IV
m - ntsTomk
ivreisse nanraient qn'up temps, etquele calme ou la fii** tîgae rafiièoeraiaot le Régeot loî*mèmeaa]i: réalU^ de la vie. I^s Jansénistes le laissaient se livrer aux empprt9« ments de $es désirs et ils marcbaienl sans détour à l'attaque contre la Société, de Jés«s. Ili aspiraient à U mfy^t afin de ^ trouver le$ directeurs de réducatîpu et d'io** culqiier i la jeunesse h venin de leurs sopliisiiies.Cpmmo U Parlement, IXIniversité ^rtît enfip d^ son sileiHîe; elle ^ugea à inettre à profit le désordre qui régnait daof le9 esprits pour solliciter des faveurs; ces fav^ps étaient tout naturellement dc9 entraves apportées aux maimof de la Compagnie. I^ Régent prête rpreill^ à ces vœu^ ; mais quand il en a saisi l'étçudue : « Pour a^ qui est des cglléges de Jésuites, je vepx que rien p'y soit cbwgé, »> réppnd-il. Ou lui propose de signer uo décret privant de tous lef grades académique^ eepx qui feront leur3 études spu^ les Pères de Tlnstituty il s'écrie : m Jamais, t^pt quç je gouvernerai la France, je ne permettrai que le collège de mon oncle subisse quelque changement. » Peu de jours après, il écrit au Père du Trévoux» afin de rassurer les Jésuites sur $es intentions et de leur recommander le jeune cbevalier d'Orléans ^ spn fils n9tureU qui suivait les cpiirs de Louis-le-Grapd.
Oh n'avait pu surprendre la bonne fai du R^ent , on espère que Ton aérait plun heureux çn Ini inspirant dps inquiétudes sur le pouvoir dont le§ Pères jouissaient
auprès de l'armée, Lemontey raconte ^insi l'événement • : H Dans cette çri^e les Jésuites ^e conduisirent en bomin'^'^ accoutumés aux orages. Ils dissimulèrent avec patienctç les injures de détail qu'ils eurent à essuyer, et attendirent un meilleur sort du temps > des fautes de leurs adversaires et du besoin qu'une régçnee cQrrpni|mè ne
DE LA ÇOMPAGNle DE JÉSUS. 481
tnànquepait pas d'avoir de leur flexible doctrine. Oar<* dant néanmoins la prudence pour eux seuls , ils ne lais* ièrent pas d'exciter en secret à diverses résolutions la eour de Jlome et les Evéques partisans de la bulle. Mais ee qui {leint admirablement ia politique vivace de bm Religksux « e'est qn ils tentèrent alors nae entreprise ii bàrdie et si profonde qpi'ils n'avaient osé la concevoir ail temps de leur plus haute prospérité. Ils imaginèrent de fonder dans les villes de garnison des congrégation^ d^ soldats I et les Jésuites auraient eu leur armée, si le 'Goiivemeoient rie se fût bâté de prévenir ce pieux em-* bauâbagfi et da soustraire la discipline ipilitaire ^ une si babUe corruption. »»
L'aiceusatiOn de congnégianiaer l'armée était beaucoup pltl$ nouv^Ui^ que le fait en tiai^nâme. En France , depilîs Henri II jusqu ^ Loui» XIV ; en Europe , depuis 1 ^%4 jusqu'à 1715, les Jésuites vivaient sous la tente du sQld^t; ils se trouvaient avec lui sur tons Ie& champs de l^taillç, l'animant d^ns la niélée, le consolaqt dans la 4éf^\tG , lui ouvrant les cieux à l'heure de la mort , et 4^vpnap]t una Providence pour les blessés. Ils lui a^^reorient à r^stpr lidèle à I>ieu , afin d'être plus fidèle à 4pn pays ^% ^ ^n Bot ; ils avaient formé une espèce ôe If^érjature milit^lire, ils y retraçaient les devoirs da açldat'. Pans le» steppes de la Pologne, dans les vfçnts^mfi d^ la Bohêmâf dans les plaines de PlaiiT dre W m fwd dG& plapfft de gucf^re de France , Ils av^ic^Qt ii9$(îti94 Am congrégations don( le Jansénisme
* Les Pères Edmond Au£;er, Possevin, Gra^t, Ândrada, François-Antoine, Henri MnIV^^^ Ptenil)9» éfi B)\90C, 'l'k^niAtf Sailli ont composé pour lés hommes de guerre des ouvragf^ où la piété es| piise à leur |)ortée. Les titres seiiU de ces livres révèlent leur biiC{ c'est le Maitre d'armes ^ le Soldat Chrétien ^ le Miroir des soldats , le Bon Soldat, jfyis pQftr iis soldats , le Affn^l f^ soldat ^t^rétipi , /« (fVfirHer chrétien , le Soldai glorieux et tes Instructions pour le soldat chrétien. Nous ne citons ici que les principaux.
Si.
prenait ombraf^e, comme si elles eussent été une nouveauré. Le Régent, dans ses campagnes, avait pu remar^ quer, comme le grand Condé et Tureone, que la piété du soldat devenait un aiguillon pour son courage et pour son obéissance; mais, croyant avoir encore besoin de ménager la réaction janséniste, il renvoya au conseil Taffaire. Dans la séance du 1 9 juillet 1 7 r6 ', les réunions^ de militaires présidées par un Jésuite sont interdites. T^s Pères obéirent sur-le-champ, et toutes leurs congrégations furent dissoutes. Ils s'étaient conformés sans aucune résistance aux ordres de Faulorité; les Jansénistes se plaignirent que cette déférence cachait^ un piège : ils persuadèrent au Régent que sa volonté était éludée. IjC maréchal de Villa rs se trouvait alors à la tête de l'administration de la guerre. Élève des Jésuites, soldat et général d'armée, il avait fait partie de ces pieuses assemblées. Le vainqueur de Denain n'était pas homme à déguiser sa pensée; à la leclure de semblables imputations, sa rude franchise ne peut se contenir, et il s'écrie : « Quels sont donc les téméraires qui osent avancer une imposture si palpable? J'ai entre mes mains les réponses des officiers généraux et des gouverneurs de places ; tous attestent que les ordres du Roi sont strictement remplis. » Puis tout à coup, s'adressant à ses collègues : « Pour moi, messieurs , je l'avoue, tant que j'ai été à la tête des armées ; je n'ai jamais vu de soldats plus actifs, plus prompts à exécuter mes ordres , plus intrépides que ceux qui appartenaient aux congrégations tant accusées aujourd'hui. »
I^ 20 novembre 1 7 1 5 , le cardinal de Noailles, afin de donner un gage de ses sentiments modérés, annule en partie l'interdit porté contre les Jésuites de son diocèse;
• Betjistrvs du Conseil de guerre tioiis Im Ri^gcncc.
