‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 167 sur 308 · CONSTRUCTION DU PENSIONNAT DE PARIS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DU PENSIONNAT DE PARIS

ce pendant y avoit une musique doulce, et tous les escoliers ont recommencé à crier Vivat. » Je

La cérémonie achevée, ces messieurs furent menés dans la grande cour du collège, et 1à complimentés par quelques-uns des élèves « vestus en mariniers très gentilz, chascun ung aviron en la main ». On les conduisit enfin à la grande salle où leur fut servie « une collation, après laquelle se sont présentés deux jeunes escoliers. qui ont récitez plusieurs vers françois sur le subject des vielz bastiments et de la réparation d’iceulx, et aussy à la louange de la ville. Ce faict, messieurs de la ville s'en sont retournés avec remerciements de part et d’aultre!. »

Assurément, des deux côtés on avait bien fait Les choses. Mais la fête allait avoir un lendemain inattendu.

L'Université fut froissée de tant de marques de faveur; d’au-. tant plus qu’on publiait de tous côtés « que messieurs de la ville étaient devenus les patrons de Clermont et avaient payé aux Jésuites une somme de 10.000 livres pour les aider à rebâtir leur collège? ». Donc le lendemain de la cérémonie, le Recteur de l’Université, Nicolas Le Maistre, convoqua une assemblée extraordinaire au collège de Beauvais pour con- ‘sulter ses collègues sur la conduite à tenir dans une si grave circonstance. On convint qu’il fallait avant tout porter plainte au prévôt des marchands, et ensuite recourir au Parlement si les réponses de la municipalité ne paraissaient pas satisfaisantes. Le 11 août, le ‘Recteur accompagné des « doyens, procureurs, suppots et bedeaux portant masses » se rendit à la Chambre de Ville. Introduit auprès du prévôt et des échevins, il leur exprima ses amers regrets et ses vives appréhensions. Ne doit-on pas craindre, dit-il, que les Jésuites fiers d’une telle marque de bienveillance, ne viennent à « s’en prévaloir contre l’Université » et à faire croire que leur collège, auquel « cette ville s’est opposée dès l’année 1564, est maintenant authorisé par adveu public d'icelle, voire mesme fondé et basty de ses deniers »?

Nicolas de Bailleul ne se laissa point troubler par ces doléances trop intéressées; il répondit « que la ville les prenait

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