De Charlevoix, I, 178, — Creuxius, p
4. Voyages dé Champlain; t: Ïl, p. 270. — Guénin, Histoire de la colonisation française; la Nouvelle France, {. 1, p.183:
Après l'inspection du fort, Louis Kertk se rendit chez les Récollets et les Jésuites, « traitant les premiers avec autant de courtoisie qu'il DERIOLATE d’aversion aux autres et allant jusqu’à exprimer le regret de n'avoir pu commencer par démolir leur bâtiment sur leurs têtes ! ». Pour les colons, il se crut intéressé à leur montrer des égards : il engagea ceux qui avaient défriché des terres à ne pas perdre le fruit de leurs travaux, et leur fit les offres les plus avantageuses s'ils consentaient à rester dans lé pays. Il promit même de les rapatrier au bout d'une année, s'ils en exprimaient alors le désir. Le gouverneur, que ces pauvres gens consultèrent, leur accorda son agrément, mais il les avertit que, si lé roi ne reprénait pas le Canada dans un an, « ils feroient mal de demeurer plus longtemps privés des sacrements et des autres secours spirituels, le salut de leurs âmes devant leur être plus cher que tous les biens qu'ils pou-
valent posséder ? ».
Tandis que Louis Kertk demeurait avec quelques colons à Québec, Thomas rejoignit à Tadoussac son frère David qui S'y était arrêté. Il amenait avec lui Champlain, les Récollets et les PP. Massé, de Nouë et de Brébeuf. Une fois à terre, nos catholiques furent traités avec peu de ménagements. David Kertk ne voulut leur permettre aueun exercice public du culte; il moñtrait ainsi ce qu'on pouvait attendre de la tolérance des huguenots s'ils étaient restés maitres dans le pays. Quant au traitre, le capitaine Jacques Michel, il ne cessait d'invectiver contre les Jésuites. « Messieurs, leur dit-il un jour en présence de David Kertk, votre seul but, en venant au Canada, a été de jouir des dépouilles de M. de Caen que vous avez dépossédé. — Pardonnez-nous, Monsieur, répliqua le P. de Brébeuf, nous ne vinmes que pour la gloire du Seigneur et nous nous exposâmes à mille dangers pour convertir les Indiens. » = Ici, Michel l’intérrompit en criant : « Ah! Ah! convertir les Indiens: dites donc convertir les castors. — C'est faux », répartit le Père. Alors Michel, levant le poing s exclama : « N'était le respect dû à l'amiral, je vous frapperais pour ce démenti. » — Le P. de Brébeuf, baie d'une force peu commune, garda néanmoins son sang-froid et répondit : « Excuüsez-moi; je n'ai pas eu l'intention de vous donner un démenti; ces mots sont ceux dont nous nous servons dans les