il accorde des pouvoii*s à douze Pères , au nombre desquels on comptait de Lignières, du Trévoux ^ Gaillard, La Rue, Martineau et Tournemine; maïs bientôt de nouvelles susceptibilités de juridiction , alimentées et (p^ossies par les Jansénistes , font éclater de nouvelles ri* gueurs. Le Père Louis de La Ferté, fils du maréchal dece nom, était le parent et l'ami d'enfance de Noailles. Le Régent a choisi ce Jésuite pour prêcher TAvent de 1716 à la cour, qui Ta déjà entendu annoncer la parole de Dieu durant le dernier carême. Noailles n'a fait aucune opposition, car c'eût été empiéter sur la prérogative du cardinal de Rohan, grand-aumônier de France; mais il pressent que les amis des Jésuites, que les Jésuites eux-mêmes ne se résigneront pas toujours à ce rôle passif que le Jansénisme veut leur imposer. Sous main, il propose à Philippe d'Orléans de prendre un autre prédicateur; le Régent s'y refuse, et le prince de Rohan, frère du grand-aumônier, écrit, le 3i octobre, au Père de La Ferté, qui se désiste de son droit et ne veut pas être la cause d'un conflit : u Le duc d'Orléans m'a ordonné de vous porter l'ordre de venir demain prêcher devant le Roi, et un ordre répétée! appuyé devant madame la duchesse de Ventadour; en telle sorte que vos raisons particulières ne peuvent plus tenir contre le respect que vous devez au Roi et à S. A. R. » La Ferté paraît, le i*' novembre 1716, dans la chaire des Tuileries. Néanmoins, le jour même, il supplie le Régent de le dispenser de cet honneur; il lui déduit les motifs de son refus: le prince les approuve. Le cardinal de Noailles avait été vaincu dans la lutte engagée; dix jours après, il fulmine l'interdit contre tous les Jésuites de Paris, et nommément contre le Père de La Ferté, sans doute plus coupable que \eé autres , parce qu'il avait obéi aux
U«6 H^OIM
ordres du prinee. lie èbandalè fdiMit Im afiMirM ilu iûhsénUhte; on cdosëillé à kl rdtiité ftéisMé de NoaiHëd de {iretidre là vtfie la plos braydntè; f/ititet'dit est êi^oifié aux Pères par un huissier^ malgré Fusage de rofftbtallté; (les crieurs publics parisourent la ville en protlatfiattt dans les nies et sur les plates la sebtence at^chiépiiH eopale.
Ces procédés durent paraître étranges ; les .latiséiiistea se perdaient en faisant servir le pouvoir à des Vengeariices inutiles , et les excès contre la Société de Jésn^ de^ raient inévitablement réagir en sa faveur. Le jt^ug- du slansériisnie commençait à parattire bien ll>ard ; en^ établi! des ptrints. de camparëison / la balance peneba du e(Mé dé ceux que le cardinal de Noaitles poursuivait avee tam; de rigueur. Le Régent lui-même ne put câcfaer sort opi^ iiion, et^ an lémeignage de Ddrsaqne '^ u lacté de révd^ catieil dès slésnites surprit, et fit un pen de pi;Mè M dtk; d'Orléans. » Cet interdit n'avait pas seuletiiMt poul* bttt la satisfaction de quelques haines; un profond edlcol poJilique l'idspirait au cardinal de Moaîllfes , qui raécomlaissait sans y |iartictper, sads même le deviner. Là secte avait renversé l'édifiée des Qongrégatioiis nûteatrea; elle aspirait, de comiert avec ses adfaéreiits de Tilniversîté, à s'emparer de l'éduéatton, afin de façobner la jeunesse 4 leurs idées ou i lèui^ rèves; La trame était artificteusemetit ourdie; oh {Provoquait les pères de fianlille à retirer leurs enfants de ces maisons de Jésuites^ sur les* quelles pesait l'anathème; oh excitait les Prélats àsuivi^e l'exemple dti cardinal de Noaiiles. 8ôn frère, Tévéque de Cbàlons; Coislin^ évéque de Metz; Golbert^ ëvëque de MQtltpelliery ainsi que ceux de Verdun H de Làdn s'y conlormérerit ; mais la presque unanimité dé Fépias-
' Jomn^ dk l'abbé Dorcauhe, t. \, |). !i^,
DE LA COftli^AGNlK OB JÉSUâ. tSi
tttpût aédëlgUèt de éé pméi* â èû^ tûHHéès. Oh {iëHèÉù- Ml lë« Jésuites dans leur edseigtlëilierit et dëtié \eûV fôl I/Égltèé ^âlllèadë, qUl partageait lebi^ sefitiitièhtè , léâ eCMiVHt de sa {)i*otectldn ; les fomillës èHèé^niêittès i^àHoéiètettt à Êetië i^istadéé catlioliqtife. Dé 1716a 1729^ tei Jésuites, hé pdtIVâdt se li▼^é^ ëU ministère sàc^é , tét>drtê^ent ^)» t'étiide des hellèà-tèttrés té teUips qu'ils èoUâëërrfléilt adji oèutFè^ de 1» |>fédicatidh ëi de I^ dt^ r«<;lioh. Dans èë§ quelqueîl ëtinëes, lëtfts éblléf^ëâ fimtit pliis fll)H«iâHlè qnë jàtliais. ils écHvaiëiit à Itoiihé \ eil É716:
«( it ne ndUs i^ëstë ddfic plus qtie de îol'tiiét à là scieiicë et à la VeKd fësp^tt et le eœiir de hos enfants. Toris lès aâirëë ^iitiis(è^ës qtie bdus exefcidns aveé ahleur ôHl cessé. Nos pÉ^dlèalteUfS itë fôn< plus entendt^é leurs tblx dm^ les tëtiiptes h) dads les chapelles parïitnlières ; les lidpltailît et les prîsoiië se fe^hient à Hdtré zèle ; nos totiféMitltlhâU^ sddt déselt^. lies Congr égalioâs de la Vièrgé n'entetidènt plus h parale saliite , et peu à peu elles se voiedt &b8rndattèées. Souffrir, prefidre patience, ndUîH absleliir dé toute plainte, fléchir le ciel par nos pi-ièréSi lire oti compose!* dé bons ouvrages de littérature et de piété, ltidntt*e^ aUk autres la voie du salut par des dis* edUt% privés ou par l'exemple d'une Vie sanà tëchc; Voilé tdUt tîë qui hdus est permis , voilà la seule coWolation qui noUâ fesfe, ef qUe pèi^dUUé tié peut hoos
ravir. ^
Oh e^ptoitait lés puéi*iles ëolèfe^ du catttinal de Noàilles, les Jânséaistës le pdséiënt en pacificateur et e& tbaumârid^ge. AVèe cette faditité qu'ont toujours les paN fis pour impro^is^r de grands citoyens^ ils fàisâieht de ce priuee dé rÉgUsé le i^empart derrière lèqilel il lèur^
' ^t\,htvcs du Cent.
était permis de combattre à Tombre ; ils abusèrent de ses vertus comme de sa faiblesse: puis, maîtres pgfidaat douze années de la chaire et du confessionnal, ils assis-tèrent, pour ainsi dire, les bras croisés, à la débauche intellectuelle dont la Régence donna le signal. Sans doute, les Pères de la Compagnie n'auraient point arrêté le torrent qui débordait; il ne leur eût pas été possible de calmer cette soif de voluptés irritantes, dont étaient tourmentés Philippe d'Orléans, la duchesse de Berri , sa fille, et les favoris du Palais-Royal. ].«a corruption et le scandale, l'amour effréné de l'argent et l'attrait de la nouveauté dominaient trop les beautés classes de la société, les financiers et les bourgeois de la capitale, pour qu'on pût réaliser quelque bien au milieu des dépravations d'une partie de la noblesse française.
Les Jésuites auraient échoué en présence de ces désordres que, par une inconcevable aberration d'esprit, on éleva jusqu'à un attentat contre l'honneur national; mais il était possible d'empêcher la gangrène de s'étendre sur les classes moyennes. Le peuple ne rougissait pas encore de sa vieille probité; il ne comprenait rien au honteux agiotage de Law; il gardait religieusement ses mœurs pures et sévères: on pouvait donc, même par l'exemple du vice officiel, le maintenir dans la piété; il manqua de guides au moment où Fambition et le plaisir allaient étouffer le dernier cri de sa vertu.
