Aujourd'hui curé de Saiat-Gervais
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n^ré dans l'intérieur de l'édifice, à travers Tépaisseur des murs; mais ici encore, les derniers malheurs ont âté épai^ gTiés.
D'où vient cette différence avec les monceaux de cendres et de ruines entassés aujourd'hui sur le lieu où se dressait naguère le palais des Tuileries? C'en est fait pour jamais de la fière demeure des rois, tandis que s'élèvent encore dans Paris toutes les demeures du Roi des rois ! C'est que là étaient montés vers Dieu les accents du repentir de la France ; la, des prières suppliantes répondaient aux blasphèmes du dehors ; 1&, des Âmes pures expiaient les orgies d'un peuple en déKre; de là partaient vers les saints tabernacles des cris de miséricorde et d'amour. Et le Christ a ténu à prouver cette fois encore qu'il est toujours, dans le temps même qu'il châtie, le Dieu bon, clément et miséricordieux.
Sachons donc tirer un enseignement de ces faits. Quand passe le flot destructeur des passions humaines, quand tout disparaît dans le feu dévorant des utopies athées^ la croix reste debout pour indiquer aux sociétés tombées qu'elles ne peuvent réparer leurs ruines qu'à son ombre.
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Lorsque se répandit la nouvelle des incendies de Paris, il n'y eut en France qu'un long cri d'horreur. Mais l'historien ne doit pas se borner à raconter et à flétrir le crime des misérables qui ont voulu effacer jusqu^aux souvenirs de notre passé et de notre gloire ; il doit remonter au point de départ, à Torigine de cet épouvantable désastre*
Depuis qu'il avait vu tous les princes et les rois de l'Europe venir contempler ses merveilles, Paris se regardait comme la capitale du monde* Il Tétait en efl'et, mais de ce monde hostile à Jésus-Clhrist et maudit par lui. Que lui importait Dieu ? Les églises comme les théâtres n'étedent pour lui qu'une parure dont il tirait vanité, sans nul soaci de la gloire du Maître. Si quelques âmes d'élite poussaient vers le ciel le cri d'un cœur attristé^ il était étouffé au milieu
des blasphèmes bruyants d'une multitude sans pudeur et sans frein : plus de repos du dimanche ; absence de tout culte extérieur pour le grand nombre ; dévergondage cynique dans les théâtres, dans les lieux publics, même dans les conversations; libertinage effronté; mépris insultant et railleur des choses les plus respectables. Enfin de cette source féconde pour l'empoisonnement, sortaient chaque jour par milliers des feuilles saturées de licence et d'impiété.
Mais ce n^est pas en vain qu'on bannit Dieu d'une cité, qu'on lui refuse les honneurs auxquels il a droit : il se détourne à son tour, et quand Dieu se détourne, c'est le trouble et la confusion. Il aurait pu se venger avec éclat et user de son tonnerre; il lui a suffi d'abandonner Paris à la Révolu* tion, et pour s'être trop identifiée avec elle, cette malheureuse capitale est couverte aujourd'hui de ruines fumantes et ensanglantées.
En face de cetle grande leçon, les Parisiens sauront-ils comprendre? se rendront-ils, maintenant que les malheurs de leur ville parlent encore aux yeux en même temps qu'à l'entendement? Hélas 1 si, aveugles volontaires nous nous obstinons à ne pas voir, à quoi devons-nous nous attendre? Et quel châtiment pourra nous amener à confesser que Tabandon de Dieu est une source inépuisable de maux et d'amertumes? Paudra-t-il que la Révolution s'attaque directement à chacun de nous et que la destruction arrive jus- .qu'à nos propres -demeures ?
Mais il faut bien le dire, Paris n'est pas le seul coupable dans les malheurs de notre temps. 11 est bien vrai que les idées révolutionnaires, les usages païens se répandent de Paris dans toute la France, comme les eaux fétides d'un grand égout collecteur qui, grossies par des pluies trop abondantes, se précipitent à travers les plus belles campagnes où elles portent la corruption et la mort. Toutefois, si vous parcourez la liste sinistre de ces héros de l'assassinat et de la destruction enfantés par le satanisme révolutionnaire, vous verrez que non-seulement la majorité est étrangère à Paris, mais encore que certains noms accusent une origine étrangère à la France. Si la province voulait se
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doni^er le droit d'imputer exclusivement à la capitale tous nos désastres, elle devrait conserver dans son sein ces hommes perdus d'honneur, perdus par des désordres ou des crimes dont ils portent chez eux la* honte à découvert et qu'ils viennent cacher à Paris. Que les départements gardent toutes ces vies désorganisées par la passion du jeu ou l'immoralité, chassées vers nous par l'opinion publique qu'elles ont irritée, par les intérêts privés qu'elles ont lésés dans des affaires conduites ou sans probité ou sans intelligence !
