‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 241 sur 308 · Besson, op.cit., p · texte numérisé non relu

Besson, op.cit., p

5. Mémoire du Levant, 't. T, p. 193. — Lettre du consul vénitien d'Alep au baile

de Venise à Constantinople, 28 avril 1627 (Venezia, Archiv. di Stato, Disp. di Constant.,n. 104, f, 576-579),

qui les molestera. » Regardant ensuite les missionnaires avec bonté, il leur dit : « Ne craignez rien, rassurez-vous; je vous maintiendrai dans Alep; faites bien, vivez en paix et ne doutez point de ma protection !. » Il ordonna ensuite au cadi d’enregistrer au greffe un décret par lequel il permettait aux Jésuites d’en appeler à un tribunal suprême s'ils étaient désormais cités en justice ?.

Le 13 mai, jour de l’Ascension, les Pères commencèrent à célébrer publiquement la messe dans une chambre qu'ils avaient louée ; mais ils essayèrent en vain d'acheter une petite maison où ils auraient pu ouvrir une chapelle pour l'exercice de leurs ministères. Aussi bien, dociles à la direction du P. Général, ils procédaient avec une extrême circonspection, afin de ne pas donner prise à la jalousie des religieux dont ils redoutaient toujours la sourde hostilité 5. Quant aux catholiques, charmés d’avoir dans les deux missionnaires un secours longtemps désiré, ils assistaient aux catéchismes et aux instructions avec une touchante assiduité #.

Lorsque le calme parut solidement rétabli, le P. Général crut le moment venu d'ouvrir une école, et comme ni le P. Stella ni le P. Maniglier ne savaient le grec vulgaire, il conseilla au P. Supérieur de Constantinople de rappeler l’un d’eux et de le remplacer par un autre missionnaire. La persécution à laquelle étaient alors en butte les Jésuites de Galata ne permit pas d'exécuter ce dessein 5. D'ailleurs, à ce moment même la mission d'Alep était dans la gêne ; les subsides attendus d'Europe n'arrivaient point. Telle fut bientôt la pénurie, que le P. Stella dut retourner en France pour y recueillir des aumônes. Peu de temps après il mourait à Avignon, victime de sa charité au service des pestiférés6. Le P. Maniglier, resté seul au milieu de ses néophytes, vécut plus d’un mois dans un dénuement absolu, réduit à un jeûne rigoureux et trouvant à peine assez de nourriture pour ne pas mourir de faim. Les Francs eux-mêmes, prévenus contre lui par les ennemis de la Compagnie, lui refu-

1. Mémoires du Levant, t. I, p. 133. — Lettre du P. Stella au P. GSUSER,

26 mai 1627 (Miss. Constant. t. I, n. 131).

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