‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 243 sur 308 · PRET · texte numérisé non relu

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MISSIONS DU LEVANT. — ALEP. 3ë1

saient toute assistance : quand le P. Queyrot accourut de Smyrne à son secours, «1l paraissait plus semblable à une ombre me un homme !».

Le remplacant du P. Stella était à à peine arrivé dans Alep que la peste y faisait son apparition 2. Les deux missionnaires n’hésitèrent pas à s'exposer au danger pour assister les malades. Cet acte de charité leur gagna l'estime et l'affection de ceux qui jusqu'alors leur avaient été contraires. « Mais les marchands, craignant que la contagion du mal ne leur fit perdre deux hommes qui leur étaient nécessaires, les forcèrent de se retirer avec eux dans leurcamp, c’est-à-dire dans une vaste maison où plusieurs d’entre eux occupaient des appartements séparés”. » C'est dans cette retraite que le P. Queyrot, tout en prodiguant ses soins à ses compatriotes, commença la composition d’un ouvrage polyglotte très utile aux missionnaires du Levant: livre admirable, dit le P. Besson, « trésor de toutes les langues italienne, françoise, latine, grecque vulgaire, grecque littérale, arabe vulgaire et littérale encore #».

À la fin de l'épidémie, le P. Queyrot offrit ses services au Métropolite grec qui avait pris les Jésuites en amitié. Ce prélat lui permit de faire des catéchismes pour les enfants et des conférences pour les ecclésiastiques dans la maison épiscopale’, Comme elle était située hors de la ville, les Pères durent se sépa. rer. Tous les lundis le P. Queyrot partait d'Alep pour se rendre au quartier des chrétiens, « ne portant qu'un peu de riz qu'il faisoit cuire sur un petit foyer dans une écuelle de cuivre, et un peu de pain dont il vivoit, sans user de vin, jusqu’au samedi ». Ce jour-là 1l retournait vers le P. Maniglier« qui n’étoit pas moins rigoureux à son corps» et ils passaient ensemble la journée du dimanche 6.

Les débuts des travaux scolaires du P. Queyrot furent io déi mais assez heureux. « Ceste eschole va croissant ‘de jour à autre, mandait-1l à M. de Césy; l’on y compte maintenant jusqu’à trente enfans grecs qui apprennent en grec, en arabe et en italien,

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