En donnant satisfaclion au Jansénisme, le Régent avait espéré qu'il se débarrasserait des questions religieuses. Il réduisait les Jésuites au silence, afin d'obtenir la paix de leurs ennemis; ceux-ci ne se contentèrent pas d'un triomphe infructueux. La bulle Unigenitus flétrissait Quesnel et leur doctrine; une imperceptible minorité dans l'épiscopat s'opposait à son acceptation; ils gran-
dirent cette minorité'. Une licence dangereuse pour la morale et pour la vie des États s'introduisait dans les mœurs et dans les écrits ; l'anarchie régnait sur les intelligences, ils essayèrent de la faire pénétrer dans les pouvoirs publics. Us trouvèrent dans le Parlement quel** ques magistrats tout disposés à se déjuger et à outrer les conséquences de la Déclaration du Clergé de 1682 ; ils les poussèrent à fa W)riser les é véques appelants de I4 bulle au Pape qui lavait promulguée. Dans son existence de désordre, Philippe d'Orléans conservait l'instinct du gouvernement; son cœur et sa tête n'étaient pastoujoui-s à la merci d'un caprice ou d'une honte. Il entrevit que les Jansénistes cherchaient à tuer l'autorité, afin d'amener des déchirements intérieurs; de ce jour, il songea à réparer le mal que son incurie avait développé.
■ Qaelqnes faistoriens, comme Voltaire et Diicios, ont prétenda que la ContdtatioQ Vnigmitus n'était pas une règle de foi catholique; c'est une erreur au point de vue religieux et historique. Cette Bulle , adressée à tou(e PÉglise , a été adoptée et reçue comme décision dogmatique par la Caibolicilë» par T^piscopat et par tontes les Uni* versités. Elle est déclarée règle de foi par plusieurs Conciles, et notamment par celui qui fut tenu à Saint-Jean-de«Latran en 1725, sous Benoit XUI. Il n*y eut d*oppoMnts contre elle que le cardinal de NoaiUes, quatorze cvéques et quinze cents, d'antres disent denx mille réfractaires, prêtres, religieux^ ou laïques. Cette opposition était imperceptible, mais elle sut faire tant de bruit qu*eUe sembla parler au nom de tous. Voltaire se crut donc en droit de dire avec sa véracité ordinaire ( Siècle de Louis XH^$ t. III» ch. xxxvii) : « L'Église de France resta divisée en deux factions; les acceptants étaient les cent éVSques qui avaient adhéré sous Louis XIV, avec les Jésuites et les Capucins. Les récusants étaient quinze évéques et toute la nation. *
Dès ce temps'là, la nation était exploitée par les mécontents, qui se l'adjugeaiçot. Voltaire a fait ces calculs sans réflexion ; mais le grand-vicaire du cardinal de Noailles, le Janséniste Dorsanne, publie dans son Journal une curieuse statistique de cette unanimité. A la page 7 du deuxième volume, il dit que « loin de voir croître le nombre des appelants, on le voyait diminuer ; ■ puis, {tassant la revue de quelques évéques jansénistes, Dorsanne ajoute : « MM. les évéques de Trégnier et d*Arras soulhraient de voir leurs diocèses presque entièrement opposés anx partis qu'ils avaient pris. M. de la Broue, évéque de Mirepoix , n*avait pas un seul appelant dans son diocèse. L'évéque de Pamiers était dans la même situation que M. de Mirepoix... Les Parlements de province ne présentaient pas de ressources. Plusieurs étaient ultramontains et constittttionnaires, Grenoble, Besançon, Dijon, Douai, etc. » « Un motif, continae Dorsanne, qui faisait encore beaucoup d'impression sur M. de Noailles, était que des évéques des Églises étrangères, attentifs à ce qui se passait en France... on n'en voyait aucun qui se détachât pour s'unir aux appelants. »
Les évéques jansénistes ne trouvaient aucun adhérent, même dans leurs diocèses ; cela néanmoins s'appelait la nation.
tt Mim ih m\V â^ëd l^eHë facUdU qiTi ft^ftgttâtt ëH tout éëUs et ^tii èUtt^eh^it la discol de ddMë VÈ^Mië , ëtt
se MtdHt de Ift sëttidr dâds TËtàt. tin SéiiAte i*ëiait
tiiqfxè a ^àj^èr la cbtiflândè dti fié^êht; Il 96 hàmmàH Flèfl^F^sitiçàIH Udtâti : hê à tloMeâUx ë» f B8S, if ùfttiU éàit a un èsprtè fédôiid éil ^âlilièsi , Ibéptfisàblë ëh ré6»êo6i*tes, ud jugement SOlldë, drié àtoibitibh tjul Ù6 sS t^âblsStttt î>ak et Udë àhiéhité qbi idValt plâtra à féUs. tiè nê^èiA SM Oc&àéibn dé )è t6ii*j k Père UHtâd êdtrv ât bièd dët^ éés bbtiné^ g^âcé», qdé, itial{{h$ ftori ëâtdtlt<àgë,
Pbmi^ d'Drtéiitis lé ehtiistt {^atib bégotiMtiiOi' ieetm
MfrèM du 8&iiit-Stégê. LAfitatf !»'éf«it Ait àittièf if^ Ré^ gêfit; U §1tisitiua dëfi9 Itt MVeôiF éè Cléttiisfït XI; tl ^êrttt tti^M d^ keil etiti'ë lëà déili |>MMâife^ (^dtf f Acdéfé^èf M chute M i*hiéHiim. hS^im atldt lêft ¥^tM dlltf bètf pfétre^ Aak il «'aperçut ou eA lui fit éMi «Voir <}li'ii hç {Possédait paa à ïip égal d^gré celles qtii coostitu^i
te J«siiift«. Dès l'atiflée 1719, il fut ^^ dfâ vdWk
ùmptes qu'il avftU prononcés , et il se séi)ara de k Omat^
pagiiié , dont il resta l^amî pébdant toute sa vie. Cette retraite lut permettait de tourtr fo carrière den fadftnétllli. ho Pape et le ftégeat le nommèrent éTéqtie die Sisteron tftièlqûës iiidis après, éh 1*^20. Le 4 décembre de la même aMnée^ Phili^^pe cmitraignit le Parlèmeiit à eiffègktrer la bulle tfnigeniUèSf la cour judiciaire obéit; akiri }èi Jansétiistieis, doDt té pkti d*âttâquè était détîias(|Ué^ »ê gurdérent plus d^ Hieaul^.
t^a cQiTuptioii des ipo^tirs avaîi engendré la proatitu^ tlott dans rhistôite; cjhâciîiî peignait à sa gUi^é^ les Iboinme» et les caraelères \ cheena faisait d'tin eonile de l^^etle t 4'ûne catoipnie de bQu4pir ou de quelques^ mé^ chançetés de salon, un éMÈ^lÊmtnt ^tie ^duéittâiéfiif tnlthi plumes satiriques; ces fables devaient, pkielard, servir
DE LA QOltHiiHiÈ DE JÉSUS. UÛ
k tHhil^t;!' jusqu'eux ëfcHvaiiié pvàhèi. tei Jànsébisi^ étiibilretat de gi^iids àtéliëhs dé dtfFàifaatloii ; i\k éénitti^i^bt les filils, iU 'mèAÛténi dès anecdotes, W\U méttt 4tii Va le mtëdjt âU godt éi i^ Té^pfit Irànçkîé; ils itè hlirêHi: â fàiûHéi- dàUé la Vie privée des l'ois et dans lêk âe6rëU de fétif^ cbhséillei^. Rieii fa^échappâ â lëùÉ^s «ItNfi^Mes, eit, dëpiilS le ^uverëid Pdhtifé jusqu'au dérhiëf dé$ câfhihteUb dé PfiilltJpe, tddt (Ik^a dii ci'iblé dé éeë'tittpbstëiir» ëiiôn^hies, ddbt des ànbaliètëé ph'is iêtimit allëièiit prehdiiî léé mèiisdhg^e^ kdtié I'%idé dé lëtif tdient. L'ailtorité de leur tboiit àvëii, éh dÈËeptàbl laB^llèi reUV«t«ê dés ëspëràncès loti^^-tëtii^ cât-éséëës; étm éëtte c<jfidlln«ë. pimt; d« {rèVrsioh dtl llégëfit, Ite tiriHit uti bdieuk IttèKhë, ddnt LàAl»<i, Tefacill et 6^ ifiathé; tttlâkèuf' tifé Rdte f^ôur H ¥fknfië , furent les 6Htf«ttlëtlietif8^ ël l^ebbë Dùbôte fé ihdbile.
