PRÉFACE. V
politique; nous avons oublié les principes qu'il fallait proclamer, et il nous a paru sage de ne rien demander à Dieu. Alors Dieu a parlé comme il parlait Jadis aux villes coupables : par le feu. Sa justice a passé sur nous comme une tempête, renversant toutes nos prospérités, humiliant toutes nos grandeurs, creusant des abîmes, accumulant les ruines, jetant partout la stupeur et Teffroi; qui pourrait le méconnaître? Ces événements ne soDt»ils pas en dehors des proportions humaines? Leur grandeur, leur soudaineté, leur irrésistible puissance ne révèlent-elles pas le Dieu infiniment fort contre qui il n'y a ni prudence, ni conseil?
L'aateur inspiré du livre des Machahées disait, à Toccasioa des désastres dont une guerre impie accablait depuis longtemps le peuple juif :
« Je conjure ceux qui liront cette histoire , de ne point s'étonner et se scandaliser de nos malheurs, mais de considérer que c'est pour son amendement et non pour sa ruine que ces malheurs sont arrivés à notre nation. Que Dieu ne permette pas aux pécheurs de suivre tou jours leur volonté perverse, mais qu'il ne tarde pas à les punir, c'est la marque d'une grande bonté. Ainsi en est-il pour nous. Quant aux autres nations, Dieu attend avec patience; il diffère leur punition jusqu'à ce qu'elles aient comblé la mesure de leurs iniquités, et ce n'est qa^au dernier jour qu'il fait éclater sa justice. Pour nous, au contraire, il n'attend pas pour sévir que nous ayons mis le comble à nos péchés. Ainsi, il ne retire jamais de nous sa miséricorde, en châtiant son peuple par l'adversité, et il ne l'abandonne pas. »
Telle est manifestement la conduite de Dieu envers la France. Les fléaux qu'il déchaîne sur elle sont une