I. ORIGINES ET DÉBUTS
nir SUT ce qui avait été décidé dans Taprës-midi ^ et maintînt rengagement pris pour le 30. La discussion fut vive. M. Vautrain traita les délégués du Comité de « misérables et de fourbes parlant de liberté et n'entendant agir que par l'oppression ». Le maire du dixième arrondissement, M. Dubail, dit à ceux qu'il croyait favorables au parti de l'insurrection: « Si vous êtes ici pour résister avec nous, c'est bien; mais si non, il faut partir ». Le principe de la ^résistance triomphait. Malheureusement ce langage si ferme ne représentait que l'opinion d'un certain nombre de maires; le parti de la faiblesse devait l'emporter le lendemain et entraîner H. Vautrain lui-même.
Le 25, à onze heures du matin, les députés de Paris, de retour de Yersailles, venaient d'arriver à la réunion des maires, lorsque Rouvier et Arnold entrèrent dans la salle des délibérations. On reprit la discussion au point où elle était la veille : « Youlez-vous, disaient les délégués du Comité, convoquer les électeurs pour le jour que nous avons choisi? Nous vous rendrons vos mairies et les élections seront faites par vos soins. Dans le cas contraire, nous nous passerons de vous. » L'heure était solennelle; on sentait que cette conférence était la dernière et que le sang ne tarderait pas à couler. Les maires du parti de la* résistance étaient prêts à se retirer plutôt que d'accepter la transaction proposée. A ce moment, entrent MM. Clemenceau et Floquet; ils disent qu'ils arrivent de Versailles et que, dans les couloirs de l'Assemblée, il était question de proclamer le duc d'Aumale lieutenantgénéral du royaume. Alors, sur ce bruit faux semé perfidement pour irriter leurs consciences républicaines, les maires se jettent sur les plumes et signent le fatal compromis. En voici le texte officiel, tel qu'il fut signé par six représentants de la Seine, sept maires et trente-deux adjoints de Paris, et, à leur suite, par les deux délégués du Comité cen- Iral.
« Les députés de Paris, les maires et les adjoints élus, réintégrés dans les mairies de leurs arrondissements, et les membres du Comité central fédéral de la garde nationale, convaincus que le seul -moyen d'éviter la guerre civile, l'ef-
fusion de sang à Paris, et en même temps d'affermir la République, est de procéder à des élections immédiates, convoquent pour aujourd'hui, dimanche, tous les citoyens dans les collèges électoraux. — Les bureaux seront ouverts à huit heures du matin et seront fermés à minuit. — Les habitants de Paris comprendront que dans les circonstances actuelles, le patriotisme les oblige à venir tous voter, afin que les élections aient le caractère sérieux qui, seul, peut assurer la paix dans -la cité. Yiv^ la République! »
L'usurpation était consommée, du consentement de ceux qui avaient été les derniers représentants du droit. Quoique extrêmement favorable aux visées du Comité, ce texte ne le satisfit pas cependant, il crut devoir l'altérer. La proclamation, affichée par ses ordres, portait : « Le Comité central de la garde nationale auquel se sont ralliés les députés de Paris, les maires et adjoints.... » et elle était signée par le Comité tout entier. De sorte que c'était le Comité insurrectionnel qui convoquait les électeurs, et non plus les maires et les députés de Paris. Il se permit môme d'ajouter sur l'affiche, ainsi falsifiée, les signatures de plusieurs magistrats municipaux qui n'avaient pas souscrit le compromis. L'acte original était intitulé :
Seul texte authentiqua de la convention signée entre les ^na^reSy adjoints y représentants de la Seine présents à la séance^ et MM. Rouvier et G. Arnold^ délégués du Comité central.
Il était signé :
Les maires et adjoints de Paris :
Varrond. Adolphe Adam, Méline, adjoints.
2« — Emile Brelay, Loiseau-Pinson, adjoints.
3« — Bonvalet, maire; Charles Murât, adjoint.
4* — Vautrain, maire ; de Chàtillon, Loiseau, adjoints.
5» — Jourdan, Collin, adjoints
6* — A. Leroy, adjoint.
9» — Desmarest, maire ; E. Ferry, André, Nast, adjoints.
10» — A. Murât, adjoint.
11* — J. Mottu, maire; Blanchon, Poirier, Tolain, adjoints.