Ë» bH Uïàp» m reâf^Ht lié p^rtl ne \Al^ aèbbUt tt«cflfflë ^^loîi^ i êétcUnê VërIU , et àû le» hôïkkiiës lëà ^!tt^ bMmêi Aèùi tth €tllH|) chét^rerMëttt faédésstttPétiieht pôtt^ teft ëUI^ titl objet ùe it^ukimi pIliS otr mdliis jtîstifiëè pur tél^ dl5)êt*é^ {)0Ktk]ms, m>ds t^bydffè qti'il liera beâtit^up^luét fabHé ^ fatré ëëmiir'endi^ &dtfi5 (H&iliiéë. Nttttè
tèuK, fe» éèHVëiils iièë pttas iHt!H$tres, les tnônàiijiies 6UitiHêiMii ^ctBéè^ pîlr teii^s àdVersdifës, hoùveM niêniii |))Bii* )èilt%^ ttml», de tëfil d^ cHniek ihîpdisîMé^, dé tatlt de Aië^ foi«â^ q\x^ te disgrilûiê, l'e^lil, h îhàû dû tid ^evWèttietit d'opinion condamnaient à un précoce oubli, que nous fie dè¥t>hs pas ^hié ajoutée fdi mi exàgërâtibtië dé IW tKottsîasi»e qu'aux insultes d« la haine. L'expérîefteeest veiiUé âvèic lé temps, et ai^ourd^îiUi il faut autre cbose que d«s bons mdts Aci é(è^ f-dinâfi^ Hcbés de Aiéfi$ditgés pour juger un nomme qui a ||ji>av«riié S0ft P^T^* i^'^bbë
A92 BISTOIRE
Guillaume Dubois se trouve dans ce cas. Il avait été le précepteur, le ministre secret ou avoué de Philippe d'Orléans; il vivait au Palais-Royal; il était ambitieux, adroit courtisan, se faisant un marcbe-pied de la voluptueuse incurie de son maître, flattant ses passions, et lui donnant peut<-être l'exemple de Timmoralité. Dans cette atmosphère de roués et de femmes galantes, Dubois, qui n'avait aucun engagement ecclésiastique, a pu se laisser entraîner au torrent et se mêler à cette existence de débauches, qui rendit célèbres les Broglie et les Noce. C'est un compte qu'il a débattu avec Dieu. 11 avait plutôt le cynisme du vice que le vice lui-même; mais, quand la fortune l'eut poussé aux honneurs, cet homme, qui avait vendu son pays à l'Angleterre, et qui cependant compta au nombre de ses amis Fénelon, Roban, Massillon, Fontenelle', de lia Tour, le Général des Oratoriens, et d'Argenson, sentit la nécessité de donner la paix à la France. Une pensée d'égoïsme ne fut pas étrangère à cette résolution; Dubois pouvait prétendre à tout; son travail.suppléait aux langueurs du Régent ; ses sarcasmes réveillaient dans son âme le désir qui s'y éteignait sous les ennuis de la satiété. Afin de monter au trône ministériel, il rêva qu'il devait commencer par se faire nommer Archevêque et Prince de l'Église romaine. Dans l'espoir de ne trouver aucun obstacle sur sa route, il résolut de mettre à l'épreuve la gratitude du Saint-Siège par un service signalé. Il força
* Foolenelle, parlant aa nom de rAcadcmie française, disail aa cardinal Doboî»» le jour de sa réception : « Voos Tons souvenez que mes rœnx vous appelaient ici long-temps avant que vous possiea y apporter tant de litres ; personne ne savait miea& que moi que vous y eussiez apporté ceux que nous préférerons toujours k tous les antres... • Le directeur de l'Académie ajoutait encore ; « Tous les souverains ont concouru à vous fiiire obtenir la pourpre. Le Souverain Pontifie n'a entendu qu'une demande de tons les aml»assadeurs, et vous avez paru un prélat de tous les États Ca» tbo]ii|aes, et nn ministre de tontes les cours. »
le Parlement à» enregistrer la bulle Unigenitus; puis il chargea Làfitau de solliciter à Rome la récompense qu'il s'était p'rcmiise. Dubois, présenté par le Régent, fut promu à l'archevêché de Cambray. La mort de Clément XI ayant ouvert le Conclave, le cardinal Conli fut élu Pape sous le nom d'Innocent XIII , et, en revêtant Dubois de la pourpre , il céda autant aux sollicitations de Philippe d'Orléans*, qu'au besoin de pacifier l'Église.
Le cardinalat n'est point une fonction à charge d'âmes, mais une dignité accordée, sur la prière de quelques monarques, à des hommes que la Cour romaine ne connaît pas, et qui, jouissant d'une grande autorité dans leur patrie, peuvent, en bien ou en mal, influer sur les affaires ecclésiastiques. Dans la position des choses, le sacrifice d'un chapeau de cardinal exigé par le Régent en faveur de Dubois, ne fut peut-être pas une faute; mais il ne fallait pas appeler le ministrà du Palais-Royal aux honneurs de l'épi^copat. L'épiscopat entraine à sa suite des devoirs de conscience incompatibles avec la vie de Dubois: il n'en remplit aucun; c'est ce qu'il put foire de mieux. Son élévation au rang de prince dé I^glise lui donnait l'entrée du conseil; elle le faisait marcher de pair avec la plus haute noblesse du royaume. Dubois devint l'arbitre de la France ; il ne gouverna pas plus mal que le Régent.
