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COMBATS DANS PARIS — MASSACRES — ARRES- TATIONS — CONDAMNATIONS

Ce que fut cette répression, la mémoire des contemporains se le rappelle avec horreur. Mais ils n'ont peut-être pas assez cherché à comprendre pourquoi les défenseurs de la Commune devaient exaspérer leur héroïsme jusqu'à l'exécution des otages et à l'incendie de Paris, pourquoi les troupes versaillaises devaient se ruer dans le massacre sauvage des insurgés.

Certains, comme le général Trochu, l'amiral Saisset, le policier Choppin, ont cru que les « communards » avaient été les agents conscients ou inconscients soit de la Prusse, soit du parti bonapartiste K D'autres ont mis sur le dos des « cosmopolites », accourus à la défense de la France d'abord, de la Commune ensuite, les mesures violentes de la

1. Enq., II, 31, 122 (Cf. Garcin, Enq., Il, 239). Contra, J. Favre, E. Picard, Claude, chef de la sûreté, Enq., II, 49, 58, 206.

semaine de mai* ; mais ces étrangers, Italiens garibaldiens ou Polonais exilés 2, ont été des soldats héroïques et disciplinés de l'insurrection, où ils voyaient une manifestation de leurs propres idées politiques et sociales et le moyen de satisfaire leur instinct obscur de dévouement^. D'autres enfin ont simplement assimilé les Parisiens révoltés à des criminels de droit commun ; la garde nationale aurait été remplie de malfaiteurs, 35.000 libérés, selon le général d'Aurelle^ de Paladines, et le colonel Montaigu, 12.000, selon Claude, chef de la Sûreté*, plus 8.000 venus de province et recrutés par les agents de la Commune en vue de l'émeute ; d'après Vacherot, Degouve-Denuncques ^, les officiers auraient possédé bien souvent des casiers judiciaires, et il était donc tout naturel que des troupes ainsi éduquées commissent les pires crimes.

1. De la Rochethulon, Enq., I, 404. Macé prétend que Cipriani avait le plan des hôtels particuliers à brûler {Enq., II, 222-222). La légion garibaldienne ne s'était cependant mise à la disposition du Comité central que u pour la défense de la République sociale » (^Enq , III, 219-260). Voy. dans Guerre des Communeux, d'après le Figaro, 331-333, une liste d'étrangers occupés par la Commune.

2. La Cecilia, A. Cipriani parmi les Italiens, Dombrowski, Wroblewski parmi les Polonais.

3. Dans ce dernier sens, cf. prince Czartoriski, Enq., III, 323-330.

4. Enq., II, 203 sq., 418. Cf. Garcin, Enq., Il, 236. D'après Adam, il faudrait réduire ce nombre à 4 ou 5 mille {Enq., III, 157).

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