il paraît plus moderne.
Le beffroi de Montérollier renfermait jadis trois cloches, dont la moyenne seule est restée; c'est un beau bronze du poids de mille kilogrammes. À la partie supérieure, on trouve en relief de jolies majuscules romaines donnant cette inscription :
c L'an 1766, j'ay été nommée Barbe, par haute et puissante dame Barbe Anzeray, veuve de haut et puissant seigneur marquis de Sebe ville, marquise de Courvaudon , dame et patroae du Montéraulier et autres lieux, et bénite par M e Pierre Ravette , curé de cette paroisse. *
Au-dessous de cette inscription, sont gravés,
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également en relief, deux charmants écussons reproduisant les armoiries accolées des Courvaudon-Anzeray et des Sebeville : A droite, Vécu porte d'azur , à trois têtes de léopard d'or, posées deux et une. — A gauche, de gueules, à trois fleurons posés deux en chef et un en pointe; en flanc, une tête de sanglier, et en comr une couronne de marquis surmontée <f un point, le tout d'or. — Le double écusson est surmonté d'une couronne ducale d'or. — Tenants : plusieurs fleurs en arabesques.
Au-dessous de cet écusson, dans le bas de la cloche, se trouve un joli médaillon elliptique au* milieu duquel une cloche est représentée en relief; tout autour on lit: « Jean-Baptiste Cavilier. » Sur le médaillon, on voit une charmante fleur de lis; alantour, quatre branches de sapin.
Au côté opposé de la cloche , vis-à-vis de ce médaillon, on remarque un fort beau Christ en relief; les trois branches de la croix sont terminées par des fleurs de lis; au pied de la croix se trouve un médaillon semblable au premier, sur lequel on lit : « Jean-Charles Cavilier. d Ce médaillon est entouré de magnifiques dessins en arabesques, qui forment les degrés du pied de la croix.
Les Cavilier étaient une famille de fondeurs bien connus dans notre pays au siècle dernier. Dès 1734, nous trouvons' un Cavilier sur la cloche de Bertreville-Saint-Ouen, canton de Bacqueville. Jean-Charles Cavilier fondit, en 1744,
les cloches de Montfort et de Glos-sur-Risle (Eure), qui portent beaucoup d'ornementation. Le même, en 1768, fournit celle d'Auffay (arrondissement de Dieppe). Un Cavilier fondit, en 1747, les deux cloches de Saint-Vincent-Crasmesnil (arrondissement du Havre); celle de Saint-Pierre-le-Viger (arrondissement d'Yvetot), en 1752; les quatre cloches de Bolbec, en 1780; dans la même année, celle de Villy-le-Bas ; en 1782, celle de Saint-Hellier; en 1785, celle de Ponts, près Eu, etc. La famille Cavilier habitait Aumale dans les dernières années du xvm e siècle.
M. l'abbé Leblic, curé de Montérollier, a trouvé dans la tour du clocher une tablette de cuivre , qu'il a eu le soin d'appliquer contre le mur de cette tour, dans l'église même; elle contient les caractères suivants : d'abord ce sont trois dessins gravés en creux , dont celui du milieu reproduit les armoiries que nous avons lues sur la cloche, celles des Anzeray de Courvaudon et des Sebeville ; à côté de ce double écusson, se trouvent, adroite et à gauche, deux groupes semblables de dessins curieux : ce sont des faisceaux d'armes et de drapeaux au milieu desquels un heaume ou casque de guerrier; au-dessous une cuirasse, et plus bas des tambours, des canons, des boulets.
Puis on lit cette inscription en majuscules romaines :
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« A l'immortalité ici repose en paix haut et puissant seigneur messire Bernardin François Cadot marquis de Sebeville vicomte d'Andouville-la-Hubert seigneur châtelain de Montérolier chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis capitaine de dragons au régiment d'Ouartigny en 1694 et successivementcornette des chevau-légers de Berry * il se signala à la sanglante journée d'Hoschtet capitaine des gendarmes de Bourgogne en 1711 colonel de la mestre de camp de Vieil Languedoc dragon La paix générale de 1713 lui procura le repos qu'exigeoit sa foible santé Illustre par sa valeur plus illustre encore par ses vertus il marcha sur les traces de ses ayeux il mourut à Rouen le 18 janvier 1751 dans la soixante-quinzième année de son âge Lamémoire d'un époux chéri consacre ce monument Dame Barbe Anzeray de Courvaudon Dame de ce lieu an 1762. »
Les deux chapelles n'offrent rien qui mérite de fixer l'attention : celle de gauche, en entrant, possède une mauvaise toile représentant sainte
Anne et la vierge Marie ; l'autre, une insignifiante peinture où se voit le portrait de saint Etienne, premier martyr.
On rencontre en outre dans l'église plusieurs statues de non-valeur au point de vue de l'art. Nous nommerons simplement celles de saint Gorgon et de saint Désiré (1), données naguère par Mg r de Simony, lorsqu'il fit restaurer l'église. Nous verrons que des chapelles étaient jadis érigées à Montérollier sous le vocable de ces deux saints.
