‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 63 sur 178 · INSIGNES ET DRAPEAU · texte numérisé non relu

INSIGNES ET DRAPEAU

Habileté du Comité central. — Ses procédés électoraux. — Conseil qui résulte de ce vote. — La nouvelle municipalité proclamée, le 28, sur la place de THÔtel de Tille. — Description de la parade extérieure rapprochée de ce qui se passait ce Jour-là même à Tintérieur de THÔtel de ville. — Première séance de la Commune. — Discours d^ouverture. — On tronçonne l'assemblée communale en comités. — Dénomination des différentes commissions. — Démission de plusieurs membres. — Élections complémentaires. — Insignes des membres du Comité central et de la Commune. ^ Leur indemnité. — Drapeau de la Commune.

Le Ciomité avait décidé que les élections communales seraient faites le 26 mars. Il l'annonçait, le 25, à la ville de Paris. Cette mesure, désintéressée en apparence, était seulement habile. Elle répondait à une attente presque générale et semblait manifester le respect des membres du Comité pour le vœu des populations, pour la légalité, et leur ferme intention de se retirer bientôt devant les élus du suffrage universel.

Remarquons, toutefois, dans quelles conditions inouïes, sans parler du désordre de la situation générale, la population parisienne se trouva appelée à élire ses quatrevingt-quatorze conseillers. On a souvent jeté* à la face de l'empire ses procédés électoraux ; mais, jamais il n'en a employé d'aussi scandaleux que ceux dont usa le Comité dans le

vote du 26 mars et dans la validation des élections. On ne peut pousser plus loin ce mépris de la légalit4 qui rendit dans la suite tous les attentats possibles. Tout d'abord la précipitation même du vote Ta rendu illusoire. C'est le samedi, à midi, que Paris apprit qu'il devait voter le lendemain matin : nulle entente n'était possible sur les candidats, le temps manquait pour l'Afflchage des professions de foi. Ce n'était plus qu'une affreuse loterie, excepté pour les chefs du mouvement, qui avaient disposé les lots de manière à tirer à coup sûr. La candidature officielle s'est épanouie dans toute sa gloire par ce beau jour de dimanche. Les divers souscon^ités avaient fait afficher leurs listes de candidats à la porte des mairies; l'élection marchait à la baguette, sauf dans trois ou quatre sections. Par une manœuvre indigne, le Comité directeur fit placarder le jour même du vote la nouvelle, qu'il savait fausse depuis la veille, d'une insurrection à Lyon. En même temps, de nombreux canons et mitrailleuses furent braqués sur divers points et chargés jusqu'à la gueule contre des ennemis imaginaires de la paix publique. En temps ordinaire, ces diverses circonstances eussent été invoquées comme des cas de nullité. Mais ce jour-là, il ne fut déposé à aucune mairie de protestation écrite, sauf à la mairie du X' arrondissement.

Nous passons sur ces irrégularités, et même sur ce point qui eût entraîné, sous un autre gouvernement, des annulations formelles : le Comité, adoptant les dispositions électorales de la loi de 1849, avait décrété qu'un huitième des électeurs inscrits donnait une majorilé suffisante; il admit cependant tous ceux de ses candidats qui étaient nécessaires pour former son nombre municipal, quoiqu'une partie n'eût pas le huitième exigé. Mais nous ne pouvons nous empêcher de faire remarquer que ce vote a toujours été nul et de toute nuUité, à cause de son origine. Il provenait du sang versé par l'assassinat, il ne pouvait enfanter que la violence et le crime. Toutefois, aux yeux de la majorité des habitants qui voyaient entrer aux mairies et sortir librement les électeurs, cette sacrilège comédie se revêtait d'un caractère légal. Délaissés parles uns, terrifiés par les autres,

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