Besson, op. cil., p
5. Lettre du baile au sénat de Venise, 6 janvier 1629(Venezia Archiv. di Stalo, Disp. di Constant., n. 107, f. 338-340).
6. Besson p. 24. — Lettre du P. Général au P. Queyrot, 15 septembre 1630 aus miss, > Epist. Gen.). à
et espérons qu'avec le temps ceux des autres nations se serviront de nous comme les Grecs en l'instruction de leurs enfans, si Notre Seigneur nous fait la grâce d’avoir icy quelque maison. comme il est du tout nécessaire !. »
Ce rêve ne devait pas de sitôt se réaliser. Le patriarche de Constantinople, Cyrille, ayant appris que le métropolite d'Alep employait un religieux de la Compagnie pour l'instruction des jeunes grecs dans la demeure épiscopale, fit fermer l’école, et le P. Queyrot n'ayant pas d'autre local pour réunir ses élèves dut se résoudre à les licencier?. Dès lors il se livra tout entier à la prédication, comme son confrère. « Nos occupations, écrivait-il, sont de faire quelques sermons. J’ay presché quelque temps en grec vulgaire ; mais commeil y a peu de gens icy qui l’entendent, à cause que la langue du pays est l'arabe, j'ay esté contraint de quitter et prescher en italien, comme le P. Gaspard (Maniglier) en françois... Les autres religieux ont un avantage sur nous, parce que Les marchands vénitiens se servent d’eux et non de nous *. » Malgré l’opposition du consul de Venise, les instructions des deux Pères étaient très suivies et Ja religion faisait chaque jour de nouvelles conquêtes. Ce succès, nous le verrons plus tard, devait leur attirer de nouvelles persécutions, Dieu
voulant ainsi éprouver les instruments dont ilse servait pour sa gloire.
9. Autant leur établissement dans Alep avait coùté de peines aux Jésuites, autant leur installation à Naxie présenta de facilité. |
Naxie, la plus importante des Cyclades par la fertilité de son terroir et le nombre de ses habitants, avait jadis été attribuée, avec le titre de duché, à la famille vénitienne des Sanudo#, et devint le siège d’un archevéché qui avait pour suffragants les évèchés de Chio, de Tine, d’Andros, de Santorin et de Milet. Après l’occupation des Turcs, la population fut astreinte à payer un tribut au Grand Seigneur; mais cette obligation remplie, elle jouissait du libre exercice de sa religion. Sous le régime des
capitulations, l'ambassadeur de France se fit le protecteur de
1. Lettre du P. Queyrot à M. de Césy, 29 juin 1629 (Bibl. nat., fr. 16158, f. 425), 2. Relatione della missione (Miss. Const., {. I, n. 171, miss. Syriensis). .3. Lettre du P. Queyrot à un Pèrede France, 18 février 1631 (Archiv. Prov. de France, Recueil de Rybeyrète).
4. Au moment du partage qui suivit la fondation de l'empire latin de Constantinople, | Ë
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Naxie, comme de toutes les Cyclades, contre les exactions des onctionnaires musulmans {.
En 1626, les PP. Antoine Perrin et Dominique Maurice, au milieu d’une de leurs excursions apostoliques, avaient abordé dans l’île deNaxie, poussés par des vents contraires, ou plutôt conduits parla Providence. Ils furent parfaitement accueillis par un gentilhomme chrétien, espagnol de naissance, nommé François Coronello, qui remplissait les fonctions de consul de France. Durant leur séjour, arriva une bulle du Souverain Pontife, accordant une indulgence plénière à tous les fidèles qui recevraient les sacrements de pénitence et d'eucharistie avec les dispositions requises. Pour exciter son peuple à la piété et le préparer à la grâce du jubilé, l’archevèque ne vit rien de plus opportun que le ministère de ces religieux étrangers, appartenant à un Ordre dont les habitants de l'ile, souvent en rapport avec les Pères de Chio, estimaient le zèle et le dévouement. Pendant deux mois, les PP. Perrin et Maurice se livrèrent sans répit aux travaux de l’apostolat, ne pouvant suffire à entendre toutes les confessions, tant était considérable le nombre des pénitents ?.
Ce succès inspira au clergé et au peuple le désir de posséder une maison de missionnaires. L’archevêque, après avoir consulté la congrégation de la Propagande, pria l'ambassadeur de France à Constantinople de lui obtenir deux Pères Jésuites : le bien spirituel du diocèse, disait-il, requérait la présence de ces religieux. On préférait des Français parce qu'ils étaient moins sujets aux soupçons de Ia part des magistrats turcs. Du reste on pourvoirait à leur habitation et à leur entretien. M. de Césy vit dans ce projet un heureux moyen de répandre La lumière de l’évangile sur toutes les iles de la mer Égée. Il pressa de vive voix le P. Perrin, alors supérieur de la mission de Galata, de ne point laisser échapper une si favorable occasion #; en même temps il intervint lui-même auprès du P. Général. « Révérendissime Père, les jours passés, monsieur l’Archevêque de Naxie m'ayant représenté Le grand désir qu'avoit tout le peuple de son isle d'obtenir la résidence de deux Pères Jésuystes pour leur consolation, et ayant esté prié d'en escrire à Votre Seigneurie Révérendissime, je n’ay pas voullu retarder davantage cet office avec lequel je la
1. Cf. Lacroix, Iles de la Grèce, p. 460 et suiv. — Fagniez, op. cût., t. I, p. 326.
2. Lettre du P. Perrin au P. Général, 14 avril 1627 (Miss. Const., t. VIII, n. 44). — Cordara, op. cit., n. 232.