MAISON PROFESSE DE BORDEAUX
de dix-sept millelivres!. Peu après, un ami tout dévoué, Jean Jaubert. de Barraut, évêque de Bazas, donna une forte somme « pour l'achat de places et autres choses nécessaires au logement des religieux? ». On allait s'installer, quand des gens malintentionnés firent opposition auprès des autorités de la ville et du gouverneur de la province. Le duc d'Épernon, d'ordinaire si bienveillant, re-: présenta aux Supérieurs « qu’il ne pouvoit souffrir qu’une maison religieuse fust bastie si proche du chasteau et citadelle de la ville, telle qu'estoist la nostre, et qu'ainsi il prioit nos Pères de se pourvoir ailleurs? ». On attendit un peu, dans l'espoir que les opposants reviendraient à des sentiments plus équitables, et l’on multiplia les démarches pour éclairer le gouverneur. Elles n'obtinrent aucun succès et il fallut bien obéir.
Voyant l'embarras des Jésuites, le premier président, Marc-Antoine de Gourgues, offrit et vendit aux Supérieurs sa maison paternelle, plus centrale que la précédente“. Plusieurs immeubles voisins furent achetés dans la rue Saint-James, et Jacques de Gourgues, aumônier du roi, donna une maison qu'il possédait dans la même rue. On ne dépensa pas moins de soixante-treize mille livres pour l'acquisition de bâtiments et de terrains destinés à la maison professe et à son église. Les libéralités de bienfaiteurs restés inconnus permirent d’en payer tout de suite une partie”. L'aménagement se fit sans retard. Toutes les mesures étaient déjà prises pour l'arrivée prochaine des Pères; le cardinal de Sourdis avait obtenu du P. Général que la chapelle fût placée sous le vocable de Saint François Xavier, et il avait fixé l’époque de la bénédiction solennelle. Trois jours avant la daie convenue, les autorités civiles enjoignirent au P. Provincial de ne pas ouvrir la maiïson professe. Les motifs de cette défense ne sont point donnés par les documents qui relatent le fait ; nous savons seulement que le président de Gourgues et le cardinal de Sourdisemployèrent toute leur influence à dissiper les prétextes, à démasquer les calomnies, la mauvaise foi des opposants. La défense fut levée, et, le 11 novembre 1624, eut lieu l'inauguration de la chapellef, avec grande
1. Donatio inter vivos domüs pro professis (Aquitan., fund. colleg.,-1, n. 96).