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d'oublier le passé et de vivre en bons termes avec lui; elle ne lui demande que d’user de son influence pour la réconcilier avec le roi, et ne met à sa rentrée aucune condition!. Afin d'écarter toute défiance, le P. Suffren écrit lui-même au cardinal et se porte garant de la sincérité de la reine mère?. Enfin le P. Chanteloube, le grand obstacle à la paix, déclare expressément qu'il entend être exclu de cet accord. IL était difficile de montrer une soumission plus complète. Mais Marie de Médicis n’a-t-elle point dépassé la mesure? Après tant de preuves d’opiniâtreté, on ne pouvait croire à pareil repentir. Sous la dictée de l’implacable ministre, Louis XIII écrivit à sa mère qu'avant de songer au retour elle devait livrer à sa justice les mauvais conseillers, Chanteloube, Saint-Germain, et Fabroni*. Or, Marie de Médicis croyait ne le pouvoir faire sans déshonneur.
Cependant elle persévère dans son attitude suppliante. Au mois d'avril 163%, par deux fois, elle demande un passeport pour le P. Suffren, « homme sincère et d’incomparable probité, qui mieux qu'aucun autre pourroit assurer le roi des saintes intentions de la reine sa mère». Deux fois le passeport est refusé. Au mois de juillet elle déclare au roi par l’entremise de M. de Chantemesle, que pour preuve de l'affection qu’elle veut bien porter à Richelieu, elle consent à éloigner d'elle toutes Les personnes qui lui sont suspectes?. Louis XI craignant la dissimulation de sa mère, répondit, si l’on en croit le cardinal, « qu'il n'y avoit pas lieu de se départir des propositions faites à ladite dame reine de livrer à la justice la personne de Chanteloube, vu principalement que, depuis même que la reine traitoit son accommodement..…. 1l s'étoit vérifié quantité de nouvelles entreprises que ledit Chanteloube avoit fait faire contre les plus affidés serviteurs du roi ».
Marie de Médicis aima mieux cesser pour un temps ses supplications que de sacrifier un serviteur, innocent à ses veux. Lorsqu’en 1635, dans une nouvelle phase de la guerre de Trente Ans, Louis XIII menaca les Pays-Bas, les Français habitant Bruxelles
1. Lettres de soumission au cardinal et au roi apportées à Paris par M. de La Leu, janvier 1634 (Bibl. nat., coll. Dupuy, t. 473, f. 50).
2. Nous n'avons que la réponse de Richelieu au P. Suffren, 25 février 1634 (Avenel, Lettres de Richelieu, t. IV, p. 534).
3. Lettre de Louis XIII à sa mère, 25 février 1634. (Ibidem, p. 531.)
4. Lettre de M"° du Fargis à Anne d'Autriche (Bibl. nat., ms. fr., 924).
5. Propositions faites par le sieur de Chantemesle de la part de la reyne, 28 juillet 1634 (Avenel, op. cil., p.583, 584).