L'Évêque de Sisteron ne lui avait pas été inutile dans ses négociations avec Rome; ce Prélat, qui a écrit VHù-
^ Dorsanue, eti sou Journal , donne une grande part au cardinal de Rohan dans les transactions qui eurent lieu à Rome pour ce chapeau. H avoue qu'il était chargé pttr le Régent de négocier cette affaire, et au mois de septembre 17:21, le docteur de Sorbonne François Vivant écrivait de Rome au cardinal de Noailles : « M. le cardinal (de Rohan) ne perd pas son temps. Il ne s*est pas borné à procurer le chapeau que demandait Son Altesse Royale; en outre, il prépare quelque chose de plus éclatant. »
kH nmom
fmre de la Bulh Undgmituff dié^irstit, Rv^ tpot \^0eFgè gallican , qye Top mit up tçriPfi aps dlwcfird^ff religi^l^e^ ^pnt le Royaume étai|; depuis «i long^tei9p# I9 tMltrp^ La pente de Marsfille veaait| e« 17^0, dt porter VéfiQiir Y^IPtç dam le Midi et U deuil dap§ tpiite l^ FrMqpei I^ Jé$^ites ^taiept tepus i Téç^rt; piii^ à I^^in^eiUe^ ihhi QççaûoQ 4e se dçvpper ^'ojFfrpit à leur cb^rit^ » îlï I4 saisirent» Sur l^s pa^ de B^bnuce^ ÉY^qn? de cptfe Wlle^
et leur ancien confrère dans l'Institut de saint Ign^pn, il^ i^ourept op le dapg^r ^t }e pli|$ iipipinçnt I^ fléau tpe plu$ de mille pensoppes par jour ; il 4 frappé de mort di?s^-bpit Jésuites de Marsei|lç , mêipe le Père Chxi^^ François MiUet ', qpî r^mplnç^ Içp^ pi^gîstwts çiviU ^p^ levés h leurs fonctions ppr leffroî pu par 1^ PïPrt, Up seul de cette féittdepce survH ; c'e»t un vieillard Qçtogé^ paire, Jean-Pierre lieveiti qfu n plp^ d'ppe fQin bmvé I4 peste aux Mis^ipps d'^^gypte, de Ppne et de Syrie, pap^ la désolation génér^le , U Père Levert s'psspcie apii i^ommes dopt la terreur p'a point ppr^tlysé le cppragi?» Il est avec Belzupcç mx cheyet des malades ; Siyep &mU^ ^% Mou^tier» leg échevins de 1^ villjç, avec Lapgiiron qpi çp 9 pris le commandep^ent et le ishev^Uçr Rose, il vpille sur top? cçs gouffres de la piort ; il marche à cd|é de Cbicoineau» dp Deydier et 4fi Verni,- trois médecins, dpnt les npim sont cber^ è rhppiapitii. 11 prie pçpc 4p9
mourants, il fortifie le peuple çpçpre plp9 par ^Ofi ei^eniple que p^r ^jçs pops^ils. Le gopyerneffiept n't pris
* « Tout porte à croire, dit LemoDley en parlant de la pette de Marseille, an duatfiéme volume de ses Œuvres, pae^ 339, que la grandeur de caractère^ lei pepsées gi^néreuses et les (brtes diversions éloignent de iliomuie une certaine disposition yassffe qu^on s'accorde à regarder comme nécessaire k la coin munica lion du vepip pestitenltet. Elle fat sans doute Tégide qui couvrit cfans Marseille 4faj. aulre^ comn^issàlres, que ie ne dois pas passer sous sitèncp. Le premier fut le Jésuite Millet. 1^ 9eul pariiiî tes réguliers qiu consentit à réunir fes fonclio.ns c^yîles anx travaux relimeux; le second fut te peintre Seires, élève du Puget. •• *
DB lA CONPAGMtS Dfi JÉSUS. &»$
avciioe précaution f n'a fait passer ancuo secours; la fa^ mine donne )a main à la peste. A ces aouvell^, le So9n verain Pontife ^ent qu'un nouveau lien Tatt^cb^ à cetta viUe si catholique dan3 le bonheur, ^ piense 4ans la déïQspoir. Dçux n^vire^ , chargés d§ blés » so^t adreii^s ^ Qelzaupç, c ert fe Pape qui les ^nvoîa; l'Évéque pt le lésuite distribuent à chaque f^milb le pain dv Pèr0^ commun» l«evert avait pffronté tous Ie4 périls; un^ griindo pensée de charité soutenait Téoergie du vieillard; qii^ud le fléau eut cessé ses ravages, le Père, dout ime ppr^îlld lUfexiçitation a dévoré les dernières fprq^s , expira d4W les bii9s de Belzuuc^ en bénissant ce peuple qu'il avait
Le d^vouçment de^ Jésuites de M^r^^ill^ gt impre^n 9ioo sur h Bégent. T/iibbé Fleury, qui «ivait été pommé confesseur du jeuoç roi , désirait ^e retirer, Agé d^ qua** ti*e-vingt-dou^e ani?, il ^e regardait comme înc^pabla d$ diriger le? premièf*ç$ p^ipn$( de l4>uis XV touchant ^ sa majorité; ou iH^ngea ^ luji chercher nn sucf;^sseur, f ^e cardinal de Noailles es^cluait lips Pèr^s de 1^ Cpippa'» Çfiie^le cardinal Dubois, squ antagopiste, en présen'a uu. u jl n'avait , i»elon le témoignage de PucIqs \ aucune obligation de ^n chapeau ^ux Jésuites. » IVIais No^Ules l^ur ^imt hostile; ce fut un motif pour Dubois de }es mettre en avant; le Père Taschereau de Lignièws, directeur de la duchesse d'Orléans, mère di? Philippe, fut nommé en 1 7312, Ils ftvffient iitt#udu patiemment le pouvoir; le pouvoir leur revepait par ]^ nécessité mem^ de# choses : \er Régenj, fatigué de scandales» éprouvait Iç
besoin de rendre aux Catholiques la paix compromise par tapt de fatale^ çoncessîops.
Bertrand-Claude de I^gmf r^ avai^ p)u^ de sage^
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dans le caractère que de brillant dans Tesprit. Simple et doux , sans ambition et sans initiative , c'était un homme inoffensif, et dont Tavénement n'offusquait aucun parti. Les Jansénistes ne virent en lui que le précurseur de son Ordre. Noailles l'avait excepté de l'interdit général fulminé contre les Jésuites; mais, afin d'entraver son ministère auprès du Roi, le Cardinal s'obstine à lui refuser l'approbation de l'Ordinaire. Le Roi peut le faire autoriser par le Pape ; les Jésuites et le Régent crurent qu'il valait mieux ne pas user de ce privilège. La cour fut transférée à Versailles, et Louis XV se vit forcé d'aller se confesser à Saint-Cyr, qui dépendait du diocèse de Chartres. En 1723, le duc de Bourbon , premier ministre , ne voulut plus exposer la majesté royale à ces échappatoires; il déclara que, si le cardinal de Noailles n'accordait pas de pouvoirs au Père de Lignières, le Jésuite se servirait de ceux que , par un bref du 19 mai 1722, le Souverain Pontife lui avait adressés. Les Jansénistes perdaient chaque jour du terrain; le Cardinal estima que son opposition serait sans effet, il Se décida donc à subir la loi. Les Jésuites rentrèrent à la cour; mais les orages soulevés contre les directeurs de ^a conscience royale avaient causé de trop vives alarmes à la Société pour qu'elle n'essayât pas d'en détruire la cause. Elle renonça à la feuille des bénéfices, et elle stipula que le confesseur, renfermé dans ses altributiotis, resterait étranger aux affaires. A dater de ce jour, les Pères de Lignières, Pérusseau et Desmarets n'exercèrent aucune influence , même dans les questions ecclésiastiques.
Sans être Janséniste, le cardinal de Noailles avait porté la perturbation au sein de l'Église par son éternelle résistance. A peine investi de l'autorité, le cardinal de Fleury
DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. âf 7
songe à réparer tant de maux; il fait condamner et déposer Soanen, Évêque de Sénez, vieillard dont les vertus privées étaient presque aussi grandes que son opiniâtreté. Ce coup de force intimide l'Archevêque de Paris; il se résigne à Tobéissance, et adresse au Saint- Siège sa rétractation pure et simple. Le 3o avril lySo, la bulle Unigeniius fut enregistrée au Parlement , ainsi que toutes celles rendues par les Papes dans l'affaire du Jansénisme. Noailles, quoique animé d'un repentir sincère, ne consentit jamais à lever- l'interdit fulminé par lui contre les Jésuites. Il laissa ce soin à Charles de Vintimille, qui lui succéda sur le siège de Paris en 1729. he Jansénisme alors s abîma sous le ridicule , il devint convulsionnaire au tombeau du diacre Paris, tandis que les Jésuites, marchant toujours dans la même route, et poursuivant leur apostolat par l'éducation , se trouvaient sur le champ de bataille de Fontenoy comme aumôniers de l'armée française.
