De Clère, Les hommes de la Commune
toutes les incertitudes de sa politique*. Elle pastiche la grande révolution jusque dans son calendrier % mais, sans se soucier de rétablir la Terreur, ne proteste pas contre la destruction de la guillotine par le 137® bataillon^ Elle crée un Comité de salut public, mais ce sont ses délégués aux ministères qui font la besogne gouvernementale, traversée sans cesse par l'activité jalouse et désordonnée du Comité central. Elle est fédéraliste par la force des choses plutôt que par la volonté de réaliser les doctrines des socialistes conscients, elle est jacobine et autoritaire, centraliste, somme toute, par le désir de la majorité radicale, incapable d'utiliser pour une refonte sociale le bouleversement politique. Si l'on songe qu'avec ces divisions congénitales, avec la lourde besogne de réorganisation municipale et gouvernementale qu'elle dut assumer, elle eut encore à soutenir le poids d'une guerre de près de deux mois contre les troupes de Versailles, on sera sans doute amené à penser qu'elle eût pu faire peut-être mieux, mais au moins que ses efforts n'ont pas été tout à fait stériles.