Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France
On ne s’étonnera pas du sous-titre de ce nouveau volume, si l'on songe à la part prépondérante de Richelieu dans le gouvernement de la France durant les vingt dernières années du règne de Louis XIII. On verra du reste que le cardinal se montra, lui aussi, pour la Compagnie de Jésus un protecteur, mais protecteur autoritaire, jaloux et gallican. C’est assez dire que la situation des Jésuites français sous son long ministère fut parfois délicate et qu’il leur fallut une prudence constamment en éveil pour pouvoir garder tout ensemble son estime et leur indépendance. Ici et là certaines personnalités indiscrètes ou maladroites durent être désavouées par les Supérieurs; mais à tout prendre, l'Ordre de saint Ignace fut généralement bien vu de Richelieu, et, sans se mettre à son service, put conserver avec ses bonnes grâces le bénéfice de son puissant patronage. Le fait est d'autant plus remarquable que les ennemis de la Compagnie profitèrent de tout pour la compromettre et provoquer contre elle l’animosité du grand ministre : à l'apparition des libelles critiquant sa politique, au moment de la brouille du roi et de la reine mère, lors des polémiques sur le pouvoir temporel du Pape, dans les conflits entre séculiers et réguliers, dans d’autres circonstances encore, les adversaires des Jésuites ne manquèrent pas d'attribuer, sinon à leur action directe, au moins à leur inspiration, tout ce qui faisait obstacle à l'autorité susceptible du cardinal. Mais la tactique ne réussit pas. Grâce à sa clairvoyance, à sa large compréhension de l'intérêt national,
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