‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 149 sur 178 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

les fleuves du sang de Thomme, fait descendre sur la terre les malédictions du ciel et poussé parfois la nature, oublieuse de Dieu, à appeler la mort au secours de Topprimé.

Que ceux donc qui souffrent et qui travaillent se souviennent de cette vérité : la violence ne fait que constater Fabsence du droit. Qu'ils cherchent leurs véritables droits, non dans leurs passions, mais dans leur conscience, où est gravé le sentiment du juste et celui de leur dignité. En découvrant le droit véritable dans toute sa beauté essentielle, dans toute sa force et sa splendeur première, ils sentiront s'évanouir leurs ressentiments et leur colère ; ils comprendront que tout ce qu'il y a de juste dans leur cause doit triompher sans violence, et ils accepteront leur sort avec courage, pleins du sentiment de l'action personnelle que chaque individu doit exercer sur le sien.

Que les hommes d'État, les manufacturiers, les industriels s'inspirent à leur tour des maximes chrétiennes. Qu'ils emploient leurs eff'orts à faire cesser les plaintes des travailleurs en satisfaisant à ce que leurs demandes ont de légitime. En même temps qu'ils rempliront un devoir, ils mettront fin aux jalousies des différentes classes,' aux révolutions périodiques qui n'ont jamais fait qu'affaiblir la France et multiplier les haines au lieu de les calmer. Ayant à pourvoir journellement à ses besoins et à ceux de sa famille, et préférant un gain sûr et nécessaire aux aventures qui le réduisent à la misère et ne lui laissent pour l'avenir qu'une vague espérance; ennemi, par conséquent, des rêves, des révolutions socialed autant que des bouleversements politiques, de tout ce qui est le peut-être; moins exigeant qu'on ne le croit, mais plutôt entraîné à la violence par l'ambition de ceux qui spéculent sur l'égoïsme des grands et le malheur des petits; bon, patient, prudent par caractère, par habitude, par besoin peufr-étre, Touvrier, croyez-le bien, s'apaisera, lorsqu'il verra s'intéressant à son bonheur le maître qu'il regarde maintenant avec défiance : alors le capital et le travail seront réconciliés, l'abîme sera comblé et la paix renaîtra dans la société.

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