Ibidem, p
frir de fortes épreuves, tant de la part de Dieu que de celle des hommes. Privée de toute consolation spirituelle, elle désira la visite du P. Arnoux, une série d’entretiens avec le confident de son âme. Cette faveur lui fut refusée par ses impitoyables gardiens. Singulière défiance à l'égard de l’ancien confesseur du roi. Que craignait-on? Toujours est-il que Marie- Félice ressentit vivement ce nouveau coup. Elle écrivit à son directeur : « Je vois bien que Dieu ne veut pas que mon mal diminue, puisqu'il ne permet point que j'aye l'honneur de vous voir; c'estoit la seule consolation que je m'estois promise en ce monde, mais puisque je suis un écueil et que mon approche peut faire faire naufrage, il faut que j'en retienne mesme le désir... Je voudrois voir tous les autres dans la bonace, et ne demande pas à Dieu que ma tourmente sapaise, cela ne pouvant plus être, maïs bien qu'il me commande de marcher par dessus comme à son apostre. Il est vr'ay qu’une si chetifve créature ne peut mériter ses grâces, mais il en paroîitra plus Dieu de fortifier tant de faiblesses, et vous bien charitable de les regarder avec compassion et de donner vos assistances à la malheureuse des Ursins, qui est vostre servante!. »
A partir de ce jour, elle veilla soigneusement sur tous les mouvements de son cœur. Mais, à chaque avance dans la perfection, l'ennemi du salut lui livrait de nouveaux assauts. Obsédée du désir de la mort, elle en vint à compromettre sa santé par des privations excessives; ellé se sentit même un jour portée à une imprüdence volontaire dans l'intention d’abréger sa vie?, Le P. Arnoux, auquel elle avait raconté cette tentation, lui défendit le jeûne et lui recommanda la sainte Communion. « Je vous conjure, Madame, de rendre à votre corps trop faible les aliments qui lui sont deus, et ne refuser à l'âme la manne des affligés, dont elle est plus digne que jamais par la croix de son cœur, qui lui donne la disposition requise pour en jouir le plus souvent qu'elle pourra’, » Il lui conseillait aussi de fuir la solitude, et de distribuer elle-même ses aumônes en y ajoutant le bienfait de ses exemples et de ses paroles : instruite à l’école de la souffrance
1. Lettres de Marie-Félice au P. Arnoux, citée dans les Hémoires SRIpIES el verieue .,. p. 170, 171 (Manuscrit de la Visitation de Nevers).