‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 256 sur 308 · De Rochemonteix, Le LE Henri-LV, t. III, p · texte numérisé non relu

De Rochemonteix, Le LE Henri-LV, t. III, p

2, Mémoires de Richelieu, . 1, p. 502, 599.

3. Cf. de Flassan, op. cl. ss 354. — Bougeant, Hisloire du traité de Westphalie, t. 1, p. 145.

4. Un jour, pendant les troubles de la régence, le duc de Nevers, apprenant que Marie de Médicis avait parlé de sa race avec mépris, “répliqua : € Personne n’ignore que les

Gonzague étaient princes avant que les Médicis fussent gentilshommes. » Ces paroles,

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cative italienne s’opposa formellement à tout dessein de secourir Casal : les troupes, dit-elle, étaient fatiguées du siège de La Rochelle; le parti huguenot n’était pas encore abattu; il repren-

drait ses esprits durant cette guerre ; il valait mieux mettre ordre

aux affaires du dedans de l’État qu'aux affaires du dehors qui

importaient peu à la France. Richelieu combattit éloquemment ces objections en faisant appel aux sentiments d'honneur; à l'en-

tendre, l'oppression du nouveau duc de Mantoue « n’étoit fondée

que sur ce qu'il étoit Francois »; le duché lui appartenait et il ne

fallait pas souffrir qu'un prince sajet de la maison d'Autriche y

fût élevé; quant aux huguenots, ils étaient si bas quils ne

devaient inspirer aucune crainte. Puis, s'adressant au roi, il

ajouta : « Je ne suis pas prophète, mais je crois pouvoir assurer

Votre Majesté qu’en ne perdant point de temps pour l’exécution

de ce dessein, vous aurez fait lever le siège de Casal et donné la

paix à l'Italie dans le mois de mai!. »

La reine mère fut très blessée que le cardinal, qui lui devait sa fortune, l’eùt combattue dans le Conseil; elle le lui reprocha. très aigrement, en l'appelant ingrat. Il s'excusa respectueusement etrépondit qu'ikne manquerait jamais à ses devoirs envers elle, mais qu'il aimerait mieux quitter le ministère que de faire par complaisance quelque chose au déshonneur et désavantage de son maitre.

Cependant l'avis de Richelieu, à bon droit, avait prévalu. Le 6 mars 1629, Louis XILL, à la tête de ses troupes avec Schomberg, Bassompierre et Créqui, força le pas de Suse; le 11, le duc de Savoie fit la paix et laissa aux troupes du roi libre entrée dans le Montferrat. Les Espagnols levèrent alors le siège de Casal et se retirèrent dans le Milanaiïs.

Le P. Suffren avait suivi le roi à Suse. Dans une lettre au P. Charlet, datée de cette ville le 23 avril 1629, il rapporte un prodige accompli lorsqu'à l'occasion de la fète de Pâques, Louis XIII toucha les écrouelles. « J'ai eu en présence de témoins les informations que je vous avais promises sur le miracle qu'il plut à Dieu. de faire le jour de Pâques par le Roi Très Chrétien. Une petite fille âgée de neufans, du pays de Vigliano, nommée Catherine

dit Montglat, «piquèrent la reine si vivement qu'elle ne lui pardonna pas depuis; et comme les femmes, principalement les Italiennes, sont fort vindicatives, elle ne laissa passer aucune occasion de s'en venger » (Mémoires de Montglat, Edit. Michaud, XVII, p. 18).

t. De Flassan, Histoire de la Diplomatie française, t. II, p. 356. Mémoires de Montglat, 1. c.

Porchero, était atteinte de scrofules depuis deux ans et aveugle depuis sa naissance. Aussitôt qu’elle fut touchée par le Roi ses yeux s'ouvrirent, elle vit son père et toutes les personnes présentes, et depuis ce en elle n’a cessé de voir toujours mieux. Sa Majesté ne veut pas qu'on parle de cette merveille, mais opera Der revelare honorificum est. »

8. Pendant son séjour à Suse Louis XIII signa, le 24 avril, un traité avec l'Angleterre. Alors Richelieu, ‘satisfait d’avoir humilié

les Espagnols en Italie, reprit la lutte contre les protestants. Ce

parti, déjà très affaibli par la prise de La Rochelle, tentait de se relever dans les Cévennes, où son plus habile général, le duc de Rohan, occupait une vingtaine de villes admirablement défendues par la difficulté de leur accès ?. Le cardinal résolut d’enfermer Rohan au cœur des montagnes; pour cela, il fallait s’emparer successivement de Privas, d’Alais, d'Uzès et des petites places environnantes; pendant ce temps, Montmorency, d'Estrées et Condé ravageraient tout le pays autour de Nimes, Castres et Montauban. Les opérations se firent avec entrain et rapidité; les troupes royales, animées par la présence de Louis XIII, traversèrent les passages les plus difficiles des Cévennes; Richelieu rejoignit bientôt le roi à Privas; cette ville se rendit; Alais et Uzès cédèrent à leur tour, et Rohan, bloqué dans Anduze avec 3000 hommes, demanda la paix. Richelieu aurait pu le forcer dans cette retraite, mais, pressé par les mauvaises nouvelles d'Italie et de la cour, il préféra être débarrassé de cette guerre au plus vite par une paix avec. les huguenots. Les conditions en furent arrêtées à Alais le 28 juin. Ce jour même, le P. Suffren envoyait, «du camp du Roy » une longue lettre au P. Assistant. « Loué soit Dieu! Toutes les villes rebelles des Cevènes, Languedoc et Vivaretz sont venues aujourd'hui se jetter aux pieds du Roy et luy demander pardon avec promesse de le servir fidèlement. Ce traité à commencé lundi dernier et a esté conclu aujourd’hui, veille des BB. Apostres saint Pierre et saint Paul. Hier au matin nous pensions éstre encore en guerre, car Uzez et Nismes demandoient des choses qu'on ne pouvoit leur accorder, et le Roy partyst d’Alez trois heures après midy et vint icy faisant marcher

1. Lettre du P. Suffren au P. Charlet, 23 avril 16 9 (Franciae Historia, {.. 1615-1699,

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