‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 212 sur 308 · Archives de la marine, Ai, IIL · texte numérisé non relu

Archives de la marine, Ai, IIL

5. Lettre du P. Général au P. Lalemant, 17 juin 1628 (Francia, Epist. Gen., t. IV).

P. Noyrot avecdeuxfrères coadjuteurs suivaitla flottille, montésur un navire chargé de provisions pour Notre-Dame-des-Anges !. Ni les uns ni les autresne devaient parvenir au terme de leur voyage.

Un nouveau coup de force allait être tenté contre les possessions de la France au Canada, et cette fois par des huguenots français passés au service de l'Angleterre.

David Kertk, habile et hardi marin, né à Dieppe d’une mère française et d’un père écossais, s’était fait donner par Charles 1° l'autorisation d'attaquer notre colonie renaissante. Aidé de ses deux frères, Louis et Thomas, il avait équipé à grands frais plusieurs navires. La petite flotte partit de Londres au printemps de 1628 guidée par un traître, le capitaine Michel, dieppois lui aussi, qui avait commandé jadis un vaisseau des de Caen. Supérieurs en nombre, les audacieux aventuriers s’emparèrent facilement de Port-Royal et allèrent mouiller devant Tadoussac, à l’embouchure du Saint-Laurent. |

On était alors au commencement du mois de juillet. Champlain attendait d’un moment à l’autre les vaisseaux de la Compagnie des Cent Associés, quand deux hommes, accourus en toute hâte du cap Tourmente, lui annoncèrent l'approche de la flotte anglaise ?. Averti de la présence de l'ennemi, le gouverneur prépara quelques retranchements autour de l’habitation et du fort dont les remparts n'étaient pas encore terminés. Par l'imprévoyance des de Caen, tout manquait : vivres et munitions. Les Jésuites et les Récollets mirent leurs récoltes à la disposition du commandant.

Le 10juillet, des Basques, prisonniers des Anglais, apportèrent à Champlain une lettre dans laquelle David Kertk l’informait qu'il avait obtenu commission du roi de la Grande-Bretagne pour prendre possession du Canada. Il l'invitait en même temps à rendre le fort et, l'habitation afin d'éviter une effusion de sang absolument inutile. À cette sommation, le gouverneur, d’accord avec les principaux habitants, fit une fière et noble réponse: « Monsieur, ayant encore des grains, bleds d'inde, pois et febves, sans ce que le pays fournist, dont les soldats de ce lieu se passent [se contentent] aussi bien que s’ils avaient les meilleures farines du monde.., nous ne serions pas dignes de paraître des hommes devant notre Roy, si nous rendions le fort et habitation en l’estat que nous sommes maintenant. Je sais que vous estime-

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