La politique de Louis XIV donnait la couronne d'Espagne au duc d'Anjou , son petit-fils. Les Jésuites de la Péninsule, à Texception de quelques-uns, se rangèrent sous le drapeau du monarque qiii, pour régner sur un pays dévoué à l'Église, n'avait pas, comme son compétiteur, recours aux Anglicans et aux sectaires germaniques. L'Espagne s'était prononcée en faveur du Prince français ; les Jésuites lui restèrent fidèles dans la bonne et dans la mauvaise fortune ; ils coururent toutes les chances de ~ce(te longue guerre de succession. I^es Anglais de lord Peterborough travaillaient beaucoup moins à asseoir sur le trône Tarchiduc Charles d'Autriche, qu'à propager l'hérésie chez un peuple essentiellement catholique. A Barcelone ainsi que dans d'autres villes, ils avaient
établi des prêches où Terreur s'enseignait à l'abri des IV. 32
MM . nmoiftl
baïotonetteit ; \eè Jésuites eombatlent avec 1q parolç ce .pro^ytisme qui s'étend partout. Im France «t TEspa^e * font la guerre. ^ coups de canqn , euK la soutiennent» à force, d'éloquence. AiGirone, pend9nt les horreurs dn siège de cette ville , ils prodiguent leurç soins aux habi^ tauts. ¥ Plusieurs moitiés , dît le marquis de Saint-'Piji- JUppe\ftliciudonnèreQt la cité; mais les Jésuites assisté > drent toujours avec pne merveilleuse charité les pauvres et les malades , qui étaient eu grand nombre dans de si eriielé périls. >* . >
Ce nW point sur de pardis faits que les aunaltsles put basé liiurs récits du règne de PbUippe V; ils avaient à suivre un Père de la Société de Jésus dans les iofrigues d'uue cour, à épier ses démarches, à grossir ses feules, et, comme Michel lieteliier, Guillaume DaubentOB esi. sorti tout .mutilé d/e cette lutte avec l'fais- Unre, Daubeoton était cboisi par liouis XIV pour accompagner le jeune roi en Espagne. Confesseur de ce prince, dès ses plus tendres années, le Jésuite lisait en sou âme ; mais, dans cette jépoque féconde en cabales, il se trouvait une femme qui , par les grâces de son eaprk ambitieiiK , se tard^ pii^ à ^pi!endi« sur la reine Louise de jSavoie «n ascendant dont I^ouis XIV crut avoif sujet de. redouter les conséquence. I^a Priaeesse des UrsÎM, sous le litre, de eamerei'atmajor^ enfretea^it chez id Reioe des préventions contre h Firance ; lelle damlneit h caractère faible et indécis de Philippe V; d\e rentraijmt dans des pr-ojets qjui auraient compromis ravénii* dbs deux États. Le Père Daiibenton s'y opposa; il les lit échouer, il parvint même â faire renvoyer ea France la. princesse des U.rsins,, qui, «trop sûre de son crédil sur
I Méinoires ponh seivir à tlùsloirè d Espagne sous Philippe F^ par Vincent R^calhr, . ju«rq«is 4e Sfii«l-Pl«Mi|i|)e» t. J0, p. 4S^. . . .
DE LÀ COMPAGNIE DE JÉSUS. 49d
ÎAuisf df §9voie, ne sut p3§ déjouer les plans du .)ér ^u^te. Qaubenton Tavait expulspe de &|adrid ; elle y .r/çn* îf'e pieu d'années après y et, à son Ippr, ^l|ç l'Q^Iigp à qniiter l'Espagne, Le Père Robinet lui succéda. «Jamais, raconte Duclos', confesseur ne cqnvint mieux à sa placç et. n'y fut moins attaché que le Père Bpbinet. plein dje vertus et de lumières, pénétré des plus saintes ii^axin^es, zélé Français, égalernen|: passioi^né pour Vhonr neur de l'Espagne, sa seconde patrie, ce fut liiî qui conseilla au Roi de réformer la i^onpiajtiire, lorsque le Pape reconnut l'archiduc pour roi d'Esp^gnç, »
En agissant de I9 sorte, les Jésuites qi;e PJbilippe V ppQsulta , Robinet , Ramirez et le Dominicain Rlanco, ne langèrent point à être hQs):iles à l^ jChairp apostolique. i<e$ souverains avaient ^btienu d'ériger ce tr/ibuual 4x3L Nonce pour favoriser les flspagnols dans li^urs relatio|]^ avec la cour de ^ome. Quelques, abus s'é.taient introduits dans cefte administration. Le Pape se déclaraijt l'ennemi de Philippe V; les Jésuite^, sans trahir l'obéissance spirituelle due au siège pontiâcal, ne conjsentirent cepei^dant pas à se taire sur u^e démar^ che tendant à rjen verser du trône le f;oi que l'jEspagne j^cc-eptait. Le Père Robinet était l'ennemi juré des abus : il s'ejFforççiit de les réprimer avec upe vivacité plus {Opini^ltre que réfléchie. Mais bientôt i.l se vit assailli par des difficultés plus grandes, que celles qu 'coffrait fie gouvernement ecclésiastique. La r^ne Louise était morte en 1712, et la princesse dçs U^sins^ sa fayoj^ite , nourrissait l'e^pér^ncç <^e jouer à l'Escurial le rôle ^ç la marquise d^e Maiptenon à yersailles. A ^orce d'art, ^He sera^, sans aucuu doute, parvenue à son but, lorsque le Père Robinet se jeta à la traverse de ses intrigues. Il
* Mémoires secrets de Duclos, 1. 1, p. 112.
savait qu'en attaquant de front Philippe V, qu'en le surprenant' en face de toute la cour, il le déterminerait à se prononcer contre une pareille alliance : il résolut de tout risquer. « Le Roi, aimant, ainsi s'exprime Duclos ', à s'entretenir des nouvelles de France avec son confesseur, lui demanda un jour ce qui se passait à Paris. — Sire , répondit Robinet , on y dit que Votre Majesté va épouser madame des Ursins. — Oh! pour cela, non, dit le Roi sèchement , et il passa. »
IjC Jésuite connaissait son pénitent. Rien ne l'aurait fait revenir sur une parole donnée publiquement; il l'engageait au delà même de ses prévisions. La princesse des Ursins, se voyant obligée de renoncer à l'idée d'être reine , voulut au moins marier Philippe V avec une femme dont elle disposerait à son gré. Albéroni lui persuada de choisir Elisabeth Farnèse. En i •714 un insultant exil fut la récompense de ses calculs. Madame des Ursins avait été vaincue par l'ingénieuse rudesse d'un Jésuite , elle fut trompée par l'astuce d'Albéroni , elle succomba sous l'impérieuse candeur d'une jeune fille. Cette atmosphère de petites trahisons, d'imperceptibles complots , n'allait pas au caractère* décidé du Père Robinet, tt Une action juste et raisonnable , raconte Duclos \ causa sa disgrâce. L'Archevêché de Tolède, valant neuf cent mille livres de rente, était vacant. Le Cardinal del Judice le fit demander au Roi par la Reine. Le Prince, avant de se déterminer, voulut consulter son confesseur. Celui-ci fut d'un avis tout différent , et représenta que , le Cardinal ayant déjà toute la fortune nécessaire à sa dignité, il fallait répartir les grâces, dont la masse est toujours inférieure à celle des demandes et
» Mémoires secrets ^ t. i, p. |0I .
» Ibidem, p. 172.
souvent des besoins. Il proposa pour Tolède Valéro- Lera, Espagnol, préférable à un étranger, et dont le choix serait applaudi par toute la nation. Ce Valero, étant curé de campagne, avait rendu les plus grands services à Philippe V dans les temps que la couronn^ était encore flottante sur sa tête. Le Roi lui avait donné Tévéché de Badajoz. Il fut évéque.comme il avait été curé,, ne voyant dans cette dignité que des devoirs de plus à rempHr, et ne paraissant jamais à la cour. Robinet fit sentir au Roi que les Espagnols, à la valeur, à Tamour, à la constance desquels il devait sa couronne , se croiraient tous récompensés dans la personne d'un compatriote tel que Valero, et que c'était enfin répandre sur les pauvres les revenus de l'archevêché de Tolède par les mains d'un Prélat qui n'en savait pas faire un autre usage. Le Roi le nomma (mars 1 7 1 5).
n La Reine et son ministre furent outrés de la victoire de Robinet. Les suites les effrayèrent. Ils se liguèrent contre une vertu si dangereuse ; et , à force de séductions et d'intrigues, ils parvinrent à faire éloigner de la cour un homme qui ne demandait qu'à s'en éloi-. gner '.
r Robinet, emportant avec lui pour tout bien l'estime et les regrets de l'Espagne , se retira dans la maison des Jésuites de Strasbourg, où il vécut et mourut tranquille après avoir plus édifié sa Société qu'il ne l'avait servie. »
Au moment de se séparer d'un Jésuite qui ne l'avait jamais flatté, Philippe V lui demanda un dernier conseil : il le pria d'indiquer le Père de llnstitut entre les mains duquel il déposerait le fardeau de sa conscience. Robinet « insinua , selon le récit du marquis de Saint-
' L'abbé Grégoire raconte le même fait dans sou Histoire des Confesseurs^ p. 224» et il est consigné dans les Mémoires de Maurepas, t. i, p. 228.
