‹ Histoire de la Commune de ParisChapitre 4 sur 15 · LA JOURNÉE DU 18 MARS · texte numérisé non relu

LA JOURNÉE DU 18 MARS

La garde nationale, poussée à bout, abreuvée de dégoût, voyant la patrie livrée à l'étranger malgré tous ses efforts, sa bonne volonté et son héroïsme ; la République trahie, abandonnée aux mains de ses plus cruels ennemis ; les royalistes et la réaction faisant chaque jour de rapides progrès, résolut de sauver au moins la République, puisqu'il lui était impossible d'assurer l'indépendance de la France et l'intégrité de son territoire.

Elle prit alors la détermination de s'organiser d'une façon indépendante du gouvernement, de ne relever et de ne dépendre que d'elle-même.

C'est cette résolution qui lui inspira l'idée de la formation de son Comité Central provisoire, chargé lui-même d^ l'organisation du Comité définitif. C'est en effet ce qui eut lieu: chaque compagnie de la garde nationale élut deux délégués ; comme il y a douze compagnies par bataillons, chacun de ces derniers eut donc 24 délégués. Les délégués de tous les bataillons d'un arrondissement nommèrent les membres d'une commission d'initiative dite d'ar-

rondîssement, qui devaient s'entendre avec le Comité Central républicain.

Tous les délégués dans chaque arrondissement ont élu en outre quatre membres pour former le Comité Central de la garde nationale, qui est ainsi composé de quatre-vingts membres, puisqu'il y a vingt arrondissements daus Paris.

C'est en effet ce qui a eu lieu le vendredi, 10 mars, dans la réunion des délégués de 215 bataillons de la garde nationale qui a été tenue au Wauxhall, et à laquelle assistaient environ 5,000 délégués.

Cette organisation si simple et si puissante, puisqu'elle a déjà le concours et l'appui de 215 bataillons de la garde nationale sur 265, permettra à la garde nationale d'agir suivant les circonstances avec une promptitude, une énergie, ime décision, et une force qui défieront toutes les tentatives de la réaction pour renverser la République.

Le Comité Central de la garde nationale et le Comité de la Fédération républicaine opérèrent leur fusion quelques jours plus tard, et adoptèrent les statuts suivants :

" Fédération républicaine de la garde nationale.

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