‹ Histoire de la CommuneChapitre 21 sur 154 · Didier, dan» Enq., III · texte numérisé non relu

Didier, dan» Enq., III

adjoints, lui montrassent que les ouvriers parisiens refusaient de lui faire crédit comme le re^te de la population.

Celle-ci vit bientôt que le gouvernement était paralysé par une invincible mollesse. Peu confiant dans l'armée régulière démoralisée et dans la garde nationale trop ardente, Trochu continua de temporiser jusqu'au 19 janvier 1871, où une tentative de sortie échoua, malgré le courage de la garde. Acculée à la famine, mise en défiance, par ses orateurs et ses journaux, contre des .chefs sans énergie et un gouvernement sans programme, excitée par l'affiche rouge de Vallès et de Tridon (6 janvier), comme par les proclamations des modérés de l'Union républicaine ou des radicaux de l'Alliance républicaine, la population commença à s'agiter sérieusement, surtout dans les x®, xi% xiii®, xiv®, xviii®, xrx® et XX® arrondissements, où l'on cria <c Vive la Commune ! » et où l'on arbora le drapeau rouget Ce fut pis quand elle apprit que Trôchu, circonvenu par les maires, venait de démissionner de ses fonctions de gouverneur de Paris, tout en restant président du gouvernement, et qu'il était remplacé par le général bonapartiste Yinoy. La nuit du 21 janvier, des gardes nationaux des faubourgs vinrent à Mazas, délivrèrent Flou-

1. J. SiMow, 0. c, 432'8q. ; Da Costa, o.c, ÏII, 347 sq.; Flourbms, 0. c, 201-ÎJ08.

rens, et, avec lui, les prisonniers arrêtés après le 31 octobre, L. Maillet, Brunel, Bauer, etc., tandis que des réunions de militants agitaient les xiii®, xiv® et xviii" arrondissements, préparant une manifestation pour le lendemain. Le gouvernement cependant, prévenu du mouvement, faisait occuperv l'Hôtel-de-Ville par ses mobiles bretons, des marins et des gardes municipaux, sous le commandement de G. Chaudey. La proclamation du général Cl. Thomas, affichée le matin du 22, ne laissait aucun doute sur les intentions du gouvernement : il voulait « en finir avec cette criminelle entreprise ». Mais l'affaire était encore mal engagée ; TAlliance républicaine, qui aurait pu entraîner les bataillons modérés ou patriotes, inclinait à la conciliation et entravait l'action des bataillons révolutionnaires. Très franchement Ghaudey répondit à Tonj- Révillon, délégué par les manifestants, que le gouvernement refusait l'élection immédiate de la Commune. L'arrivée des 2:ardes nationaux des x% xiii® et xiv®, avec Sapia, Duval et Sérizier, fit évoluer vers la violence la manifestation jusque-là pacifique : quelques coups de feu partirent de la place; l'Hôtel-de-Ville riposta, vomit sa garnison qui, aidée des renforts que Chaudey avait réclamés à J. Ferry, balaya la place, où Sapia tomba mort, avec une cinquantaine d'autres. Le gouvernement, voulant faire la paix

avec rAllemagne, se croyait forcé de mater les opposants : le général Yinoy supprima 17 journaux avancés et interdit les clubs. Néanmoins, le 27 janvier encore, 300 officiers s'attroupèrent en criant à la trahison*. Le Gouvernement de la Défense, revenant sur ses intentions, intimidé par la résistance opiniâtre de l'opinion parisienne, ne se crut pas autorisé à faire la paix. C'est un simple armistice que J. Favre signa le 28 janvier avec Bismarck. Cet armistice, réduisant la force armée dans Paris à une division, sans compter la gendarmerie et la police, jetant le reste des troupes désarmées parmi les citoyens exaspérés, laissant ses fusils à la garde nationale, était gros de conséquences que ne prévoyaient ni la suffisance imprudente de J. Favre, ni le machiavélisme possible de Bismarck. Le 28 janvier, d'autre part, le Gouvernement de la Défense signait son abdication, rejetait Paris dans l'inconnu troublant, en convoquant les électeurs pour nommer une Assemblée nationale. Une tentative de Brunel et de Piazza, élus par 35 chefs de bataillon, le premier général en chef, le second chef d'état-major de la garde nationale, pour installer à l'Hôtel-de -Ville une dictature militaire, pouvait échouer, le 29 janvier, grâce au sang-froid de Cresson, qui les arrêta, et à l'habileté de Dorian, qui

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