PREFACE
l*as un gouverneiuent qui ne frémisse, pas une nation, tùt-elle libre comme la Suisse, immense comme la lliissi(*, victorieuse et saoïVc <le gloire comme la Prusse, «}ui ne tremble au souvmir de la Onnuiune fie Paris, en
Il iiy a que nous qui nous fassions illusion sur la iictlure et la gravité du mal! Il n\ a que nous qui ajons ! esjit'Tanee de vivre après avoir tout- détruit : la tradiiioiK la famille, Dieu î II nous reste, il est vrai, les apparen"{ 5= trompeuses d'une brillante civilisation ; mais la vie iU' la France est atteinte dans ses sources mêmes, et nos voisins ont encore deyant eux l'avenir.
Serions-nous condamnés à périr?
O n'est pas la première fois qu'Epicure est dieu et I égoisiue un dogme.- « Le trouble et la confusion régnent .ianij tous les ordres de rKlèU,' >j écrivait le nuii*échai de Nouilles à Louis W, quelques années avant un grand de-astre. « On ne compte plus sur d'autres movens ])our pajveiiir que ceux de l'intrigue, de la c«ibale, de la faveur ou de la protection. Llamour de hirpatrie et du nom français est devenu un ridicule. Il s'<}st introduit une fausse philosophie qui conduit à la|nollesse, au hjxe et à l'indolence — Les choses sont Irrivées à tel
J. PIlKFACr-.
[t'iinl (jii'il est d une iiérrs^itc îibsiihm i\'\ aj»j»»rtc
plus [iromjits remètU's. >>
Le remède, tout le monde le sait aujourd'hui, l c'OU]i le prévovaient alors : c'était une révolution ! îinjuiird'liui, est-ce encore uiii! révolution qui doit sativer'f Faisant passer le pouxuir des mains de la ni à celles de i'<mvrier, et j-établissunt bientôt en favei la nouvelle puissaûcclcs prisiléfies abolis de l'anci noblesse, ^ette révolution deviendrait le principe cause de nou\clles calastropiies. Lne crise, il e^t jiçut sauver dans un péril evtrcnie, mais quan< crises se niulliplicul, elles amènent inlaîlliblemeni piiisemeut et Ja miu't.
Le salut n nu s viendra-t-il d'un homme de génie |tablc di'leindre les liaines et les passions? Mais l parte fut un sativeur au 18 brumaire ; Louis XVII libérateur en 1814; on acclamait Louis-Philipp 1830; et la C.onstituanle de 1848 vola des renu luents à Cavaifrnac, le vainqueur des insurgés de J on se rappelle l'accueil qui l'ut fait à Lonis-.Napoléo iHh'Z. Serail-i! possible aujourd'hui de se faire illi sur tous ces prétciulus' sauveurs? Qui ne sait dans ( abiines ils préeipilrut pres([ue toujours les société se liviTiit à cuxV
Le salut ne viendra pas davantage dune forme vonipie de gnu\ciiieineut. Hepuis quatre-vingt'aus, avons déjà rcn\erRé onze gouvernements et créé vingtanie de conslitutiiins. Nous pourrons renvers créer sans terme it sans repos ; nous aurons les m maux, aussi longtemps que nqns aurons le même pe ce peuple maléiialiste et athée qui. depuis cinq ""'' '■■'""■' '^nl^ndrc leB folies de Fourier et de i
PîîKFACK. \\\
Sijiolï- Ci' p'.MijiIe ([ui, h'wv nimw, s<* le\:i!l tout entii^j* pour applaiiilir anv J)lai^an!( rios so<iaIt*s di- RoclH^ffirt et aux d<*rn<^nris p«)lih(|ues de Vi<*tor Hugo. Les di\ers i£<»u\ern*rnoTits r[ui s(* sont siu-.ôdé j)ai'mi nous ont louit;iirs fermé les veux à eette \érité ; ils n'ont pas vu qu en flattant le peuple, en permetlimt toutes l(\s fausses ♦J'Xlrines, en làehant la brûle à tous les niau\ais instinets, ils préparaient une suite indéfinie do révolutions. On ài^ ménage de terrildes déboires, si on ne regarde pas au fond de la eonseienee pul)liijue pour \ introduire un j'î fjiéde radical. C'est le pcujïle plutôt que les «^ouvernenu^nls qu'il faut eliani!» r, car l'ordre ne sera jamais qu'apparent et l'hoimételé superfieielle, la paix ne sera jamais asbiirée, tant que 1 esprit et les mœurs ne seront pas renouvelés. Sans nier les fautes des i:ou\ernements, on peut mémo din* qu'ils ont moins failli en abusant de leur principe qu'en s emparant des erreurs mêmes de la la nation.
Mais il n'y a que Dieu qui i)uisse refaire un peuple, j^^rce que seul il est le maître de la vie et de la mort, seul il nlt^xe du fond de labime l^s nations quila faîtes fjnérissables. Revenir à Dieu, à son Christ, est pour la France le seul moyen de salut qui lui soit offert, c'est le .seul moyen qui puisse la replacer au poste, qu'à titre de nation chrétienne, Dieu lui avait assigné ►dans le monde.
Les peuples comme les individus ont reyu de Dieu une mission ; et cette mission, observe un publiciste iUdien, eoirnoence à poindre avec le peuj)le lui-même, elle naît a\ec lui : c est l'étoile qui brille au-dessus de son berceau. Ainsi en fiit-il de la France. Vno prière, un serment avaient fondé la nati(m des Francs sur le champ
IV i'KÉFACK.
de batai-lle de Tolbiac, et la fillo aînée de FEirlise fui choisie de Dieu pour être employée aux grandes industries de son amour et aux œuvres do sa gloire.
Et tant qu*il fut fidèle à sa mission, ce royaume que Grotius appellait le plus beau après le rtnaume ihs cieux, ' le royaume de France grandit en prospérité et en puissance. Les guerriers de Clovia avaient dit vrai : Le Christ aime les Francs !
Mais lorsque se sont levés les apôtres du matérialisme^ et les maîtres de la philosophie contemporaine, répétant à la grande nation chrétienne ce qu'autrefois saint Kemy avait dit aux tribus païennes :* « Adore ce que tu as brûlé, et brûle ce que tu as adoré » ; quand la grande nation chrétienne, les croyant, eut renoncé à sa vocation, abjuré sa foi, abandonné le Christ, le Christ aussi I abandonna. La France a été trahie, battue, envahie, dé membrée ; trois fois, en un demi-siècle, les étrangers ont campé dans l'orgueilleux Paris. La France des rois très chrétiens fut-elle jamais soumise à de pareilles humiliations ?
Nous avions cependant des hommes d'Etat, des armées, des trésors, un commerce florissant, une civilisation opulente. C'était, pensions-nous, autant d'inexpugnables remparts derrière lesquels nous nous abritions pour jouir et blasphémer à l'aise. En quelques jours, que de déceptions et de ruines amoncelées! Quels ini-. menses péfils et quelles poignantes angoisses! Les ennemis qu'avait provoqués notre orgueil étaient encore là foulant notre sol, nous écrasant de leur pied, nous montrant le glaive, que les enfants de l'adultère s'étaient levés terribles, sauvages. Après avoir mis notre espérance dans la force, nous Tavons mise dans T habileté