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LE 18 MARS. — LE COMITÉ CENTRAL LES MAIRES ET L'ASSEMBLÉE

Le 26 février, Thiers et J. Favre signèrent, le 1" mars l'Assemblée ratifia* les préliminaires de la paix, qui, moyennant la restitution de Belfort à la France, accordait aux Prussiens, par une convention annexe, l'honneur de l'entrée dans Paris : les corps allemands, par groupes de 30.000 hommes, devaient se succéder dans la capitale à partir du 3 mars et occuper les Champs-Elysées.

^ Celte nouvelle, s'ajoutant à l'annonce de la nomination du général bonapartiste d'Aurelle de Paladines au commandement de la garde nationale, fut l'étincelle qui mit le feu aux

"^poudres.

La mine était prête depuis la fin de janvier. A cette date, en effet, i^emonte l'origine du

•^Comité central, centre commun des organi-

1. Par 546 voix contre 107 et 23 abstentions. C'est alors que démissionnèrent P. Pyat, Raric, Rochefort, B; Malon, refusant de siéger dans une « Assemblée qui avait livré deux provinces, démembré la France et l'uîné le payi »

salions locales créées un peu partout pour systématiser les énergies dispersées* : on avait alors essayé de grouper les gardes nationaux dans un but électoral, et l'on avait décidé une réunion nouvelle pour statuer sur les élections doubles dans la garde. Cette réunion eut lieu le 15 février : mais, à cette date, on songeait à grouper les forces parisiennes contre la réaction rurale, à fédérer les bataillons de la garde nationale autour du Comité, à remédier, par des distributions de secours et des remises de loyers^, à la situation embarrassée des ouvriers et des petits bourgeois. La commission des statuts travailla du 16 au20: elle était formée d'inconnus, étrangers aux coteries politiciennes, — Génotel, Alavoine, Manet, Frontier, Badois, Morterol, Mayer, Arnold, Piconel, Audoynaud, Soncial, Da Costa, Masson, Pé, Weber, Trouellet, Lagarde, Bouit et Courty, le président, — qui élaborèrent une constitution assez compli-

1. MoNTAiGU, Enq., II, 415 ; Choppin, 113. Antérieurement, dès le 16 septembre 1870, on peut constater l'existence d'un Comité central républicain de défense nationale des vingt arrondissements de Paris, qui avait ( pour but de surveiller la police, les /subsistances, la défense de Paris » (Affiche du 16 sept., Enq., I, 415- 417). De plus, depuis le 4 septembre, ont existé dans les compagnies des conseils de famille qui devaient gérer les caisses de secours (de Mortemart, II, 446) ; ces conseils n'ont pas tardé à vouloir se fédérer. Enfin, il ne faut pas oublier les comités d'armement qui ont collaboré à l'œuvre de groupement (ïirard, II, 335).

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