‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 213 sur 308 · Parkman, p.378, 379. — Ferland, I · texte numérisé non relu

Parkman, p.378, 379. — Ferland, I

rez plus notre courage, en attendant de pied ferme votre personne avec vos forces, que si lâchement nous abandonnions une chose qui nousest si chère, sans premier voir l’essaide vos canons, approches, retranchemens et bateries... Nous attendons d’heure à autre pour vous recevoir, et empescher, si nous pouvons, les prétentions qu’avez eues sur ces lieux !. » |

Champlain n'avait plus que cinquante livres de poudre, mais suivant son expression, « en ces occasions, bonne mine n’est pas défendue ». Sa fermeté en imposa aux Anglais. Kertk, convaincu qu'il se heurterait à une résistance désespérée, renonca pour l'instant à son premier dessein. Trouvant plus d'avantage à surprendre la flottille qui venait ravitailler Québee, il quitta Tadoussac et croisa dans le golfe Saint-Laurent. A la hauteur de l'ile d’Anticosti ou de l'Assomption, il rencontra les navires fran çais commandés par Roquemont. Celui-ci se défendit avec courage contre des forces très supérieures ; après six heures de combat, il fut forcé d'amener pavillon. IL se rendit à ces trois conditions : vie sauve. des religieux, respect des femmes, liberté à tous. Kertk renvoya en France Roquemont et les colons, et Jeta sur une mauvaise barque les Récollets qui finirent par aborder à Bayonne. Le P. Noyrot, poursuivi par les vaisseaux ennemis, était parvenu à s'échapper: il 848na, après bien des dangers, un port de France. Quand aux PP. Lalemant et Ragueneau, le vainqueur les conduisit comme prisonniers en Angleterre ?,

Dès qu’il apprit la captivité des deux missionnaires, le P. Vitelleschi s'empressa d'écrire au P. Filleau, provincial de France, l'engageant à faire tous ses efforts afin d'obtenir leur mise en liberté3. Grâce à l'intervention de Marie de Médicis et à l'influence de sa fille, la reine Henriette, les Pères furent promptement délivrés et conduits de Londres en Belgique, d'où ils vinrent à Paris. Les tribulations éprouvées par la mission du Canada avaient vivement ému le cœur du Souverain Pontife; mais il ne doutait pas qu'elle ne produisit un jour des fruits abondants de salut. Aussi Le P. Générai, auquel il avait confié ses espérances, continua-t-il de la recommander au P: Filleau et au P. Lalemant : malgré toutes les épreuves il fallait persévérer 4.

1. Voyages de Champlaën, t. IL, p. 190-195. Cf. Creuxius, L. I,

2. Monum. hist. miss., L IE, c. V, VL — Creuxius, L I, Stale papers, colonial, si 1574-1560, p. 137.

3. Lettre du P. Général au P. Filleau, 2 novembre 1628 (Francia, Epist. Gen., t,

4. Lettres du même au P. Lalemant, 27 décembre 1628; au P. Filleau, 2 fév. (Ibidem).

p. 18. —Ferland,E, 23.

P+ 19-20: — Calendar of

Page 1