Il paraît qu'avant la révolution de 93, il se faisait dans cette paroisse un pèlerinage assez célèbre en l'honneur de saint Onuphre (2). La statue en pierre de ce saint, mutilée par les révolutionnaires, se trouve encore dans la tour du clocher : c'est un ouvrage de la Renaissance qui ne manquait pas de mérite, la pose du personnage a de la grandeur et de la dignité. Le pèlerinage avait cessé depuis nombre d'années ; mais , en 1854, les habitants se cotisèrent pour faire l'ac-
(1) Saint Désiré. •
1. Lons-Ie-Saunier. — Saint Désiré (Desideralus), évêque de Besançon , 400 environ.
2. Bourges. — Saint Désiré (Desideralus), évêque , 550. — 8 mai, 8 id. maii.
3. Saint-Wandrille. — Saint Désiré, moine, 700 environ. — 18 décembre, 15 kal. jan.
(2) Saint Onuphre.
Egypte. — Saint Onuphre (Onofrto, Abunafer), anachorète, 400 environ. — 12 juin , pridiè id. jun.
quisition d'une nouvelle statue de saint Onuphre, (fui, par permission de Mg r l'archevêque de Rouen, fut inaugurée le H de juin 1854. Depuis cette époque récente , le pèlerinage reprend quelque importance; il se célèbre chaque année, le 12 du mois de juin.
Les registres de la fabrique nous fournissent l'attestation qui a été signée à cette occasion par les membres du conseil de fabrique.
« Bénédiction de la nouvelle statue de saint Onuphre.
« Sur la demande de M. l'abbé Leblic , curé de Montérollier, et en vertu de l'autorisation accordée par M. l'abbé Caumont, vicaire général de Mg r Blanquart de Bailleul, archevêque de Rouen, en date du 24 mai 1854, une nouvelle statue de saint Onuphre a été bénite solennellement, le dimanche H juin 1854, veille du pèlerinage de ce saint, et, à cette occasion, le sermon a été donné par M. l'abbé Papillon, premier aumônier de l'Hôtel-Dieu de Rouen. Ce que nous avons signé le premier dimanche de juillet 1854. — Signé au registre : Leblic, desservant; Grenet, trésorier en charge; Desmarquets, président du conseil; Charles Morel et Leblond (1). »
M. le curé de Montérollier nous a communiqué un médaillon de marbre noir, de forme ovale, ayant quinze à dix-huit centimètres de long sur sept ou huit de large , sur lequel nous lisons en
(i) Registres de la Fabrique de l'église de Montérollier.
majuscules romaines gravées en creux : « amor mevs, pondvs mevm(S. Aug.). » Il ne porte poiat de date, et Ton ne peut en conjecturer la provenance; il a été trouvé détaché dans l'église et peut avoir un siècle d'existence.
Nous avons la relation de plusieurs travaux et embellissements faits à l'église de Montérollier.
D'abord, on voit dans la Vie de Mg r de Simony, et par l'ordonnance du prince de Croy, archevêque de Rouen, qu'en l'année 1828, Mg r de Simony fît don à l'église de Montérollier d'une somme de 1,200 fr. pour la restauration de l'église et la décoration de la chapelle de Saint- Julien (1).
(1) Saint Julien.
1. Vienne. — Saint Julien, évêque, 532. — 22 avril , 10 kal. maii.
2. Edesse en Syrie. — Saint Julien d'Héliopolis, moine, 367 environ. — 9 juin , 5 id. jun.
3. Rimini. — Saint Julien d'Istrie, martyr. — 22 juin, 10 kal. jul.
4. Nicomédie. — Saint Julien et ses compagnons , martyrs. — 16 mars, 17 kal. m.
5. Césarée. — Saint Julien de Carmille, confesseur. — 23 mars, 10 kal. apr.
6. Alcada de Henarez. — B. Julien , confesseur, de l'ordre des Frères mineurs. — 8 avril , G id. ap.
7. Alexandrie. — Saint Julien le Goutteux, martyr, du 30 octobre. — 17 février, 13 kal. mar.
8. Alexandrie. — SS. Julien, Cronion, Eum et Bêlas (Besas), martyrs, 250. — 27 février, 28 en bissextile, 3 kal. mar.
9. Tolède. — Saint Julien , évoque , 690. — Son décès, 6 mars, pridiè non. mar. — 8 mars, son inhumation.
10. Sore. — Saint Julien , martyr , II e siècle. — 27 janvier , G kal. feb.
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Une délibération du conseil de fabrique, en date du mois de septembre 1829, autorise le trésorier en exercice à vendre les arbres et pommiers du cimetière, estimés 120 fr., pour aider le paiement des dépenses à faire aux bancs de 1 église, évaluées la somme de 326 fr.
Cette délibération est ainsi motivée : c On a reconnu depuis longtemps que les bancs de l'église ne sont pas distribués d'une manière commode pour les personnes qui les occupent, que leurs sièges sont trop étroits, leurs dossiers et leurs accoudoirs mal disposés, et que la situation de ceux de la gauche n'est pas en rapport
11. Mans. — Saint Julien des Ménétriers, premier évoque du Mans, 294. — Du 9 janvier. — 27 janvier, 6 kal. feb.
12. Cuença (Espagne). — Saint Julien , évêque , 1207. — 28 janvier, 5 kal. feb.
13. Alexandrie. — Saint Julien, martyr. — 12 fév., pridié id. feb.