Séance du Conseil fédéral, 15 avril (/. 0. C.,1 mai
Au point de vue delà condition sociale, les membres de la Commune étaient également différents : à 25 ouvriers, dont 13 de l'Internationale, s'opposait une majorité de « petits bourgeois, employés, comptables, médecins, instituteurs, hommes de loi, publicistes * ». Les membres de l'Internationale seuls avaient une doctrine politique et sociale assez bien définie, encore qu'ils hésitassent entre le mutuellisme proudhonien et le collectivisme marxiste. Les autres membres de la Commune étaient divisés entre les conceptions politiques les plus diverses, allant du jacobinisme autoritaire ^ au fédéralisme girondin^, mélangeant les souvenirs de la Commune de 93 à ceux des communes bourgeoises du xii^ siècle ^. Cette incohérence même exprimait bien l'absence de doctrine sociale chez des hommes qui, dans l'agonie de l'Empire, s'étaient occupés avant tout de politique, et que leur origine bourgeoise devait nécessairement tourner contre leurs
I temporaires alliés prolétariens.
De là, la bizarrerie de la proclamation de la Commune aux citoyens^, qu^elle félicite î 1. LiSSAGARAT, 0. C, 170. ; 2. /. O. c. 29 mars, article de Longuet contre la République bourgeoise centraliste.
3, /. O. C, 26 et 27 mai (article sur la Commune de 1793).
4. J. O. C.,\l avril, article de Maréchal. 5. 7. O. C, 30 mars.
d'avoir repoussé un gouvernement qui voulait rétablir la royauté et à qui elle promet des décrets sur les loyers, les échéances, la réorganisation et la simplification des services, la réorganisation de la garde nationale. De là, Tabsence de tout programme défini d'action, en dehors des articles trop vagues et officieux de Longuet * ou de Vapereau ^ ; c'est en effet seulement le 19 avril que Vallès présenta à la Commune le texte rédigé par Delescluze et surtout par le proudhonien P. Denis 3, et ce texte n'avait qu'un sens théorique, exposant l'utilité de l'autonomie communale sans en définir la méthode, nul au point de vue social, nul au point de vue international; il fut cependant voté par la Commune dans sa séance du soir, presque sans débat^. D'ailleurs le corps municipal ne resta pas tel quel. Dès la première séance officielle (l*^*" avril), Beslay, qui présidait, après avoir expliqué avec une certaine naïveté le sens de la Commune, expression naturelle du fédéralisme nécessaire dans une République pacifique^, donna sa démission pour raison d'âge ; il ne devait pas la maintenir. Mais