Contra, Mac-Mahon, Enq., II
joindre ceux des victimes tuées et incinérées en dehors de Paris, — en tout au moins 20.000*.
Ces 20.000 morts ne suffirent pas ; on fit 38.568 arrestations, dont 1.058 femmes et 651 enfants ^. Ces chiffres énormes s'expliquent par l'état de l'opinion publique, à la fois formée et exprimée par les journaux de la bourgeoisie, l'Indépendance française^ qui réclame « la mort pour ces infâmes », le Figaro^ « un coup de main pour en finir avec la vermine démocratique et internationale », le Moniteur universel^ « l'ëchafaud, afin ne pas même leur faire l'honneur de les fusiller » ; les feuilles boulevardières, avec H. Pessard, Th. Gautier, A. Dumas fils, sont cyniquement cruelles ; le critique F. Sarcey s'écrie :
« Des aliénés de cette espèce, et en si grand nombre, et s'entendant tous ensemble, constituent pour la société à laquelle ils appartiennent un si épouvantable danger, qu'il n'y a plus d'autre pénalité possible qu'une suppression radicale ^. o
Les brochures monarchistes et cléficales, pleines des inventions les plus stupides,
1. D'après Pelletan, on peut compter au moins 30,000 morts. Avec les Débats, il pense que près de 90.000 électeurs sont morts, prisonniers ou en fuite en juillet 1871.
2. Gaillard, Enq., II, 249, donne 31 ou 32.000, aussitôt après les événements.