P. y. C, 27 avril
tisme », et qui tomba, en présence d'une foule considérable*, le mardi 16 mai, l'annonce de la chute des statues équestres d'Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, le décret ordbnnant de raser la maison de Thiers, le «parricide», place Saint-Georges (11 mai) ^ ne pouvaient qu'habituer les combattants à l'irrespect sans signification des monuments sans vie.
Mais ces décrets de violence n'étaient que l'expression de passagères colères, copiant inutilement les gestes violents de jadis. Ils ne sont pas la preuve d'une action terroriste concertée et ne font pas trouver dans les exécutions et les incendies de la dernière semaine les aboutissants d'un plan délibéré ^. C'est à peine si, dans l'œuvre de la délégation scientifique,présidée parle docteur Parisel,on peut rencontrer les éléments épars d'un réquisitoire impossible^; que prouvent en effet ces
1. J. 0. C 17 mai. Cf. à ce sujet un ordre du maréchal de Mac-Mahon, 18 mai (Lanjalley et Gorriez, o. c, 504).
2. Arrêté du Comité de salut public, 21 floréal. Cf. l'arrêté de Fontaine, directeur des domaines, 25 floréal (/. 0. C, 16 mai). L'exécution fut immédiate, dirigée par Da Costa, sous la protection des « Vengeurs de la République ». On sait que Beslay prit prétexte de cette mesure pour donner sa démission.
3. L'existence de certaines pièces publiées dans l'^rt^., III, 173-177, évidemment très violentes, mais peut-être non authentiques, ne prouve rien pour l'ensemble de la Commune. Cf. aussi de Beaumont-Vassy, //. auth. de la C, 298-300.
4. Sur les attributions de la délégation scientifique, voy, une note du 22 avril (7. O. C., 23 avril), A propos
réquisitions de soufre, de phosphore, de pétrole, de sulfure de carbone, ces appels aux électriciens et aux mécaniciens \ sinon l'activité d'hommes cherchant à se défendre contre des ennemis inexorables par des engins de guerre puissants, mais qui ne comportaient pas nécessairement la destruction générale de Paris?
La préméditation, niable pour la Commune, est vraisemblable pour le gouvernement de Versailles, qui commença les hostilités. La France, disait-on, avait signé la paix par épuisement. Pourtant, en quelque temps, le ministre de la Guerre Le Flô réussissait à grouper 40.000 hommes S malgré les stipulations de la capitulation % puis, après avoir négocié avec le général prussien de Fabrice et avec Bismarck, 60.000, 80.000, 130.000 hommes enfin, munis de vivres, d'armes et de matériel de siège ^. A ces hommes on donna une éducation militaire parfaite ; on les isola à Satory « avec injonction de ne laisser aborder qui que ce fût », et de fusiller qui approcherait &; on les nourrit de viande, on fit
de la légende concernant les inventions atroces de la Commune, cf. le capitaine Gaillard, sur la « dent de serpent » [Enq., Il, 249).
\. J. O. C, 15, 16, 17, 18, 20 mai.