I. ORIGINES ET DÉBUTS
blique de 1871 est un Iravailleur qui a surtout besoin de Ii«bertc pour féconder la paix.
« Paix et travail ! Voilà notre avenir ! Voilà la certitude de Dolre revanche et de notre régénération sociale, et, ainsi comprise, la République peut encore faire de la France le soutien des faibles , la protectrice des travailleurs , Tespérance des opprimés dans le monde et le fondement de la République universelle.
« L'affiranchissement de la Commune est doncj'e le répète, l'affranchissement de la République elle-même; chacun des groupes sociaux va retrouver sa pleine indépendance et sa complète liberté d'action.
a La Commune s'occupera de ce qui est local.
« Le département s'occupera de ce qui est régional.
« I^ Gouvernement s'occupera de ce qui est national.
« Et disons-le hautement : la Commune que nous fondons sera la Commune modèle. Qui dit travail, dit ordre, économie, honnêteté, contrôle sévère, et ce n'est pas dans la Commune républicaine que Paris trouvera des fraudes de quatre cents millions.
« De son côté, ainsi réduit de moitié, le Gouvernement ne pourra plus être que le mandataire du suffrage universel et le gardien de la République.
« Voilà, à mon avis, citoyens, la route à suivre ; entrez-y hardiment et résolument. Ne dépassons pas cette limite fixée par notre programme, et le pays et le gouvernement seront heureux et fiers d'applaudir à cette révolution si grande et si simple, et qui sera la plus féconde révolution de notre histoire.
« Pour moi, citoyens, je regarde comme le plus beau jour de ma vie d'avoir pu assister à cette grande journée, qui est pour nous la journée du salut. Mon âge ne me permettra pas de prendre part à vos travaux comme membre de la Commune de Paris; mes forces trahiraient trop souvent mon courage, et vous avez besoin de vigoureux athlètes. Dans l'intérêt de la propagande, je serai donc obligé de donner ma démission ; mais soyez sûrs qu'à côté de vous, comme loin de vous, je saurai, dans la mesure de mes
forces, vous continuer mon concours le plus dévoué, et servir comme vous la sainte cause du travail et de la République.
« Vive la République ! Vive la Commune! » Ses collègues applaudirent à outrance, mais le sourire aux lèvres. « Vieil as de pique », murmurait, à vingt pas de lui, un ex-romantique; « oui, nous voulons un conseil municipal, mais avec ses annexes et 4épendances. » Le septuagénaire s'aperçut bientôt qu'on l'avait cajolé, et parla de se démettre. Mais on le supplia de rester; les membres de l'assemblée tenaient à conserver une sorte d'enseigne à leur sénat qui ne se composait guère que de foufi furieux. On lui promit de s'occuper d'attributions municipales, et M. Beslay se laissa persuader ; mais, pour se délivrer de ses remontrances incommodes, on le délégua à la banque de France. Heureuse idée, puisque, grâce à elle, l'honnête vieillard pui empêcher le vol à main armée des lingots en réserve et l'incendie par le pétrole de ce grand établissement financier.
Outre le président, il y avait au bureau de l'assemblée communale deux secrétaires et deux assesseurs. Raoul Rigault et Ferré furent les premiers secrétaires de la Commune; Bergeret et Du val les premiers assesseurs. Pour que chacun des membres arrivât à présider à son tour, il était admis que le président et ses assesseurs tirés au sort changeraient à chaque séance. Quand l'assemblée fut ainsi constituée, le citoyen Eudes demanda, uniquement pour la forme, de donner au nouveau conseil municipal le nom de Commune de Paris, dénomination qui fut votée par acclamation. Puis, il déclara que les membres du Comité central avaient bien mérité, non-seulement de Paris, mais de la France et de la République universelle. Et certes, c'était justice.
Nous avons vu le Comité central multiplier à l'infini certains faits qui avaient pour but et- pour résultat de renou-