Faucillon, op. cit., p. 2 et suiv
4. Brevet pour l'établissement des Jésuites aucollège, 16 juillet 1629 (Archiv. de l'Hérault, Jésuites).
D. - PANDA 7 —
adhésion, mais ne prétendait pas mettre empeschement, ni non plus rien payer dans le cas où les Pères demanderaient des fonds pour les premiers frais d'installation, ou si les revenus de la crue devenaient insuffisants! ».
Puisque le collège était de fondation royale et que l'évêque avait le choix du personnel, Fenouillet pouvait regarder comme une simple formalité la délibération du Conseil. Elle n’était pas terminée qu'il conduisit les PP. Carrel et de Sainte-Colombe dans l’île de Cézelly, leur fit prendre possession des bâtiments scolaires, signifia aux anciens maitres « qu'ils n'avaient plus rien à prétendre » et dressa un procès-verbal en bonne forme*.
Quelques jours plus tard une épidémie violente se déclarait à Montpellier. Beaucoup d'habitants s’enfuirent; Ranchin et Femouillet restèrent à leur poste. Pendant dix mois ce fut une effrayante mortalité. Les Jésuites ne purent ouvrir leurs cours qu'au mois d'octobre 1630 “.
N'ayant fait aucun contrat ni débattu aucune condition, 1ls se trouvèrent bientôt dans la gêne. Louis XIII vint à leur secours. En confirmant son brevet par des lettres patentes, données au camp de Maurienne (juillet 1630), il leur permit « d'accepter tous legs, donations et fondations qui leur ont esté ou seroient faictes à l’advenir® ». Par autres patentes du 2 août 1632, il augmenta de deux mille quatre cents livres le revenu primitif 6. D'ailleurs le zèle et les utiles travaux des religieux les recommandèrent bientôt à la bienveillance du public; les premiers froissements ressentis par la municipalité s’adoucirent et disparurent. « Nos Pères, dit une ancienne relation manuscrite, exercèrent dès l’abord leurs fonctions avec succès; on vit un grand nombre de conversions ; les sacrements furent fréquentés, et tout ce qu’il y a de grand et de considérable dans la ville s’attacha si fort à nous qu'ils nous ont conservé depuis l’amour et l'estime dont ils nous honorèrent dès le commencement”.
Comme preuves de cet attachement nous mentionnerons, en 1631, un don du Conseil de ville de « soixante douzaines d’ais »
1. Délibération du Conseil de ville, 20 juillet 1629 (Archiv. comm., BB, t. 1625- 1633).