I. ORIGINES £T DEBUTS
dans le mot qu'un point de départ pour commettre leurs empiétements politiques, qui avaient déjà amené Téloignement de deux cent mille citoyens, Tévanouissement du capital, la suppression des affaires, la fermeture de quinze cents usines et fabriques, la paralysie du commerce, l'apparition de la misère à toutes les portes, les transes ou les larmes dans cinq cent mille familles, et qui devaient aboutir à l'incendie de la capitale. Malheureusement rien ne put faire obstacle à leur projet, ni l'intervention des maires, ni la courageuse attitude de la presse.
La retraite de M. Thiers et de ses ministres ne laissait dans Paris d'autre autorité légale que celle des maires; c'était un devoir pour les magistrats municipaux de se constituer en une sorte de gouvernement localisé dans la grande ville. Le IS, dans la journée, ils essayèrent de se réunir, avec quelques représentants de la Seine, à la mairie du troisième arrondissement ; mais, faute d'avoir été prévenus, un bien petit nomI)re de maires et de députés s'y rendirent. On s'ajourna pour le soir, à six heures, à la mairie du deuxième arrondissement, rue de la Banque. Cette fois l'assemblée fut nombreuse. Elle se composait de trois éléments distincts et peu faits pour s'accorder. Un certain nombre de membres étaient absolument avec la Commune ; d'autres, une dizaine environ, absolument contre la Commune. Puis il y avait un intermédiaire très-nombreux qui était près de la Commune et lui servait d'auxiliaire^ Il croyait qu'il fallait s'entendre avec le Comité central bien plutôt qu'avec le Gouvernement de Versailles *.
Ils passèrent la nuit en délibération. M. Jules Favre a dit : « Peut-être auraient-ils pu, comme le leur conseillaient quelques citoyens hardis, devenir les maîtres du mouvement en se rendant à l'Hôtel de ville. » Mais c'est bien peu connaître l'audace et les visées du Comité central que de penser que ses émissaires n'auraient pas osé le leur disputer. Quoi qu'il en soit, les allées et les venues se multipliaient, les