‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 134 sur 308 · MAISON PROFESSE DE BORDEAUX · texte numérisé non relu

MAISON PROFESSE DE BORDEAUX

velle maison professe de Bordeaux. En annonçant sa nomination, le P. Charlet, assistant de France, écrivait : « 11 est doué de trois grands talents : de gouverner, de prescher, de converser. Le premier s’est vu dans Ja conduite pleine d’une prudence toute spirituelle qui, ayant paru dès le noviciat, nous a fait naître de belles espérances de ce qu'on peut se promettre de son gouvernement. Le second paroissoit avant son entrée dans la Compagnie, quand il faisoit l’apostre dans son évesché; et dernièrement encore il fit une prédication à Saint-Louis avec grande satisfaction de ses auditeurs, particulièrement de M. le Cardinal de Savoye, de M. le Cardinal Bentivoglio et de M. nostre ambassadeur. Pour le talent de la conversation, il est si aimable qu'il a ravi le cœur de tous les nostres sans réserve d’un seul. Plusieurs proposoient de le retenir ici; mais nous avons jugé qu’il commenceroit mieux en France, pour le salut des âmes et pour la gloire de Dieu !. »

A Bordeaux, Charles de Lorraine ne démentit point les promesses de ses débuts dans la vie religieuse. Sa noble simplicité, la distinction de ses manières, l'égalité de son caractère lui gagnaient toutes les sympathies ; ses subordonnés le vénéraient, les personnes du dehors recherchaïent ses entretiens : plusieurs conversions furent le fruit de son exquise charité. Député à Rome en 1628 par la congrégation provinciale d'Aquitaine, il se retira quelques jours au noviciat de Saint-André pour s’yretremper dans l'esprit de sa vocation. C’est là que pressé intérieurement de s’unir à Dieu par des liens plus étroits, il obtint du P. Général d’ajouter à ses obligations de profès deux autres vœux qu’il prononça le 8 décembre. « Moy, Charles de Lorraine, de la Compagnie de Jésus, je voue et promets en l'honneur de la Très Sainte Trinité de toujours chercher la plus grande gloire de Dieu en toutes choses graves et de quelque importance... De plus, je fais vœu de défendre jusqu'à l’effusion de mon sang l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, ma très douce mère ?.. » Ce désir intense de la perfection, cet amour si pur de Dieu ne pouvaient aller sans une charité ardente pour le prochain, et, quand deux ans plus tard la peste décimera la population de Bordeaux, on verra le Supérieur de la maison professe ambitionner l'honneur de sacrifier sa vie au chevet des mourants?. La biographie de l'illustre et saint religieux a été publiée au xvm* siècle. Nous ne

1. Lettre du P. Charlet au provincial d'Aquitaine (De Laubrussel, op. cit., p. 192). 2. Laubrussel, op. cût., p. 212.

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