‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 24 sur 308 · Mémoires de Richelieu, t.I, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Richelieu, t.I, p

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LES PREMIERS LIBELLES. Pt

l'écrivain anonyme n'avait-il pas raison lorsqu'il prétendait avoir présenté son Admonatio ad Regem, sinon avec « humulité », du moins avec « vérité et fidélité »? Ce n’était pas un vulgaire pamphlétaire, recourant à de calomnieuses inventions ; c'était un théologien possédant, avec les notions d’une saine politique, la connaissance des affaires et des hommes. Son tort était de se renfermer dans le domaine de l'absolu, de gâter une thèse juste en soi par des exagérations regrettables. Partant de ce principe qu'un souverain catholique ne peut jamais favoriser l’hérésie, ni dans ses États ni au dehors, il en tirait des conséquences démesurées et ne reculait devant aucune conclusion pour peu qu'elle lui parüt renfermée dans les prémisses. « De tous côtés, disait-1l, on se pose bien des questions; j'en choisis quelquesunes pour les soumettre au roi. On demande donc si un roi, - allié publiquement avec des hérétiques, peut être averti par les États de son royaume? s’il pèche mortellement en agissant de la sorte? si par le fait seul de faire la guerre aux catholiques et de favoriser l’hérésie, il n'est pas excommunié ? si ses conseillers n'encourent pas la même peine que lui? si on peut lui résister par les armes? s’il ne serait pas possible d'établir un protecteur . de la religion et des faibles, quelqu'un qui régnât à côté de lui? et qui pourrait exercer ou donner ce pouvoir ? » L'auteur ne

répond pas à toutes ces questions, mais il ne cache pas qu'il

serait porté à les résoudre affirmativement. Il compare, en effet, la conduite de Louis XIH à celle de Josaphat, châtié par le Seigneur pour son alliance avec Ochosias, roi idolâtre d'Israël. I lui rappelle que Henri IV avait été assassiné par la permission de Dieu, au moment, où ils’apprètait à porter secours à des princes hérétiques contre les catholiques !.

On le voit, l'Admonition du théologien anonyme attaquait des :

opinions patronnées par les Parlements, acceptées comme des maximes d'État par les Universités et passées depuis longtemps dans les habitudes de [a politique française. Aussi l'émotion futelle vive à lacour et à la ville, grande l’irritation dans les régions du pouvoir. Mais quel était l’auteur de cet écrit? Pour

mieux dérouter le public, l’ouvrage se présentait comme la

traductien latine d’un livre français : Admonitio... ex Gallico in Latinum translata. Avant de l’introduire en France, on l'avait répandu en Flandre traduiten Wallon, ce qui le fit attribuer par

1. Voir l'analyse détaillée de l’Admonitio dans Le Mercure françois, 1. XI, ann. 1625, p. 1071 et suiv.

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