INSTALLATION AU COLLEGE DE LANGRES
rait le bail fait avec l'ancien principal. Ce-jour-là donc, M Zamet et les chanoines, de concert avec le maire et les échevins, résolurent de mettre les Jésuites à la tête du collège. Dès le lendemain, malgré une ordonnance contraire du gouverneur de la ville, injonetion était faite au principal de quit-. ter les lieux. Il y eut contestation et l'affaire fut portée au Parlement. Deux arrêts de la Cour, l’un du 7 décembre 162$ et l’autre du 8 février 1629, accordèrent au principal et aux régents une prolongation de charge pour une année « pendant lequel temps lesdits évêque, chapitre, maire et échevins pourront se pourvoir de personnes capables pour la direction du collège! ». À ce moment, le parti contraire aux Jésuites renouvela ses menées et même adressa au roi une pétition où l'on disait que ces religieux n'étaient nullement utiles 2. Or, l'ensemble de la population pensait tout autrement. Nous en avons la preuve d’abord dans les nouvelles lettres patentes octroyées par le roi au mois de mai 1630. Louis XIII y déclare positivement avoir été sollicité par ses « chers et bien aimés les doyen, chanoines et chapitre, maire et échevins, bourgeois et habitants de sa ville de Langres »: ce sont eux qui ont prié Sa Majesté de donner « le soing et direction ide leur collège] aux Pères de la Compagnie de Jésus. afin d'y restablir en son entier la discipline scolastique et empescher les désordres que la licence des précepteurs y a souventelois introduits® ». Mais, pour connaitre les vraies dispositions des habitants, il faut surtout considérer l'accueil qu'ils firent aux nouveaux maîtres. Les lettres patentes étaient à peine remises aux officiers du siège royal, que ceux-ci les enregistraient sans la moindre objection, ‘et le 28 mai, avec le consentement du conseil municipal, Étienne Voinchet, Beutenant civil, mit les PP. Jean Fourier, provincial, Antoine Prévostet, supérieur de la résidence, et plusieurs autres en possession du collège, de la maison préceptoriale et du prieuré de Saint-Gengoulph. Au collège, raconte le procèsverbal, étaient « présens un grand nombre de personnes, Jusques à quatre ou cinq cents, lesquels avec acclamation de joye ont remercié le Roy du diet establissement, et avec le