N'est-ce pas de la province que viennent tous les ans ces nuées de jeunes- gens qui sont mécontents d'eux-mêmes parce qu'ils ont trahi leurs devoirs et leur conscience? Ces existences turbulentes, inquiètes, irritées de ne pouvoir arriver à la fortune en quelques mois et sans travail, la cherchent par tous les moyens, la demandent à toutes les tentations.
Si vous consultez l'histoire des révolutions parisiennes, elle vous montrera au jour de l'émeute une armée de demisavants^ de petits sophistes, ergoteurs ineptes, qu'on a trouvés sur tous les chemins de la France, dans toutes les réunions malsaines, qui n'apportent pour appoint à la vie morale et sociale de la grande cité que les ruines de leurs croyances religieuses et la haine de ce qui gêne leurs plaisirs. L'autorité est leur ennemie parce qu'elle s'oppose aux désordres pouvant troubler la paix publique, et sur lesquels ils sont obligés de compter pour se créer une fortune ou un succès. Ainsi, n'aimant pas le travail, sacrifiant tous les principes aux nécessités de l'heure présente, maudissant la religion et les prêtres, parce que la religion les importune par la voix des prêtres, à bout de ressources, ils font appel à la brutalité de la force ; ils déclarent la guerre à Dieu et aux hommes, ils brûlent l'autel et la cité.
Quelques réformateurs aveugles, trop enclins à confondre la décentralisation politique, qui serait une chose mortelle • pour la France, avec la décentralisation administrative, que nous appelons de tous nos vœux, ont témoigné pour Paris un sentiment de basse jalousie exploité depuis la Commune.
Pour préTenir les trop fréquentes révolutions dont œtte' tîUc est le théAtre, ils sont allés Jusqu'à proposer de la décapita- Hser. Mais « si le prince est A l'Etat ce que la tète est au corps humain (chose dont on ne peut pas douter] on peut dire que la ville capitale de cet État est ce que le cœui* est & ee même corps ; or le cœur est conservé comme le premier organe vivairt et le dernier mourant, le principe de la vit, la source et le siég6 de la chaleur naturelle^ qui de là se ré* pand dans toutes les autres parties du corps qu'eHe amiAe et qu'elle soutient jusqu'à ce qu'il ait totalement cessé de vivre *. »
Il est remarquable que les idées de Vauban sur Paris ont été celles des hommes les plus illustres de fo Révolution, qui, venus pour la plupart du fond de la province, ont abjuré leurs préjugés dans l'intérêt de la patrie.
et C'est le vrai cœur du royaume, poursuit Vauban, la mère commune des Français et l'abrégé de la France, par qui tous les peuples de ce grand État subsistent, et de qui le royaume ne saurait se passer sans déchoir considérablement de sa grandeur. » •
Son patriotisme se révolte à l'idée qu'une pareille ville est exposée à tomber entre les mains de l'ennemi.
<c II est & présumer que tant qu'elle subsistera dans la splendeur où elle est, il n'arrivera rien de si fâcheux au royaume dont il ne puisse se relever par les puissants secours qu'elle peut lui donner. Considération très-juste et qui fait que l'on ne peut trop avoir d'égards pour elle, ni trop prendre de précautions pour la conserver; d'autant plus que si l'ennemi avait forcé nos frontières, battu et dissipé nos armées, et enfin pénétré au dedans du royaume, ce qui est très-difficile, je l'avoue, mais non pas impossible, il ne fit tous les efforts pour se rendre maître de cette capitale, ou du moins pour la ruiner de fond en comble. »
La Providence et les faute#des hommes n'ont pas permis que Paris délivrât la France des armées allemandes, mais avec Strasbourg, Metz, Belfort il a contribué à sauver notre