5Ô2 HiSitliitË
Pliîllfjpe*, cjUë le Pêhe t)aûBénton sérail plus a^hëàblè que lui aux Espagnole, dont il avait déjà mérilé TeSlirriè: « sur-le-cHàKifi le Rôî liil écrivit afiii <ïe Kâteb sdil retour.
Daubentdh était Assistant de France à Rome , où le Pape Clément XI Vhonbrall d'une affection pariiculîèrfe. L'enfant qu'il avait élevé, le roi qil'il avait suivi aii miieii des périls , l'appelait , après dix ans de séparation , pour lui rendi'è sa confiance. Le Jésuite n*bésita pas. A pèirie arrivé â Madrid, il lui fiit aisé de s'djiercevbir que sa [)t'ésencé allait dèvetiir un sujet d'inquiétudes pbur lé ministre dirigeant. La tété d'Albérbiil fermentait, et ce Ricbelieii italien aspirait à dominer l'Europe ou à là bouleverser pour se créer Une grande place dans' Thlstbiré. Il négociait simultanément avec le czàr Pierre de Russie , avec la Porte ottomane et avéb Charles XII ; il lê^ ahmàit contre l'eitipeieiib d'Alleinagriè et contre l'Angleterre ^1 irévàit d'é rêtabliir les Stiiarts siib le li'ône , d'ërilévèr le pouvoir au duc d'Orléans et de rendre rEs|)âghé l'arbitre âek destinées du tiibhdè, tomme s6Us Cbiàrles-Quint et Philippe II. TiW Jésbitiés avaient aboli le tribunal de la Nonciature, il le reconstitua kfiH de mébiter U pptirpré rbtnàtiie. Eii entendaht dérouler tarit dé vastes projets, qui pdur l'idiàgiliatloii d'Albéroni ne Semblaient être iju'iin jeu, tïaubéHlbn né perdit rien de son calme habituel ; triais ft comprit qu'il Itiiportait dfe pi'éhiunir le Roi contre i heureuse audace d'un hbnome qui pouvait mettre l'Europe en feu. Il le fit avec dextérité, et; i< dans sa disgrâce, rdcottle Sairtt-Philijppe % le C'cirdinal Albél*oni était persuade que le Père DauBentëH artlkttâît la persécUtiob qu'on iul faisait; njais c'était
« Mémoires de Saini-Pliilippe, t. lU, p. I5l, ' fbidfmf t. IV, p. 44.
DE LA COl^PitilRJi^ DE JÉSUS. .Kt3
lîhe îdèè, bkr U indaêtaiioti hï là (irëfttiff dé fce Jêimê le reùdàîëht iWiapëblfe <Jè fcHercBèr a fee ^ëngèr- qiibfifK* dti fèslè il iHspirèÉ tôujôUi* ttd Hbl ce dtil ëtlff j«}sfil! i^ '
Le Cârdirlà» Albérdhî kvkk àffâtré * fovtë ^àvïtë. Èeé chimè^es d'bttiriîpôfericè'ldt ëcMntfîérf! pbtir etiiiëffltiSlg dùç d'Oriéanîl et^ tTdbâl* , 1« Hdi d'A«^fëtérre WléTë^y DaubehtOtt ; il ^ti^coiribë. Le Û^tè élàit p\h^ c|ùe ]fil^ mais l'arbitre de la conscience de Philippe V. GH fi'avait pfi rddtfàgèr dans ^a tle , on le cftîiidihia dâhs sa morl. Il §e trotftà'tiîi Pfaiicl^catti, cléj& cOHdànirié èSfiihië hétéliqhe 4 et dddt Vbhaife seul osé ké faire' Vêchb , (JHl arrangea les faits àti grë de se^ hâiiiie^. Ce FrâihcisèklW , nbmfifté Bellëridb, ràcbritë donc, dans tifi bUVra^é qiâ fut s(1pp^imé bii Espâgbè', que le 3êêûHt fit clihMeifé^ à PHili(}pe d'Orléîînë de ridêë^ d'ifbdlcatlbh dbttt lé ftSÎ
était tôtfrtfiëdié, aflti que le dm ptoficàt de 1^ révélâilbn
datié ritttérêt de'sâ pôHliitiiè. lie Rbl tiécbUvrk là f)ëÉ-i Hdie de âbh cbtifëè^feùr : t( là lui ^eprdcbà a^èc èlifiër^ turtie. GèS repfbcheS accablante foUdroyèrërit Je PB^ë UaubëiitDti , qui tbdibst frappe d'a|iopië.tfë sbUii I(e^s fmi de Philippe V. 1
D'après cette v^ï^feioil , qii*aucUh historien ddVëfsbti^ des Jéëtiitës n'a daigné accepter,' qUe gëiht-SîrhbrtV Noailleè ëtOuclbâj cbhlèmporains dés ëvërieitiëtits, dHt rejetée c^mtnë indigne ttlèihë de l^ttr paKiitDtti, ëî que t'abbé Gi^égoi're a méprisée, le Père DËiUbéiitôa aUfâil vendu au Régefat les Hn^l^térëâ du eicIMfessiiohrfâl, bu tbuir au hloins livré à des étrangers lé secret d^E^tat qu'un* prince Itii contiait. SaoebdotalBtnëtlt et pdUtiqUetneni parlant , ce forfait serait iuqUaliâabte. Daiibtntoli et Ve mahpiis de Grimaldô, succi^seur d'Alëérdtii dâtii \eà fondions de pduci[ihl ministre, gbU^yrnilîent MWi î&
f Histoire civile (ffHapa^ne^ t. in, |>« dj|^5 et 'àQ^,
Sùk HISTOIRE
Roi et l*E$pagQe : le Jésuite était entré dans les négociations du mariage de Tinfant don Luis avec mademoi* selle de Montpensier, fille du Régent; il avait contribué à fiancer Louis XV avec l'infante ; mais de là à une trahison il y a tout un abîme d'impossibilités. C'est cet abime que les annalistes contemporains ne se sont pas senti la force de franchir même pour calomnier un Jésuite.
