Mémoires simples el véritables, p
3. Leltre du P. Arnoux à la duchesse de Montmorency, 8 mars 1633 (Archiv. de la Visitalion de Nevers, autographe).
+ I r BOL CN 7 5. + P 5 2 = L TR r z é DEEE ESS. "Re © Eve” Le ÆARÉUSS &7 ER AN Fe... d
elle parlerait aisément le langage qui console les malheureux. La duchesse obéit avec la simplicité d’un enfant.
Vers cette époque, un de ses frères, le Père des Ursins, Carme déchaussé, vint à la cour de France et obtint de Louis XIII quelque adoucissement à l’injuste séquestration d’une femme innocente. Malgré cela, elle ne voulut point quitter Moulins et se retira comme dame pensionnaire chez les Visitandines, « par respect, avoua-t-elle, pour le nom de M**° de Chantal, et pour attendre là le moment de se consacrer à Dieu si telle était sa volonté! ». Elle devint pour les religieuses non seulement une bienfaitrice, mais un sujet d’édification, mieux encore une apôtre; une maîtresse en spiritualité. Ravie de sa haute vertu, la Mère de Bréchard, une fille insigne de saint François de Sales, lui permit de voir les Sœurs en particulier et de les entretenir des choses spirituelles. Un peu plus tard cette permission fut confirmée par la fondatrice même de la Visitation. Quand, enfin venue à Moulins, Jeanne de Chantal eut pénétré de son regard clairvoyant l’âme de Marie-Félice, elle donna toute liberté aux religieuses de recourir à elle dans leurs besoins, car dit-elle, « l’intérieur de la princesse est un ciel de lumière et un fleuve de paix, et il n’en sortira rien qui ne vous porte puissamment à Dieu? ». Toute la première elle la consulta dans ses doutes.
À mesure que se poursuivait le travail de la grâce en cette âme privilégiée, l’appel de Dieu à la vie religieuse se faisait entendre plus clairement. Toutefois ce ne fut point le P. Arnoux qui dirigea la duchesse de Montmorency dans ce moment décisif. Il était resté en correspondance avec elle, mais ayant recu de nouveau la défense de venir la voir pendant qu'il prêchait à Riom?, et empêché par ses ministères de lui écrire des lettres fréquentes, 1l lui conseilla de se mettre sans réserve sous la couduite du P. Claude de Lingendes‘. Or, elle trouva près de ce nouveau guide tant de force et d’élan pour marcher à la suite de Jésus-Christ, qu'elle le crut longtemps nécessaire à