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poursuivi par l’armée royale, il traverse sans encombre le Charolais, le Bourbonnais, la Limagne ét le Rouergue, et arrive, ses troupes fourbues, dans les premiers jours d'août à Lodève, ville du Languedoc, dont l’évêque s'était déclaré pour lui, ainsi que ceux d’Albi, de Nimes, d'Uzès, d’Aleth et de Saint-Pons!. Surpris avant d'avoir pu achever ses. préparatifs et soulever la : province, Montmorency réunit en hâte quelques régiments, se déclare pour Monsieur, gagne d’abord quelques villes à son parti?, et, inférieur en forces, ne craint pas de se mesurer avec l’armée de Schomberg à Castelnaudary. On sait le reste. Vaincu, blessé et fait prisonnier, l'infortuné duc est conduit à Lectoure, en attendant son procès’. Quelques jours plus tard, Gaston d'Orléans, assiégé dans Béziers, faisait la paix aux trois conditions suivantes : 1° renoncer à toute intelligence avec l'Espagne, la Lorraine et la reine mère; 2° demeurer en tel lieu que le roi aurait agréable: 3° ne point s'intéresser au châtiment que le roi ferait de ceux qui l'avaient suivi. Par la dernière il abandonnait, sans le savoir, Montmorency à la hache du bourreau“.
On chargea le Parlement de Toulouse de juger le gouverneur du Languedoc; le roi etla cour se rendirent dans cette ville, et Richelieu réclama un châtiment exemplaire. Le coupable pourtant inspirait un intérêt universel. Non seulement parents et amis, cardinaux, grandes dames et nobles seigneurs s’effor- -cèrent d’exciter au cœur de Louis XIH un sentiment de compassion ; mais les gens du peuple eux-mêmes sollicitaient hautement la clémence royale; les églises se remplissaient d’une foule pieuse qui criait grâce, miséricordeÿ. Le roi et son minisire restèrent inflexibles. « Il falloit, dit Richelieu, montrer à tousles particuliers que, quand même les grands se sauvent, tous ceux qui adhèrent à leurs desseins n'évitent pas la peine qu’ils méritent 6. »
Montmorency fit preuve dans ses malheurs d’un courage ma-
gnifique. Depuis qu'il avait été conduit à Lectoure il ne songeait plus qu’à se préparer à la mort et il en parlait froidement,
comme il aurait fait des dangers d’un autre. Seules, l’affliction