L'idée d'abdication germait depuis long-temps dans le cœur de Philippe V. Ardent et mélancolique , toujours regrettant la France et le diadème dont il s'était désisté, ce prince aspirait à ensevelir dans la retraite une vie traversée par les orages. Il ne cachait ni son dégoût pour les grandeurs, ni ses rêves de solitude. Le Régent avait loyalement respecté la couronne dont un enfant le séparait; le crime d'usurpation n'entra jamais dans sa pensée. En pressant Philippe Y de consommer son sacrifice volontaire, il espérait placer sa fille sur un trône; c'était de l'ambition paternelle n'emportant aucune idée coupable. Il fit des ouvertures en ce sens an Père Daubenton : elles furent repoussées ; car le Jésuite était celui qui, avec la Reine, s'opposait le plus vivement au projet de Philippe V. Tant que Daubenton vécut, le Roi se laissa contraindre par lui à garder le sceptre. I^ mort ne vint pas le frapper sous le coup des reproches imaginaires dont le Monarque l'accablait; et voici de quelle manière un témoin oculaire , un serviteur ,dévoué du roi d'Espagne , rend compte de cet évé* nement : « Le 7 août 1728, dit le marquis de Saint- Philippe ^, le Père Daubenton était mort au Noviciat des Jésuites avec beaucoup d'édification. Il s'y était fait transporter de Balsain aussitôt qu'il se sentit mal, afin
* Mémoires de Saint-Philippe, t. iv, p. 137.
d avoir la consolation de mourir dans la maison de saint Ignace. Sa mort fut accompagnée de preuves si sensibles de piété et de religion, qu'elles firent impression sur plusieurs personnes. » Le Roi n avait cessé de placer sa confiance en ce Jésuite, il le pria de désigner lui-même son successeur. Daubent on indiqua le Père Bermudez ; mais les témoignages de Taffection royale suivirent jusque dans le tombeau le prêtre dont, au dire d'un moine apostat, le prince et tous les cœurs probes devaient fié* trir la mémoire. Pour glorifier le guide de son enfance et de sa maturité, Philippe Y ordonna que la cour, les ministres et les officiers de la couronne assisteraient aux funérailles du Père Daubenton ; il décerna à ce Jésuite , mort sous la malédiction royale, les honneurs réservés aux grands du royaume.
Daubenton était un homme de résolution ; il avait su combattre les langueurs du Monarque, et guérir, par son énergie, les faiblesses maladives de Philippe, les scrupules vains ou peu fondés qui parfois s'emparaient de son esprit. II ne lui avait jamais permis d'abdiquer, ainsi que le duc d'Orléans l'en sollicitait. Bermudez n'eut pas la force de s'opposer à ce dessein. Il se renferma dans ses attributions de directeur, il laissa le prince livré aux délicatesses naturelles de sa conscience et à ses incertitudes. Le i5 mars 17^5, le Roi renonça an trône en faveur de Louis, son fils aîné, qui, cinq mois après, mourut sans enfants, et, le 6 septembre de la même année, Philippe V, le deuil dans l'àme, se condamna à reprendre les rênes de l'Etat.
A peu près vers la même époque, les Jésuites de Portugal se trouvèrent dans une étrange perplexité. Un grand nombre de bénéfices que la Chambre Apostolique accoi^ daitsur la présentation des rois de ^Portugal venaient
SiiH miiôviv;
d*être t*éiiiils â des établissements relîfjleHx. Afin Ae ne pas primer le SKifit-Sîéye ild cffbil à^Ànxihtës, dotit rf jouissait IdJ'Sqiiè ces bénéfices [iass^ient d*ùn tîttitâîre S un autre, là Coiir rorriairie décfëta qu'ils ^èràleflt regardés comme vacants dans cha(j|tiè ^êriddè ae ijuitizë âi$née^yét qitë les communautés acqtiiftëf'yiëWt «lltifsi t'iinpôt ecclésiastique, kiiquel on donna lé nom Ûelfitindê^ nia. Les Jésuites portugais possédaient à ce titfti pHsieùrs dbba^es; tii£iis, àntta celles déjà aèsiijëttfè^'âiii quihdènia, leurs collèges, leurà malsons, lè'ti^§ églises avâiétit ëbquis d'autres bieris iioii Sbulnis aii dhoit d'atihdteë, et cbtiférés par l'Ordinaire, sur la seule présehtatîdtf de la Cotironrie. En 1703, lés dfelégliéâ de ik Tr^sdrè*^ pontificale^ s'appuyant sùl* d'âhcièns décrets, vèdlétlf étendre jusqu'à ces. derniers bénéfice^ le prélèvcmètit des quindenià. I^e rionco apostolique , Michel -Âdge Conti , qui sera biëhtôt Pape soiis le noni d'IntiOcent XIU, s'adresse d'abord aux Jésuites « afin de tle pa^ rencdtitrer doppbsitiotl ddtis les autres Instituts; il menace le provincial DotniniqUë Nugnez de le déponillet' de sa charge, s'il ne paie pas les quindenik en litige. Le roi don Pédrô 11 éroit que la dignité de son trône e^t intéressée dahs cb conflit : il déclêire à Nugnez qu'il bannira de ses Ëlats l'Ordre de Jésus, s'il obtempère à la demande.
A tort ou à raison, Conti suppose que le Monarque et les Jésuites sont d'accord fiour effrayer l'Église; il in« voque l'autorité du Général de la Compagnie, dément XI presse Thyrde Gonzalès de donner une solution à la difficulté, ce- dernier la tranche en faveur dé la Trésorerile; hiais Ve Roi s'opiniâtre, et Nugnez, balloUé entre les deux puissances, erl appelle dé l'une à ialitre. La morl* de don Pedro (1707) permettait à son succès*
bE La t:0ftÉI*ÂGNIÈ \)É JÉStJ^. 5fl7
seiir JeaH V He cdricllièi' lès parties. Le duc de Cadbval et Conti hi'bitrèrent lès sommes dues fet* là qiidtitë dèfe quîûdenia' future. Deux islnsapi'ês, lé Pape refuse d'dpp^bilvè^ la transaction de sori ambassadeur: H ahnoilcê cjù'il va d<îj30Ùillèr les maisons dé là Société de JésuS de ses Bénéfices. Le Père Emmaiiuel Dlâzlo , alors provihciril, croit nlellre uri ternie à toutes ces disciis-î Sions; sans consulter le prmce, il fait verser Ik somme exigée dans "le trésor de saint Pierre. Cette Hieburé pacificjllfe soulève la tempête : Jean V exile Di^zid et il défend aux Jésuites kes sujets d'exécutée lés ori dres (Jiie le gëriérâl leur adrei^sèra. Les espHls b*échanffaient. Eti 1.7 12, le Péré RibéHo, qiil a |)Hs flârtl contre les officiers du Saint-Siégè, ëèt dériôricé pài^ etix à Clément XL Le Pape veut qu'il soit à l'instant même expulsé de la Conipagnie; ses ordres sont suivis. Les noviciats se voient suspendus ou fermés depuis que ces différends, qui sont beaucoup plus une affaire de juridiction que d argent, ont été élevés. Les Jésuites, placés entre deux feux, sacrifient au Saint-Siège leur tranquillité intérieure et ja confiance du Roi; on les exile parce que, avant tout, ils ne veulent amener aucune collision dans TÉ^^lise ou dans TEmpire; mais un semblable état de choses ne pouvait durer. Les canonistes, les jurisconsultes portugais déclaraient de toute nullité l'interdiction des noviciats; les Pères l'acceptent comme valide, ils s'y soumettent. C'était la mort poiK* les Missions d'au delà des mers; le Pontife et le Roi ne crurent pas devoir se résigner à ce suicide, et, en 1716, Jean V permit aux Jésuites de payer à la Cour romaine les qulndenia qu'ils n'avaient jamais refusés. ^
Ces faits se passaient au moment où les Jansénistes
accusaient la Compagnie de régner au Vatican et d'imposer ses volontés au Pape. Ijes Jésuites dominaient les Pontifes et le Sacré-CoUége ; ils dictaient aux Rois les mesures qull fallait prendre; mais, dans ce cas, comme dans beaucoup d'autres plus importants, nous les voyons toujours sacrifier leurs intérêts ou leurs opinions au maintien de la paix. Ils se sentaient assez forts pour obéir; le respect de l'autorité les a soutenus en présence de tant d'ennemis qui tramaient leur perte. Ce respect , dont ils ne se sont écartés qu'une fois dans l'espace de deux cent trente années , et la grandeur qu'il fit rejaillir sur leur Ordre, deviennent l'argument le plus décisif que l'histoire puisse apporter en faveur du principe d'obéissance.
riN DU QUATRIEME VOLUME.